En 2012, Mme Iborra pensait que nous avions les mêmes valeurs…

La députée LREM Monique Iborra fait aujourd’hui parler d’elle suite à l’enquête menée par Médiacités sur ses comptes de campagne de 2012, plus précisément « ses bonnes affaires familiales ». A cette époque, j’étais le candidat écologiste sur la 6ème circonscription de la Haute-Garonne, opposé donc à la candidate socialiste sortante. Lors d’un interview à La Dépêche du Midi, en février 2012, elle fustigeait ses concurrents à gauche au motif qu’ils partageaient forcément les mêmes valeurs qu’elles… Piqué au vif par cette déclaration, je décidais alors de publier un communiqué pour dire haut et fort, que non décidément, nous ne partagions pas tout à fait les mêmes valeurs…  En relisant ce communiqué, j’ai été frappé par son actualité.  A l’orée du quinquennat de François Hollande, il pressentait déjà que les actes ne seraient pas en cohérence avec les engagements et les principes énoncés pendant la campagne… Et j’ajouterais aujourd’hui les pratiques de certain-e-s élu-e-s si peu conformes aux valeurs affichées… Lire la suite

1817 – 2017 : Hommage à Henry David Thoreau, rebelle et éveilleur des consciences

« Connaissez-vous Henry David Thoreau ? », cette question, c’est Romain Rolland qui la posait à une amie dans une correspondance datant de 1921. Cette année-là, Romain Rolland venait de découvrir un ouvrage d’un personnage inconnu alors en France, Henry David Thoreau. Cet ouvrage, le tout premier traduit et édité en Français sous le titre « Désobéir » était un recueil de textes politiques de l’écrivain américain. Sa première impression à la lecture de ces textes fut de dire : « C’est superbe ! Ce devrait être la bible de toutes les consciences fortes qui refusent d’obéir aux injustices de l’Etat »… En l’espace d’une phrase, le grand Romain Rolland avait tout dit. L’écrivain français était déjà à l’époque le biographe de Tolstoï, lui-même un dissident avant l’heure. Et il allait quelques années plus tard publier la première biographie de Gandhi en français.

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Irrintzina ou la force de l’action non-violente

Ils sont rares les films qui savent montrer la non-violence en actes avec toute la puissance des images. Depuis le film « Gandhi » (1983) de Richard Attemborough, peu de documentaires ou de fictions ont réellement été à la hauteur de ce défi. Plus récemment, seul le film « Selma » (2015) sur les combats de Martin Luther King pour les droits civiques dans les années soixante au Etats-Unis pouvait soutenir la comparaison avec le film culte sur le leader de l’indépendance indienne. Mais nous étions sur des fictions, avec des acteurs, et sur des personnalités internationales un peu hors du commun. Lire la suite

Penser le combat non-violent (essai de synthèse provisoire)

Sans doute, peut-il apparaître provocateur de parler aujourd’hui de « non-violence » ou de « lutte non-violente » tant notre actualité, mais aussi notre Histoire commune semblent dominées par la violence, la guerre, le terrorisme, les massacres, les génocides. Le mot de « non-violence » lui-même semble inaudible dans ce contexte où les médias nous donnent à voir chaque jour le spectacle de la violence et de la guerre. Le mot « non-violence » apparaît encore chez beaucoup comme la négation de la violence, ou tout simplement le simple refus de la violence, c’est à dire finalement le refus de l’action. Et nous savons que l’inaction, la passivité, la résignation ne sauraient être une ligne de conduite morale qui nous permette d’avoir une attitude responsable dans notre Histoire. Le concept de « lutte non-violente », aussi, peut poser question, car dans notre culture dominante, il n’y a de place, essentiellement, que pour la lutte violente, armée. Plus exactement, il nous est difficile de concevoir une lutte qui ne serait pas violente ou armée pour faire face aux injustices, aux oppressions, aux dictatures, aux agressions contre un peuple, un territoire. Dans notre culture, il est impensable que la non-violence, la lutte non-violente puisse jouer un rôle significatif, puisse avoir une prise sur les évènements, puisse être d’une quelconque efficacité. Nous avons intériorisé que seule la violence, la lutte armée, la guerre sont les seuls instruments nécessaires, légitimes pour combattre efficacement un agresseur, pour défendre les valeurs essentielles lorsque celles-ci sont menacées. Lire la suite

Désobéir à Val Tolosa et à l’Etat

Par un arrêt du 13 juillet 2017, la cour administrative d’appel de Bordeaux a confirmé la décision prise par le tribunal de Toulouse dans un jugement du 8 avril 2016 qui annulait l’autorisation que le préfet avait accordée le 29 août 2013 pour détruire ou déplacer une centaine d’espèces protégées sur le site du centre commercial Val Tolosa, en dérogation à la loi qui protège certaines espèces naturelles. L’arrêté pris par le Préfet était donc illégal. Lire la suite

Défilé militaire du 14 juillet : faut-il applaudir les engins de mort ?

En appui de la pétition que j’ai lancée pour la suppression du défilé militaire du 14 juillet, je publie cette tribune dans une version augmentée. La première version de ce texte avait été publiée à l’occasion de la polémique lancée par Eva Joly en juillet 2011. Depuis, je l’ai régulièrement diffusée à l’occasion du 14 juillet. Dénoncer le défilé militaire, ce n’est pas s’inscrire dans un antimilitarisme primaire, c’est affirmer que notre pays s’honorerait en montrant au monde qu’il peut être grand sans devoir exposer des milliers d’engins de mort qui alimentent les guerres aux quatre coins du monde. Lire la suite

Colomiers. Les horaires scolaires imposés par la mairie contestés par tous les membres de la communauté éducative, y compris le DASEN

Le conseil municipal du lundi 26 juin a retiré au dernier moment la délibération sur les horaires scolaires dans les écoles maternelles et élémentaires prévus à la rentrée. Aucune explication n’a été donnée par la maire aux conseillers municipaux présents, malgré mes demandes insistantes et les protestations de mon groupe qui a alors quitté la séance du Conseil municipal. Je publie ici un texte inspiré de l’intervention que j’avais prévue de faire sur ce sujet à l’occasion de cette délibération. Le lecteur comprendra alors les véritables raisons qui ont présidé à cette décision en apparence surprenante. Lire la suite

Pour une démilitarisation des commémorations nationales

 La France a un goût prononcé pour les commémorations qui, chaque année, de façon immuable, se succèdent, tant à Paris que dans chaque ville et village du pays. Une douzaine de journées nationales commémoratives ont été instituées par l’Etat en souvenir d’événements et d’acteurs de ces événements qui ont marqué l’histoire de la nation : journée du souvenir des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie, journée du souvenir des victimes et héros de la Déportation, fête nationale de Jeanne d’Arc et du patriotisme, commémoration de la victoire du 8 mai 1945, journée nationale de la mémoire de la traite négrière, de l’esclavage et de leur abolition, journée de la Résistance, journée d’hommage aux morts pour la France en Indochine, appel du 18 juin du Général de Gaule, journée nationale à la mémoire des crimes racistes et antisémites de l’Etat français et d’hommage aux « Justes » de France, journée d’hommage aux Harkis, Armistice du 11 novembre. Il est possible que j’en oublie… A ces journées instituées, il faut ajouter les anniversaires particuliers : centenaire de la guerre de 14-18, anniversaire du Débarquement (à chaque décennie), etc. Ce sont souvent l’occasion de grandes célébrations médiatiques et politiques, où très souvent la parade militaire tient une place de choix. Lire la suite

Pourquoi je soutiens le programme de la France insoumise et vote Mélenchon à la présidentielle

Lors de la primaire citoyenne, au second tour, j’ai voté Hamon, bien que n’étant pas membre du parti socialiste. A la fois pour dégager Manuel Valls de la course à la présidentielle et pour soutenir un projet novateur à gauche. Hamon apportait un bol d’air frais dans cette campagne, notamment avec sa mesure audacieuse de revenu de base universel que je soutiens depuis longtemps. Son positionnement, en rupture avec le quinquennat de Hollande, avec la ligne majoritaire du PS et en faveur de la décroissance et de la transition écologique me semblait porteur d’un réel « futur désirable » permettant à la France de tourner la page du social-libéralisme. Lire la suite

Un livre intemporel à méditer : « Nous habitons la Terre » de Christiane Taubira

Christiane Taubira, Nous habitons la Terre, Ed. Philippe Rey, 2017, 160 p.

Nous avions salué, il y a un an, la publication des « Murmures à la jeunesse » de l’ancienne garde des Sceaux. Elle y développait une réflexion exigeante sur l’impérieuse nécessité, face au terrorisme, de rester fidèle à nos valeurs, à ce qui fait lien entre nous. Son nouvel ouvrage se situe dans la lignée du précédent. Mais ce n’est pas un livre de circonstance liée à l’actualité politique immédiate, c’est un livre littéralement intemporel qui nous parle du monde et de nous dans une langue maîtrisée, empreinte de rigueur et de lyrisme. C’est d’ailleurs ce qui fait son charme incomparable. Lire la suite

Défendre les frontières de la démocratie

resistance%20civile%20gp3Quelles sont les menaces qui pèsent sur notre démocratie ? Assurément, nous ne sommes plus au temps de la guerre froide où la menace désignée était militaire. Notre défense se situait alors clairement dans l’optique d’une invasion de l’armée soviétique. Ce schéma étant périmé, il convient d’affirmer que ce ne sont pas tant notre territoire qui est menacé par une hypothétique invasion militaire que notre démocratie. « Le territoire dont l’intégrité garantit la paix, c’est-à-dire la justice et la liberté, ce n’est pas celui de la géographie, mais celui de la démocratie, écrit justement Jean-Marie Muller ». Je propose dans cet article une réflexion sur les enjeux de la défense civile de la démocratie. Lire la suite

Lettre ouverte à Benoît Hamon sur la dissuasion nucléaire

lettre-ouverteCher Benoît Hamon,

Je ne suis pas socialiste. J’ai voté pour vous au deuxième tour de la primaire citoyenne au mois de janvier. Je vous crois sincère dans vos convictions, malgré le passif des nombreux reniements de votre parti aux valeurs profondes de la gauche. Je souhaite par la présente vous interpeller sur une question qui est absente du débat de l’élection présidentielle : la dissuasion nucléaire.

Vous avez déclaré que vous étiez favorable à poursuivre le renouvellement et la modernisation de la dissuasion nucléaire. Celle-ci nous coûte aujourd’hui 3,6 milliards d’euros par an et les experts s’accordent pour dire qu’à l’horizon 2025, elle représenterait un poids de 6 milliards d’euros annuels pour notre économie. Au-delà de la question budgétaire qui ne saurait être balayée d’un revers de main, je veux attirer votre attention sur les enjeux stratégiques et éthiques que pose la possession de l’arme nucléaire. Lire la suite