Le Service National Universel ou comment soumettre et embrigader la jeunesse. Pour un droit à l’objection de conscience.

La phase test du Service National Universel du 17 juin au 31 juillet 2019 a apporté des éclairages tout à fait saisissants sur l’essence de ce dispositif, les valeurs qu’il véhicule, les objectifs « civiques », mais surtout militaristes qu’il vise et les pratiques qu’il met en oeuvre. Si le SNU repose pour l’instant sur le volontariat, nous savons que le pouvoir souhaite le généraliser en le rendant obligatoire pour toute la tranche 16-18 ans. Je dénonce ici une entreprise de soumission et de caporalisation de la jeunesse, ainsi qu’une volonté de militarisation des consciences par des méthodes d’un autre âge, mais en parfaite cohérence avec un pouvoir autoritaire et méprisant envers le peuple. Plus que jamais, comme pour le service militaire au temps de la conscription obligatoire, un droit à l’objection de conscience au SNU doit être reconnu, par les jeunes eux-mêmes, mais également par les familles. Lire la suite

Baccalauréat 2019 : en conscience, ils ont refusé d’obéir…

Crédit La République du Centre

10 ans après le mouvement des enseignants-désobéisseurs du primaire, les professeurs du secondaire ont à leur tour pris le chemin de la résistance ouverte. « En conscience, je refuse d’obéir », écrivions-nous à notre hiérarchie pour signifier notre refus d’être complices de dispositifs pédagogiques imposés qui reniaient l’éthique de notre métier et de nos missions. Tout particulièrement, les évaluations nationales standardisées prémisses à la mise en concurrence des établissements scolaires, mais aussi les nouveaux programmes rétrogrades, l’aide personnalisée qui masquait la suppression des RASED et le fichier Base Elèves. Lire la suite

9 juillet 2009 : il y a 10 ans, le procès de l’instit rebelle de Colomiers…

Mercredi 24 juin 2009, 8h30. La matinée est libérée des élèves. C’est notre dernier conseil des maîtres de l’année. Je descends de ma classe située au 1er étage pour rejoindre la salle des maîtres. Au rez-de-chaussée, une personne me salue et me demande si je suis bien Alain Refalo. Je lui tends la main en répondant par l’affirmative. C’est une huissière de justice qui me remet une lettre recommandée en provenance de l’inspection académique. Objet : « convocation devant le conseil de discipline le jeudi 9 juillet à 15h à l’inspection académique, salle de l’Ordre des Palmes académiques, afin d’examiner les faits qui vous sont reprochés : refus d’obéissance, manquement au devoir de réserve, incitation à la désobéissance collective, attaque publique contre un fonctionnaire de l’Éducation Nationale. » Lire la suite

Colomiers : la taille des écoles, un handicap structurel pour la réussite des élèves

La future école élémentaire Simone Weil, dans le quartier des Marots, comprendra 15 classes. La municipalité poursuit donc dans la construction d’écoles maternelles et élémentaires à taille surdimensionnée. Dans l’agglomération toulousaine, Colomiers est sans doute la seule ville d’importance à maintenir ou construire des écoles de plus de 14 classes. Cette orientation structurelle a de graves conséquences sur le climat scolaire qui se dégrade, sur le travail en équipe de plus en plus difficile, sur la réussite des élèves qui devient un slogan bien loin des réalités. Et la réalité, c’est que la population scolaire a fortement évolué ces dernières années, avec davantage d’élèves en difficulté d’apprentissage, et pour beaucoup au comportement inadapté à la structure scolaire. Lire la suite

Enseignant, j’ai été sanctionné pour « manquement au devoir de réserve » : 10 ans après, mon témoignage.

Le ministre Blanquer en a visiblement assez de ces enseignants qui s’expriment sur les réseaux sociaux, sur des blogs et des sites internet et qui se permettent de porter un regard critique sur la politique scolaire du gouvernement, sur les circulaires et décrets imposés par le ministère… L’article 1 de la future loi Blanquer ne vise rien moins qu’à les faire taire et à sanctionner tous ceux qui oseraient critiquer l’institution scolaire. Cette volonté d’attenter à la liberté d’expression des enseignants n’est pas nouvelle. Pour ce qui me concerne, c’est notamment pour des faits dits de « manquement au devoir de réserve » que j’ai été sanctionné il y a dix ans. Lire la suite

La militarisation de l’école est en marche

Une ingénieure en chef de l’armement au grade de colonel vient d’être nommée à la tête du service de l’instruction publique et de l’action pédagogique de la Dgesco (Direction générale de l’enseignement scolaire). Comme le souligne Le Café Pédagogique, « elle portera à la Dgesco les réformes ministérielles. Etant numéro 2 de la Dgesco, elle pilotera les examens, dirigera les écoles et établissements du socle commun et des lycées, ainsi que la formation des enseignants. Il lui reviendra donc de faire appliquer les réformes pédagogiques du ministère ». Il manquait certainement dans les ressources humaines du ministère des personnes compétentes pour ce poste… On est donc aller chercher au sein des écoles militaires une professeure au département mécanique qui est également directrice des études de l’École polytechnique. Lire la suite

Evaluations nationales : c’est la capacité de soumission des enseignants qui est évaluée !

De nombreuses voix se sont élevées pour condamner les évaluations nationales CP et CE1 de cette rentrée. Inutile de rappeler les nombreux griefs énoncés à l’encontre de ces tests chronophages qui n’ont rien de scientifique, contrairement à ce que croit pouvoir affirmer le ministre Blanquer.

A l’heure où la saisie des résultats se termine et où les inspecteurs battent le rappel dans les écoles (en mentionnant par voie de mail le pourcentage des saisies réalisées par classe en temps réel !), la question qui se pose est de savoir si le véritable test ne concernait pas avant tout les enseignants eux-mêmes. Lire la suite

Colomiers : L’éducation n’est (toujours) pas la priorité, contrairement aux slogans proclamés…

Plusieurs écoles de Colomiers ont connu l’an dernier des incidents graves de violence, entre élèves ou d’agressions d’élèves contre des enseignants. La violence à l’école n’est certes pas un sujet nouveau à Colomiers, mais jusqu’à maintenant, il n’avait pas pris des proportions particulièrement inquiétantes. Et comme toujours lorsque survient un grave incident, l’émotion est grande, tout le monde s’agite, condamne… Certains s’illustrent par une surenchère de démagogie politique et populiste. On prend quelques mesures dans l’urgence pour traiter la surface du problème et puis le quotidien reprend son cours normal. Jusqu’au prochain incident…  Lire la suite