1817 – 2017 : Hommage à Henri-David Thoreau, rebelle et éveilleur des consciences

« Connaissez-vous Henri David Thoreau ? », cette question, c’est Romain Rolland qui la posait à une amie dans une correspondance datant de 1921. Cette année-là, Romain Rolland venait de découvrir un ouvrage d’un personnage inconnu alors en France, Henri-David Thoreau. Cet ouvrage, le tout premier traduit et édité en Français sous le titre « Désobéir » était un recueil de textes politiques de l’écrivain américain. Sa première impression à la lecture de ces textes fut de dire : « C’est superbe ! Ce devrait être la bible de toutes les consciences fortes qui refusent d’obéir aux injustices de l’Etat »… En l’espace d’une phrase, le grand Romain Rolland avait tout dit. L’écrivain français était déjà à l’époque le biographe de Tolstoï, lui-même un dissident avant l’heure. Et il allait quelques années plus tard publier la première biographie de Gandhi en français.

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Désobéir à Val Tolosa et à l’Etat

Par un arrêt du 13 juillet 2017, la cour administrative d’appel de Bordeaux a confirmé la décision prise par le tribunal de Toulouse dans un jugement du 8 avril 2016 qui annulait l’autorisation que le préfet avait accordée le 29 août 2013 pour détruire ou déplacer une centaine d’espèces protégées sur le site du centre commercial Val Tolosa, en dérogation à la loi qui protège certaines espèces naturelles. L’arrêté pris par le Préfet était donc illégal. Lire la suite

Que dirait Léon Tolstoï à la jeunesse d’aujourd’hui indignée par les violences policières ?

p1120538Remarque : La plupart des phrases de cette lettre imaginaire sont extraites, adaptées ou inspirées des ouvrages de Léon Tolstoï, notamment Le Royaume des cieux est en vous (1893), édité au Passager Clandestin (2010). AR


Chers frères,

Je ne puis plus me taire ! Comme vous, je suis bouleversé par la brutalité de la répression que vous subissez lors de vos manifestations contre cette loi indigne sur le travail et vos occupations sur des sites menacés par des projets démesurés qui saccagent la nature, notre bien commun. Il y a plus d’un an, l’un des votres est mort de cette violence aveugle de l’Etat que je n’ai cessé de dénoncer durant les trente dernières années de ma vie.
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J’ai consulté mon fichier des Renseignements Généraux…

OLYMPUS DIGITAL CAMERAIl y a quelques mois, deux ans après avoir formulé une demande écrite à la CNIL, j’ai enfin pu avoir accès aux fichiers des services de l’Information Générale du ministère de l’intérieur (SDIG), ex service des Renseignements Généraux (RG), me concernant. Ce service a été rebaptisé en 2014 en Service Central de Renseignement Territorial (SCRT). Deux ans d’attente, à l’ère des technologies modernes, c’est particulièrement long !

Alors, dans un moment où des méthodes de renseignement particulièrement intrusives, notamment en direction des militants du mouvement social, sont en débat à l’Assemblée nationale, il m’a semblé de bonne guerre de faire connaître le contenu de ces fiches qui n’ont pas forcément vocation à être rendues publiques après une consultation qui, elle, est de droit. En effet, chaque citoyen a le droit d’accès à son dossier des « RG », en vertu d’un loi du 6 janvier 1978 (modifiée en août 2004) relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés.
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Loi sur le renseignement : la désobéissance civile sera-t-elle davantage criminalisée ?

4677571-6986318Le projet de loi sur le renseignement a déjà fait couler beaucoup d’encre. Et pour cause, au nom de la lutte légitime contre le terrorisme, des dispositifs de surveillance généralisée attentoires aux libertés individuelles et publiques vont être instaurés. La sécurité contre la liberté, la sécurité au détriment de la liberté… Un vieux débat en somme que l’histoire a pourtant tranché : si jamais ces lois liberticides ne renforçent la sécurité des citoyens, toujours elles en restreignent les libertés.

Il est tout particulièrement inquiétant de lire dans ce projet au chapitre des finalités du renseignement : « la prévention des atteintes à la forme républicaine des institutions ». Une définition aussi floue ouvre la porte à une criminalisation plus forte des mouvements sociaux, des actions citoyennes qui, sans cautionner la violence, se situe en marge de la légalité, voire dans une démarche de désobéissance civile.  Comme l’indique justement la magistrate Laurence Blisson, « nous sommes face à une démocratie qui n’assume aucune de ses marges. Toute expression de radicalité sera surveillée, des black blocs aux mouvements sociaux. »1 Lire la suite