Pétition pour la suppression du défilé militaire du 14 juillet

Chaque année, à l’occasion de la fête nationale, le peuple est convié à venir admirer la parade des hommes vêtus d’un uniforme qui ont fait « le choix » de consacrer leur vie à l’institution militaire. Mais cette parade est aussi celle de centaines d’engins de mort, de chars, de missiles que notre pays se glorifie d’exporter aux quatre coins du monde pour le plus grand malheur des peuples qui souffrent quotidiennement de la guerre et du terrorisme.

La France est le seul pays en Europe qui maintient un tel défilé militaire qui, par ailleurs; constitue un gaspillage financier inacceptable dans un contexte de grande restriction budgétaire. Les autres pays où une telle parade a encore lieu sont des dictatures. Ce spectacle indécent et immoral, qui rend un culte aux armes de guerre, est indigne d’un pays qui prétend être fidèle aux valeurs de la fraternité, de la liberté et de la paix. Il symbolise la culture de la violence et de la guerre qui domine encore et toujours nos civilisations. Il est contraire à l’aspiration légitime des peuples à la paix.

« Quand j’entends les talons qui claquent, je vois les cerveaux qui se ferment », affirmait en connaissance de cause le maréchal Lyautey. Une démocratie digne de ce nom ne saurait perpétuer une parade qui, plus que tout, symbolise l’obéissance inconditionnelle et l’abdication des forces de la raison et de la conscience. La fête nationale devrait être l’occasion privilégiée de revisiter les fondements de notre vivre ensemble sous la bannière des valeurs de la République. Cela aurait infiniment plus de sens que de subir passivement une parade militaire d’un autre âge.

Les soussignés demandent au président de la République de supprimer le défilé militaire du 14 juillet et lui proposent de le remplacer par un rassemblement populaire pour la promotion d’une culture de la paix et de la non-violence.

Pour signer la pétition : https://www.change.org/p/pour-la-suppression-du-défilé-militaire-du-14-juillet 

Lire aussi notre article : Défilé militaire : faut-il applaudir les engins de mort ? 

Vers une France au garde à vous ?

Régression des libertés, répression disproportionnée des manifestations, retour du service national, uniformes à l’école, la France de Macron dérive ostensiblement vers une France au garde à vous. Il est temps de sonner l’alarme, non pas le clairon, mais l’alarme citoyenne pour enrayer la machine étatique à produire de l’obéissance inconditionnelle et par conséquent de la résignation complice des injustices économiques et sociales.

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La non-violence dans la révolution syrienne

Nous l’avons oublié, mais la Syrie a connu dès le printemps 2011 l’un des plus importants mouvements populaires non-violents que l’histoire ait connus. L’irruption de cette résistance civile, après la chute des dictateurs en Tunisie et en Egypte, avait stupéfié le monde. Durant des mois et des mois, chaque semaine, le peuple syrien a manifesté à mains nues, sans violence, tout en subissant la répression la plus féroce qu’il soit de la part du régime syrien. Malgré les blessés, les morts, les arrestations et les tortures, ils ont maintenu de façon héroïque l’option de la non-violence parce qu’ils étaient convaincus qu’on ne pouvait construire la démocratie avec des armes qui la renient. Ce peuple savait que le recours à la violence les entraînerait vers un désastre. Ils étaient lucides, tragiquement lucides… Lire la suite

De la « liberté pédagogique » à la sauce Blanquer…

Ainsi donc, pour la première fois, un ministre de l’Education nationale a osé mettre sur le même plan « liberté pédagogique et anarchisme pédagogique »… « La liberté pédagogique n’a jamais été l’anarchisme pédagogique », a-t-il déclaré au journal Le Parisien, le jour où il a dévoilé plusieurs circulaires censées favoriser la bonne conduite des enseignants dans leurs classes… On serait heureux que le ministre nous donne une définition de « l’anarchisme pédagogique », concept totalement inconnu jusqu’alors. Outre qu’il révèle une conception bien restrictive de la philosophie de l’anarchisme en tant que doctrine politique…, il laisse certainement entendre que la liberté pédagogique ne doit pas être synonyme de désordre, tant dans les finalités que les pratiques des enseignants. Faut-il que ce ministre soit si peu informé de la réalité quotidienne des classes pour asséner de tel coups de massue sur la tête des enseignants du primaire ?  Lire la suite

Comment Martin Luther King a découvert la non-violence

On a souvent demandé à Martin Luther King comment il en était arrivé à adopter la philosophie et la stratégie de la non-violence. C’est dans son premier ouvrage, Combats pour la liberté (1958), publié après le mouvement de boycott des bus de Montgomery qui aboutit à la fin de la ségrégation raciale dans les transports publics, que King raconte son itinéraire vers la non-violence. Un itinéraire intellectuel qui devait aboutir à une puissante conviction éthique et un engagement dans la résistance non-violente tout à fait exceptionnel qui inspirent encore aujourd’hui les jeunes générations en résistance contre la prolifération des armes à feu aux Etats-Unis. Alors que nous fêtons le 50ème anniversaire de sa mort, le 4 avril 1968, le cheminement de King vers la non-violence représente un message fort qui interpelle les consciences qui veulent sortir de la spirale suicidaire de la violence. Lire la suite

Gandhi : de la « résistance passive » au satyagraha

Aujourd’hui encore, c’est souvent l’expression « résistance passive » qui est utilisée par les médias, et parfois par des associations, pour nommer un mouvement de résistance non-violente ou de désobéissance civile. Pourtant, cette expression ancienne, à forte connotation péjorative, comprend une contradiction irréductible : comment une résistance peut-elle être passive, alors que l’idée de résistance implique l’action ? Il semble bien que seule la résistance armée ou violente, pour l’idéologie dominante, puisse être considérée comme une résistance réellement active. Un petit retour en arrière permet de situer les enjeux de cette expression que Gandhi a lui-même utilisée avant de l’abandonner dès 1908… Lire la suite

Hommage à Gene Sharp, inspirateur de révolutions non-violentes

Gene Sharp est décédé le 28 janvier 2018. On le surnommait parfois le « machiavel de la non-violence » ou le « Clausewitz de la guerre non-violente ». Pendant plus de soixante ans, il a mené des recherches sur les stratégies non-violentes contre les dictatures et les pouvoirs oppressifs. Ses ouvrages ont influencé de nombreux citoyens aux quatre coins du monde et il a inspiré quantité de mouvements pour la démocratie en Europe de l’Est (révolutions de velours), en Serbie, en Ukraine (révolutions de couleurs), mais aussi dans les pays arabes en 2011. Son manuel « De la dictature à la démocratie«  (1993) a été publié et traduit en 34 langues. Lire la suite

Martin Luther King et la désobéissance civile

Chaque année, le 3ème lundi du mois de janvier est un jour férié aux Etats-Unis. C’est le « Martin Luther King day », la journée Martin Luther King, en hommage au célèbre défenseur des droits civiques dans les années soixante. Observée pour la première fois en 1986, elle marque l’anniversaire de la naissance de Luther King (le 15 janvier 1929). Dans cet article, je voudrais exposer la pensée et l’action de Martin Luther King concernant la désobéissance civile. Loin de certaines images d’épinal qui ferait de King un doux rêveur (suite à son fameux discours « I have a dream »), il était surtout un homme profondément ancré dans les dures réalités de son temps, soucieux de résister efficacement par l’action non-violente aux injustices de la ségrégation raciale dans son pays.
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« La violence juste n’existe pas : Oser la non-violence », le dernier ouvrage de Jean-Marie Muller

La publication de cet ouvrage n’est pas seulement un nouveau livre de Jean-Marie Muller sur la non-violence, mais l’invitation à une large réflexion qui s’inscrit dans une actualité récente qui a vu l’Eglise « bouger » sur cette question. Ainsi, il y a un an, nous nous faisions l’écho du message du Pape François qui, lors de la journée mondiale pour la paix le 1er janvier 2017, avait délivré un important discours pour promouvoir la non-violence en tant que « style de vie ». (voir ici). « Depuis le niveau local et quotidien jusqu’à celui de l’ordre mondial, écrivait le Pape, puisse la non-violence devenir le style caractéristique de nos décisions, de nos relations, de nos actions, de la politique sous toutes ses formes ! » Cette allocution étonnante du pape au monde constituait une première dans l’histoire de l’Eglise. Car n’oublions pas que celle-ci n’a toujours pas renoncé officiellement à la théorie funeste de la guerre juste qui prévaut depuis des siècles. A rebours de cette doctrine, dans son message, le pape faisait l’éloge de l’action non-violente, en tant que force qui a déjà « donné des résultats impressionnants ». Lire la suite

Château de l’Armurié à Colomiers : une surprenante délibération au conseil municipal !

Lors du dernier Conseil Municipal, au nom du groupe Vivre Mieux à Colomiers, je suis intervenu à l’occasion d’une délibération assez étonnante et à vrai dire scandaleuse. Il s’agissait d’une convention de mécénat entre la société Pitch Promotion et la mairie de Colomiers. Le promoteur chargé de détruire et de transformer l’ancien château de l’Armurié en logements de luxe doit en effet financer une œuvre artistique à la mémoire de Léon Blum qui fut hébergé et arrêté dans ce château pendant la seconde guerre mondiale. Ayant participé activement avec Patrick Jimena et de nombreux citoyens à la défense de ce château dont nous estimions qu’il pouvait se transformer en équipement public, il était inconcevable de laisser passer une telle délibération sans rien dire. Voici le texte de mon intervention.
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La grande farce des rythmes scolaires à Colomiers

Faut-il en rire ou en pleurer ? Les deux sans doute ! Nous pensions à Colomiers avoir tout vu, tout entendu, à propos de ce qu’on appelle encore ici « la concertation », en l’occurence celle qui a concerné les futurs rythmes scolaires applicables à la rentrée 2018. Le nouveau ministre de l’éducation nationale ayant redonné la possibilité aux communes de modifier la semaine à quatre jours et demi que Vincent Peillon avait fini par imposer dans la douleur, la ville de Colomiers a lancé au mois d’octobre une concertation qui se voulait la plus large possible. Lire la suite

Tolstoï, précurseur de la non-violence, inspirateur de Gandhi

« Tolstoï fut l’homme le plus véridique de son temps. Sa vie fut marquée par un effort constant et acharné pour chercher la vérité et la mettre en pratique une fois trouvée. Il n’essaya jamais de cacher la vérité ou de l’atténuer. Au contraire, il osa l’exposer intégralement aux yeux de tous, sans équivoque ni compromis ; aucune puissance au monde ne l’en aurait détourné. Tolstoï est le plus grand apôtre de la non-violence que notre époque ait connu. Personne en Occident, avant lui ou depuis, n’a écrit ou parlé au sujet de la non-violence d’une manière si magistrale, et avec autant d’insistance, de pénétration et de perspicacité. » Ce remarquable hommage, il est de la plume de Gandhi lui-même, à l’occasion du centenaire de la naissance de Léon Tolstoï en 1928. A l’occasion de la publication de deux ouvrages d’écrits (philosophiques et littéraires) introuvables de Tolstoï sur lesquels nous reviendrons prochainement1, j’inaugure une nouvelle rubrique sur ce blog qui comprendra le résultat de mes recherches sur le grand écrivain de la terre russe, prélude à un important ouvrage que j’envisage pour le bi-centenaire de la mort de Tolstoï (en 2028).

1Tolstoï, Les insurgés, Cinq récits sur le tsar et la révolution, Gallimard, coll. Folio classique, 2017, 256 p. / Tolstoï, Le refus d'obéissance, Ecrits sur la révolution, Ed. L'Echappée-Le pas de côté, 2017, 224 p.

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