Le déshonneur de l’Etat nucléaire

nucleaire-20130706Entre 1960 et 1996, la France a procédé à 210 essais nucléaires atmosphériques ou souterrains en Algérie et en Polynésie française. La France a toujours nié et caché les conséquences sanitaires et environnementales de ces essais. Tout particulièrement, le niveau réel de radioactivité à laquelle la population de Polynésie française a été exposée pendant trente ans a été largement sous-évalué. Continuer à lire … « Le déshonneur de l’Etat nucléaire »

La France participe à la militarisation de l’espace

Le Président de la République était à Toulouse hier pour assister à un exercice de simulation militaire spatial à l’échelle européenne. A Toulouse, car c’est là qu’est basé le nouveau commandement militaire de l’espace, inauguré le 8 septembre 2019. Cet exercice appelé « AsterX » s’inscrit dans la stratégie spatiale de défense de la France. Mais il faut nommer les choses par leur nom : la France participe à la militarisation de l’espace par des choix clairement assumés depuis 2019.
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La violence détruit le mouvement social

Il est temps d’ouvrir les yeux et de dénoncer ce qui ne peut être justifié. Encore une fois, lors d’une manifestation légitime qui avait vocation à être pacifique afin que ses slogans soient bien entendus par l’opinion publique et par le pouvoir d’Etat, une minorité a détruit le potentiel revendicatif exprimé par les manifestants. Samedi 5 décembre, comme le samedi précédent, la manifestation contre la loi de sécurité globale a été détournée de son sens, elle a été pourrie de l’intérieur par une minorité d’irresponsables, qu’ils se nomment blackblocs ou autres, peu importe. L’heure n’est plus à l’excuse, car il n’y en a pas à l’endroit de ceux qui n’ont rien à voir avec le mouvement social. Ces gens-là, disons-le sans détour, avant d’être des ennemis (illusoires) de l’Etat, sont d’abord des ennemis réels du mouvement social. Continuer à lire … « La violence détruit le mouvement social »

Graines de non-violence chez les précurseurs de l’anarchisme : Godwin, Bellegarrigue et Proudhon

La critique et la contestation de l’Etat sont constitutifs de la matrice de l’anarchisme qui dénonce l’ordre social fondé sur les institutions de la violence tout en plaidant pour une société basée sur la liberté et l’autonomie des citoyens. Tout au long de son histoire, le mouvement anarchiste a été traversé par de multiples débats sur la fin et les moyens. Par quels moyens faut-il lutter pour faire advenir une société sans Etat ? Peut-on, et dans quels cas, utiliser la violence qui est le moyen légitime de l’Etat ? Ne risque-t-on pas de trahir l’idéal anarchiste en ayant recours à la violence ? La non-violence n’est-elle pas finalement le moyen le plus adéquat pour défendre les valeurs de liberté et de justice que défendent les anarchistes ? Continuer à lire … « Graines de non-violence chez les précurseurs de l’anarchisme : Godwin, Bellegarrigue et Proudhon »

Définition et légitimité de la désobéissance civile d’après Gandhi

La légitimité du recours à la désobéissance civile s’inscrit chez Gandhi dans sa vision politique de la situation d’oppression vécue par le peuple indien soumis au colonialisme britannique. « Nous devons combattre le mal, écrit Gandhi, en cessant d’aider celui qui le fait, directement ou indirectement. […] Si un gouvernement commet une injustice grave, les sujets doivent retirer leur coopération, totalement ou partiellement, dans une proportion suffisante pour arracher le pouvoir au mal »1.

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La non-violence : une nouvelle définition

Cette nouvelle définition de la non-violence sera publiée prochainement (début 2021) dans le Dictionnaire d’anthropologie prospective, publié par l’éditeur Vrin. Je l’ai rédigée dans le cadre de mes recherches lexicologiques et sémantiques sur le mot “non-violence” qui devraient aboutir à la publication d’un ouvrage, avec le concours de l’Institut de recherche sur la Résolution Non-violente des Conflits (IRNC). Les références entre parenthèses renvoient à la bibliographie qui suit l’article. Comme toute définition, celle-ci est bien entendu sujette au débat et à l’échange constructif.  Continuer à lire … « La non-violence : une nouvelle définition »

Après le rassemblement à la République contre le racisme et les violences policières : le pouvoir du peuple

Les images extraordinaires de la foule rassemblée place de la République samedi, alors que tout rassemblement demeure interdit, témoignent d’une aspiration profonde de la jeunesse des quartiers, et plus largement des forces vives de ce pays, à la justice, à l’égalité des droits, à la dignité, au refus du racisme, de l’intolérance, de la violence, de toutes les violences. Il a fallu d’ailleurs les images de “l’internaute 94”, spécialiste des actions cascadeuses, qui a décroché la banderole infâme de Génération identitaire, pour réaliser l’ampleur du rassemblement, minimisé par les grands médias. Ce ne sont pas 15 000 personnes, comme annoncé par la Préfecture de Paris, mais bien plus de 100 000 qui étaient pacifiquement réunies dans une même exigence de dignité contre les discriminations raciales et sociales. Continuer à lire … « Après le rassemblement à la République contre le racisme et les violences policières : le pouvoir du peuple »

Quelques réflexions sur la non-violence à partir de la pensée de Simone Weil

Le refus de la légitimité de la violence est au coeur de l’oeuvre de la philosophe Simone Weil (1909-1943). Chrétienne hors de l’église comme elle se définissait, elle s’est indignée contre les compromissions de l’Eglise avec la violence qui ont contribué, selon elle, à profondément dénaturer la parole du Dieu chrétien. « La vérité la plus essentielle concernant Dieu, affirme Simone Weil, c’est que Dieu est bon avant d’être puissant1« . En pactisant avec la violence, l’Eglise a fait écran à la sagesse et à la bonté de Dieu. Elle estime que si l’Eglise a pactisé avec l’empire de la force, elle le doit à la double influence de l’Ancien Testament et de l’empire romain. « Cette double souillure presque originelle, écrit-elle, explique toutes les souillures qui rendent l’histoire de l’Eglise si atroce au cours des siècles2« . Simone Weil est vivement attirée par les Cathares qui « poussèrent l’horreur de la force jusqu’à la pratique de la non-violence et jusqu’à la doctrine qui fait procéder du mal tout ce qui est du domaine de la force3« . Certes, précise-t-elle, « c’était aller loin, mais non pas plus loin que l’Evangile4« . Continuer à lire … « Quelques réflexions sur la non-violence à partir de la pensée de Simone Weil »

Théodore Monod et le respect de la vie, plus que jamais d’actualité pour bâtir le monde d’après…


Dans le monde d’après la période du coronavirus, il se pourrait bien que certains penseurs un peu oubliés nous aident à voir le monde autrement pour construire du neuf. Théodore Monod (1902-2000) en fait certainement partie. Biologiste, naturaliste, explorateur, spécialiste des déserts et surtout profondément humaniste, il était un partisan convaincu de la non-violence. Ami de l’orientaliste Louis Massignon et de l’écrivain malien Amadu Hampâté Bä, il était un savant qui s’impliquait vigoureusement pour la cause de la dignité humaine et du respect de l’animal. Le journaliste Roger Cans résume son engagement : « On le voyait marcher au premier rang des manifestants qui protestaient contre la bombe atomique, l’apartheid, l’exclusion. Il militait contre tout ce qui, selon lui, menace ou dégrade l’homme : la guerre, la corrida, la chasse, l’alcool, le tabac, la violence faite aux humbles. Son credo : le respect de la vie sous toutes ses formes1. » Continuer à lire … « Théodore Monod et le respect de la vie, plus que jamais d’actualité pour bâtir le monde d’après… »

Après le discours du pape François : Pour un désarmement nucléaire unilatéral de la France

Le pape François, dans ses récents discours à Nagasaki et Hiroshima, a fermement condamné la possession de l’arme nucléaire. Pas seulement l’emploi éventuel, comme l’avaient fait ses prédécesseurs, mais la possession, considérant qu’elle est “un crime contre l’homme et sa dignité, mais aussi contre toute possibilité d’avenir dans notre maison commune”. Cette prise de position du pape est historique. Elle invite chaque Etat détenteur de l’arme nucléaire à se poser la question de son maintien, tant les armes nucléaires font peser un danger mortel sur l’avenir de l’humanité.  Continuer à lire … « Après le discours du pape François : Pour un désarmement nucléaire unilatéral de la France »