Pour la planète, le choix de la lutte non-violente

Les citoyens sont entrés en résistance et pas seulement pour des questions de pouvoir d’achat. Le mouvement des gilets jaunes traduit une aspiration à davantage de justice sociale et de participation démocratique. Dans le même temps, toute une partie de la société civile est en lutte pour défendre l’avenir de la planète, le climat, notre environnement, notre santé. Ces multiples résistances se rejoindront le 16 mars dans la « marche du siècle » qui ne sera pas un aboutissement, mais une étape supplémentaire dans la lutte pour la sortie du système dominant, économique et politique, qui a fait faillite. Ce mouvement civique doit être fermement et résolument ancré dans la non-violence, telle est l’insistance privilégiée de notre tribune qui se veut une contribution à la clarification de ce qu’est la lutte non-violente. Lire la suite

Irrintzina ou la force de l’action non-violente

Ils sont rares les films qui savent montrer la non-violence en actes avec toute la puissance des images. Depuis le film « Gandhi » (1983) de Richard Attemborough, peu de documentaires ou de fictions ont réellement été à la hauteur de ce défi. Plus récemment, seul le film « Selma » (2015) sur les combats de Martin Luther King pour les droits civiques dans les années soixante au Etats-Unis pouvait soutenir la comparaison avec le film culte sur le leader de l’indépendance indienne. Mais nous étions sur des fictions, avec des acteurs, et sur des personnalités internationales un peu hors du commun. Lire la suite

Présidentielles : quel candidat osera délégitimer la dissuasion nucléaire ?

nucleaire-20130706La dissuasion nucléaire est encore un sujet tabou en France. Les responsables politiques, de droite comme de gauche, depuis quarante ans, manient la plus parfaite des langues de bois à son sujet, dans un déni insistant et désespérant des enjeux éthiques, politiques et stratégiques que posent l’existence de ces armes de destruction massive. Ce faisant, les citoyens français n’ont jamais eu la possibilité de s’exprimer et encore moins de se prononcer sur la dissuasion nucléaire. Il y a malheureusement fort à parier que le sujet ne constituera pas un enjeu de la prochaine élection présidentielle. Alors cette tribune, c’est une peu comme une bouteille à la mer lancée sans trop d’illusions…, mais que je me devais de lancer quand même ! Lire la suite

A Colomiers, les chasseurs sont une espèce toujours bien protégée…

ob_5736c4_autocollant-halte-chasseDans la deuxième ville de la Haute-Garonne, territoire largement urbanisé, subsistent quelques espaces forestiers, où certains appuient parfois sur la détente pendant que d’autres essaient de se détendre… Promeneurs, cyclistes, souvent à leur grande surprise, croisent parfois quelques énergumènes armés d’un fusil, membres de l’association communale de chasse. En Conseil municipal, nous avons à deux reprises, en avril 2015 et il y a encore quelques jours dénoncé l’attribution d’une subvention, même minime, à cette association qui pratique ce loisir qui consiste à tuer des animaux sauvages selon un plan de chasse préétabli.

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Le respect de l’animal, un enjeu de civilisation

76722996_pInvité récemment à donner une conférence sur la question du respect de l’animal (Carcassonne, 26 septembre 2015, Forum « La non-violence un art de vivre »), j’ai travaillé à partir de plusieurs ouvrages dont trois particulièrement m’ont aidé à clarifier ma réflexion et réaliser mon exposé. Il s’agit de Plaidoyer pour les animaux (2014) de Matthieu Ricard, Les animaux aussi ont des droits (ouvrage collectif avec des contributions de Peter Singer, Elisabeth de Fontenay et Boris Cyrulnik, 2013) et Voir son steack comme un animal mort (2015) de Martin Gilbert. J’ai largement emprunté à ces ouvrages pour écrire ce texte. Lire la suite

L’encyclique Laudate si’ de François : un vibrant plaidoyer pour la sobriété

topicLa lecture de l’encyclique du pape François, Laudate si’ (Loué sois-tu) sur la sauvegarde de la maison commune, est absolument vivifiante. C’est un cri de la conscience adressé à « chaque homme de cette planète » pour « sauver la terre opprimée et dévastée des maladies qui ravagent son sol, l’eau, l’air et tous les êtres vivants« . Car le constat est terrible : « Nous n’avons jamais autant maltraité ni fait de mal à la planète que depuis ces deux derniers siècles ».

Au-delà des références chrétiennes qui parsèment le texte qui ne s’adresse d’ailleurs pas qu’aux catholiques, il importe d’en souligner le caractère novateur en tant que plaidoyer magistral en faveur de la sobriété et de la simplicité au quotidien. Je voudrai surtout retenir de cette encyclique cette idée centrale dont la radicalité exposée par un pape constitue un véritable événement. Comme un signe des temps… Lire la suite

Hiroshima, notre suicide commun ?

A few steel and concrete buildings and bridges are still intact in Hiroshima after the Japanese city was hit by an atomic bomb by the U.S., during World War II Sept. 5, 1945.  (AP Photo/Max Desfor)Il y a 70 ans, le 6 août 1945, à 8h15, les Américains larguait la première bombe atomique sur la ville d’Hiroshima au Japon. Trois jours plus tard, c’était la ville de Nagasaki qui subissait un bombardement similaire. En quelques secondes, à Hiroshima, 80 000 personnes furent pulvérisées par l’explosion de la bombe. 70 000 autres personnes moururent dans les semaines qui suivirent. A Nagasaki, ce sont 40 000 personnes qui furent tuées par l’explosion atomique et 30 000 autres dans les semaines suivantes. De 1945 à nos jours, ce sont plus de 400 000 personnes qui sont mortes des nombreuses pathologies dues au souffle, aux brûlures et aux radiations.
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Affaire Greenpeace : raison d’Etat contre non-violence

Le-Rainbow-Warrior-couch-sur-c-t-dans-port-d-AucklandC’était il y a trente ans, le 10 juillet 1985. Un bateau de Greenpeace, le Rainbow Warrior, amarré dans le port d’Auckland en Nouvelle Zélande, subissait deux explosions, dont la seconde tuera le photographe Fernando Pereira. L’association écologiste s’apprêtait à mener une vaste campagne d’opposition aux essais nucléaires français dans le Pacifique. L’Etat français ne pouvait accepter la remise en cause d’une politique basée sur le « prestige » que confère la détention de l’arme nucléaire. Il décida alors d’engager les services secrets de la DGSE dans une opération visant à faire taire les écologistes. Avec des bombes pour « neutraliser » un bateau contestataire, des bombes pour faire échouer une action non-violente d’écologistes qui ne pouvaient se résoudre à être complices du crime nucléaire ! Lire la suite