Les citoyens sont entrés en résistance et pas seulement pour des questions de pouvoir d’achat. Le mouvement des gilets jaunes traduit une aspiration à davantage de justice sociale et de participation démocratique. Dans le même temps, toute une partie de la société civile est en lutte pour défendre l’avenir de la planète, le climat, notre environnement, notre santé. Ces multiples résistances se rejoindront le 16 mars dans la « marche du siècle » qui ne sera pas un aboutissement, mais une étape supplémentaire dans la lutte pour la sortie du système dominant, économique et politique, qui a fait faillite. Ce mouvement civique doit être fermement et résolument ancré dans la non-violence, telle est l’insistance privilégiée de notre tribune qui se veut une contribution à la clarification de ce qu’est la lutte non-violente. Lire la suite
Il y a 70 ans, Paul Ricoeur soulignait l’efficacité de la non-violence dans l’histoire
En février 1949, le philosophe Paul Ricoeur publie dans la revue Esprit un article intitulé « L’homme non-violent et sa présence à l’histoire1 » qui connait une large audience. Cet article de Ricoeur fait suite à la publication par Arthur Koestler de Le yogi et le Commissaire2 dont il a donné une longue recension critique en janvier 1949 dans la revue Christianisme social sous le titre « Le yogi, le commissaire et le prophète ». Dans cet article de février 1949, Paul Ricoeur se demande « à quelles conditions le non-violent peut-il être autre chose qu’un yogi au sens de Koestler, qu’un pur en marge de l’histoire ?3 » Cette question, Paul Ricoeur se la pose, en étant d’emblée convaincu qu’ « il y a une valeur possible de la non-violence ou de formes non-violentes de résistance ». Lire la suite
Enseignant, j’ai été sanctionné pour « manquement au devoir de réserve » : 10 ans après, mon témoignage.
Le ministre Blanquer en a visiblement assez de ces enseignants qui s’expriment sur les réseaux sociaux, sur des blogs et des sites internet et qui se permettent de porter un regard critique sur la politique scolaire du gouvernement, sur les circulaires et décrets imposés par le ministère… L’article 1 de la future loi Blanquer ne vise rien moins qu’à les faire taire et à sanctionner tous ceux qui oseraient critiquer l’institution scolaire. Cette volonté d’attenter à la liberté d’expression des enseignants n’est pas nouvelle. Pour ce qui me concerne, c’est notamment pour des faits dits de « manquement au devoir de réserve » que j’ai été sanctionné il y a dix ans. Lire la suite
La militarisation de l’école est en marche
Une ingénieure en chef de l’armement au grade de colonel vient d’être nommée à la tête du service de l’instruction publique et de l’action pédagogique de la Dgesco (Direction générale de l’enseignement scolaire). Comme le souligne Le Café Pédagogique, « elle portera à la Dgesco les réformes ministérielles. Etant numéro 2 de la Dgesco, elle pilotera les examens, dirigera les écoles et établissements du socle commun et des lycées, ainsi que la formation des enseignants. Il lui reviendra donc de faire appliquer les réformes pédagogiques du ministère ». Il manquait certainement dans les ressources humaines du ministère des personnes compétentes pour ce poste… On est donc allé chercher au sein des écoles militaires une professeure au département mécanique qui est également directrice des études de l’École polytechnique. Lire la suite
11 novembre : « la commémoration de la sottise et du crime », et de la servitude volontaire…
Alors qu’on lui demandait de célébrer en 1968 le cinquantième anniversaire de « la victoire de 1918 », l’écrivain Jean Guéhenno écrivit : « Il est clair désormais depuis longtemps que mes camarades ne sont morts que parce que l’Histoire est souvent bête et criminelle et ce cinquantenaire ne peut être que la commémoration de la sottise et du crime ». 50 ans plus tard, certains voudraient encore faire du 11 novembre la célébration de la victoire de la France…
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Linky à Colomiers : la mauvaise foi de la maire au conseil municipal
Le conseil municipal du jeudi 18 octobre a encore illustré ce que nous avions dénoncé il y a déjà trois ans sur ce blog, à savoir le caractère anti-démocratique de la posture de la maire de Colomiers (voir ici) dans les débats du Conseil municipal. Lors de ce conseil, la municipalité présentait un avis présentant sa position sur les compteurs Linky et formulant un certain nombre de demandes à Enedis (droit à l’information, droit au respect de la propriété privée…). Le groupe Vivre Mieux à Colomiers avait prévu d’intervenir à deux voix. C’est ainsi que prenant la parole en premier, j’annonçais que M. Jimena s’exprimerait également en suivant. Je vais d’abord transcrire dans cet article ce que j’ai dit, puis les réponses de la maire et enfin je développerais mes commentaires à ses réponses et plus largement à cette nouvelle séquence anti-démocratique du conseil municipal. Lire la suite
Evaluations nationales : c’est la capacité de soumission des enseignants qui est évaluée !
De nombreuses voix se sont élevées pour condamner les évaluations nationales CP et CE1 de cette rentrée. Inutile de rappeler les nombreux griefs énoncés à l’encontre de ces tests chronophages qui n’ont rien de scientifique, contrairement à ce que croit pouvoir affirmer le ministre Blanquer.
A l’heure où la saisie des résultats se termine et où les inspecteurs battent le rappel dans les écoles (en mentionnant par voie de mail le pourcentage des saisies réalisées par classe en temps réel !), la question qui se pose est de savoir si le véritable test ne concernait pas avant tout les enseignants eux-mêmes. Lire la suite
Colomiers : L’éducation n’est (toujours) pas la priorité, contrairement aux slogans proclamés…
Plusieurs écoles de Colomiers ont connu l’an dernier des incidents graves de violence, entre élèves ou d’agressions d’élèves contre des enseignants. La violence à l’école n’est certes pas un sujet nouveau à Colomiers, mais jusqu’à maintenant, il n’avait pas pris des proportions particulièrement inquiétantes. Et comme toujours lorsque survient un grave incident, l’émotion est grande, tout le monde s’agite, condamne… Certains s’illustrent par une surenchère de démagogie politique et populiste. On prend quelques mesures dans l’urgence pour traiter la surface du problème et puis le quotidien reprend son cours normal. Jusqu’au prochain incident… Lire la suite
Evaluations nationales à l’école : comment nous les avons sabotées il y a dix ans…
La semaine dernière, les appels se sont multipliés pour dénoncer les évaluations nationales imposées aux enseignants de CP et CE1 avec diverses modalités d’action de résistance allant du refus de la passation à la non remontée des résultats. C’est certainement la grande victoire des enseignants-désobéisseurs de 2008-2009 que de constater que le boycott s’est imposé d’emblée comme la réponse la plus pertinente à cette nouvelle tentative d’instaurer à terme la mise en concurrence artificielle des établissements scolaires du primaire. Retour sur quelques faits saillants de la résistance pédagogique aux évaluations nationales depuis 2008. Lire la suite
Evaluations à l’école : Face aux tentatives de caporalisation des enseignants, la résistance collective s’impose ! Appel aux syndicats.
« Le professeur des écoles ne saurait être un simple exécutant : à partir des objectifs nationaux, il doit inventer et mettre en œuvre les situations pédagogiques qui permettront à ses élèves de réussir dans les meilleures conditions » (Préambule aux programmes de 2008… en contradiction avec les circulaires prescriptives adossées à ces mêmes programmes que la profession avait alors massivement refusées).
Nous voici retourné dix ans en arrière… L’institution scolaire revient aux vieux démons que Darcos et Chatel n’avaient pas réussi à imposer dans la durée : le pilotage par les « résultats », le classement des établissements scolaires et leur mise en concurrence, et à terme, la prime au mérite des enseignants. Avec un outil imposé autoritairement aux professeurs des écoles : des évaluations nationales standardisées, vides de sens, qui alimenteront les fichiers informatisés dont nous savons qu’à terme, ils serviront à notre propre perte, morale et professionnelle. Car au bout du bout, ce sera le bachotage permanent, la préparation aux tests, la compétition des uns contre les autres, l’individualisme triomphant, le stress incessant et le renforcement des inégalités entre les écoles. Lire la suite
Faire le choix de la non-violence : une force pour agir dans la dignité et avec efficacité !
La question de la non-violence revient au coeur des préoccupations militantes. Malgré la publication récente du très mauvais livre de Peter Gelderloos qui, avec des arguments fallacieux et de nombreuses contre-vérités historiques, a cherché à discréditer l’action non-violente pour mieux réhabiliter la violence dans les luttes sociales, il n’en reste pas moins vrai que la tendance lourde demeure, au coeur des mouvements sociaux, écologistes et pour les droits humains à l’investissement dans les potentialités de la non-violence. Alors que nous célébrons ces jours-ci le 50ème anniversaire de la résistance civile du peuple tchécoslovaque face aux chars du Pacte de Varsovie, résistance dont le journaliste Michel Tatu avait pu à l’époque constater de visu « l’étonnante efficacité », deux magazines d’horizons très différents consacrent un dossier à la force de l’action non-violente. Lire la suite
Un jalon dans l’histoire de la non-violence : la « Lettre à un Hindou » de Léon Tolstoï (1908)
A la fin de l’année 1908, un étudiant hindou, Taraknath Das qui édite aux Etats-Unis une revue intitulée L’Inde libre, écrit à Tolstoï pour recueillir auprès de lui quelques paroles de soutien à ses idées révolutionnaires. Il préconise le recours à la violence pour libérer l’Inde de la domination britannique. Tolstoï lui répond le 14 décembre 1908 en dénonçant les justifications « scientifiques » et « religieuses » de la violence qui aveugle la « majorité malheureuse ». Cette lettre deviendra la « Lettre à un Hindou », dans laquelle Tolstoï oppose à la révolte armée l’arme de la non-coopération. Lire la suite

