Pour la planète, le choix de la lutte non-violente

Les citoyens sont entrés en résistance et pas seulement pour des questions de pouvoir d’achat. Le mouvement des gilets jaunes traduit une aspiration à davantage de justice sociale et de participation démocratique. Dans le même temps, toute une partie de la société civile est en lutte pour défendre l’avenir de la planète, le climat, notre environnement, notre santé. Ces multiples résistances se rejoindront le 16 mars dans la « marche du siècle » qui ne sera pas un aboutissement, mais une étape supplémentaire dans la lutte pour la sortie du système dominant, économique et politique, qui a fait faillite. Ce mouvement civique doit être fermement et résolument ancré dans la non-violence, telle est l’insistance privilégiée de notre tribune qui se veut une contribution à la clarification de ce qu’est la lutte non-violente. Lire la suite

Il y a 70 ans, Paul Ricoeur soulignait l’efficacité de la non-violence dans l’histoire

En février 1949, le philosophe Paul Ricoeur publie dans la revue Esprit un article intitulé « L’homme non-violent et sa présence à l’histoire1 » qui connait une large audience. Cet article de Ricoeur fait suite à la publication par Arthur Koestler de Le yogi et le Commissaire2 dont il a donné une longue recension critique en janvier 1949 dans la revue Christianisme social sous le titre « Le yogi, le commissaire et le prophète ». Dans cet article de février 1949, Paul Ricoeur se demande « à quelles conditions le non-violent peut-il être autre chose qu’un yogi au sens de Koestler, qu’un pur en marge de l’histoire ?3 » Cette question, Paul Ricoeur se la pose, en étant d’emblée convaincu qu’ « il y a une valeur possible de la non-violence ou de formes non-violentes de résistance ». Lire la suite

11 novembre : « la commémoration de la sottise et du crime », et de la servitude volontaire…

Alors qu’on lui demandait de célébrer en 1968 le cinquantième anniversaire de « la victoire de 1918 », l’écrivain Jean Guéhenno écrivit : « Il est clair désormais depuis longtemps que mes camarades ne sont morts que parce que l’Histoire est souvent bête et criminelle et ce cinquantenaire ne peut être que la commémoration de la sottise et du crime ». 50 ans plus tard, certains voudraient encore faire du 11 novembre la célébration de la victoire de la France…
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Faire le choix de la non-violence : une force pour agir dans la dignité et avec efficacité !

La question de la non-violence revient au coeur des préoccupations militantes. Malgré la publication récente du très mauvais livre de Peter Gelderloos qui, avec des arguments fallacieux et de nombreuses contre-vérités historiques, a cherché à discréditer l’action non-violente pour mieux réhabiliter la violence dans les luttes sociales, il n’en reste pas moins vrai que la tendance lourde demeure, au coeur des mouvements sociaux, écologistes et pour les droits humains à l’investissement dans les potentialités de la non-violence. Alors que nous célébrons ces jours-ci le 50ème anniversaire de la résistance civile du peuple tchécoslovaque face aux chars du Pacte de Varsovie, résistance dont le journaliste Michel Tatu avait pu à l’époque constater de visu « l’étonnante efficacité », deux magazines d’horizons très différents consacrent un dossier à la force de l’action non-violente. Lire la suite

Un jalon dans l’histoire de la non-violence : la « Lettre à un Hindou » de Léon Tolstoï (1908)

A la fin de l’année 1908, un étudiant hindou, Taraknath Das qui édite aux Etats-Unis une revue intitulée L’Inde libre, écrit à Tolstoï pour recueillir auprès de lui quelques paroles de soutien à ses idées révolutionnaires. Il préconise le recours à la violence pour libérer l’Inde de la domination britannique. Tolstoï lui répond le 14 décembre 1908 en dénonçant les justifications « scientifiques » et « religieuses » de la violence qui aveugle la « majorité malheureuse ». Cette lettre deviendra la « Lettre à un Hindou », dans laquelle Tolstoï oppose à la révolte armée l’arme de la non-coopération. Lire la suite

Pétition pour la suppression du défilé militaire du 14 juillet

Chaque année, à l’occasion de la fête nationale, le peuple est convié à venir admirer la parade des hommes vêtus d’un uniforme qui ont fait « le choix » de consacrer leur vie à l’institution militaire. Mais cette parade est aussi celle de centaines d’engins de mort, de chars, de missiles que notre pays se glorifie d’exporter aux quatre coins du monde pour le plus grand malheur des peuples qui souffrent quotidiennement de la guerre et du terrorisme.

La France est le seul pays en Europe qui maintient un tel défilé militaire qui, par ailleurs; constitue un gaspillage financier inacceptable dans un contexte de grande restriction budgétaire. Les autres pays où une telle parade a encore lieu sont des dictatures. Ce spectacle indécent et immoral, qui rend un culte aux armes de guerre, est indigne d’un pays qui prétend être fidèle aux valeurs de la fraternité, de la liberté et de la paix. Il symbolise la culture de la violence et de la guerre qui domine encore et toujours nos civilisations. Il est contraire à l’aspiration légitime des peuples à la paix.

« Quand j’entends les talons qui claquent, je vois les cerveaux qui se ferment », affirmait en connaissance de cause le maréchal Lyautey. Une démocratie digne de ce nom ne saurait perpétuer une parade qui, plus que tout, symbolise l’obéissance inconditionnelle et l’abdication des forces de la raison et de la conscience. La fête nationale devrait être l’occasion privilégiée de revisiter les fondements de notre vivre ensemble sous la bannière des valeurs de la République. Cela aurait infiniment plus de sens que de subir passivement une parade militaire d’un autre âge.

Les soussignés demandent au président de la République de supprimer le défilé militaire du 14 juillet et lui proposent de le remplacer par un rassemblement populaire pour la promotion d’une culture de la paix et de la non-violence.

Pour signer la pétition : https://www.change.org/p/pour-la-suppression-du-défilé-militaire-du-14-juillet 

Lire aussi notre article : Défilé militaire : faut-il applaudir les engins de mort ? 

La non-violence dans la révolution syrienne

Nous l’avons oublié, mais la Syrie a connu dès le printemps 2011 l’un des plus importants mouvements populaires non-violents que l’histoire ait connus. L’irruption de cette résistance civile, après la chute des dictateurs en Tunisie et en Egypte, avait stupéfié le monde. Durant des mois et des mois, chaque semaine, le peuple syrien a manifesté à mains nues, sans violence, tout en subissant la répression la plus féroce qu’il soit de la part du régime syrien. Malgré les blessés, les morts, les arrestations et les tortures, ils ont maintenu de façon héroïque l’option de la non-violence parce qu’ils étaient convaincus qu’on ne pouvait construire la démocratie avec des armes qui la renient. Ce peuple savait que le recours à la violence les entraînerait vers un désastre. Ils étaient lucides, tragiquement lucides… Lire la suite

Comment Martin Luther King a découvert la non-violence

On a souvent demandé à Martin Luther King comment il en était arrivé à adopter la philosophie et la stratégie de la non-violence. C’est dans son premier ouvrage, Combats pour la liberté (1958), publié après le mouvement de boycott des bus de Montgomery qui aboutit à la fin de la ségrégation raciale dans les transports publics, que King raconte son itinéraire vers la non-violence. Un itinéraire intellectuel qui devait aboutir à une puissante conviction éthique et un engagement dans la résistance non-violente tout à fait exceptionnel qui inspirent encore aujourd’hui les jeunes générations en résistance contre la prolifération des armes à feu aux Etats-Unis. Alors que nous fêtons le 50ème anniversaire de sa mort, le 4 avril 1968, le cheminement de King vers la non-violence représente un message fort qui interpelle les consciences qui veulent sortir de la spirale suicidaire de la violence. Lire la suite