L’idéal de la non-violence revisité par Judith Butler

9782213717302_1_75Judith Butler (1956 – ) est une philosophe américaine, connue dans le monde entier pour ses travaux sur le genre. Elle est professeur à l’université Berkeley depuis 1993. Depuis plusieurs années, elle développe une réflexion qui vise à renouveler l’idéal de la non-violence. Dans son nouvel ouvrage La force de la non-violence : une obligation éthico-politique (édité en France par Fayard), elle expose sa vision éthique et politique de la non-violence et « propose de constituer la non-violence comme nouvel imaginaire politique ». Nous venons de le lire.
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Aux sources de la non-violence : l’ahimsa

ahimsa

Le 2 octobre (jour de la naissance de Gandhi) est la journée internationale de la non-violence. A l’approche de cette date décrétée par l’ONU, il m’a paru utile de rappeler que l’une des sources de la philosophie de la non-violence se trouve dans l’ahimsa qui est un terme sanskrit employé dans la littérature jaïniste, hindouiste et bouddhique. C’est d’ailleurs très probablement dans le jaïnisme que le concept d’ahimsa a émergé et s’est développé jusqu’à influencer d’autres spiritualités comme le bouddhisme et l’hindouisme. Essayons de clarifier le sens de ce terme que Gandhi traduira en anglais par « non-violence ».

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Résister à la déshumanisation de l’école

Couv réduitePratiques managériales, autoritarisme, répression, l’école de la République est attaquée dans ses fondements.
Plus de dix ans après l’émergence d’un spectaculaire mouvement de désobéissance pédagogique chez les professeurs des écoles, Alain Refalo reprend la plume pour alerter ses collègues sur la déshumanisation de l’école. Et légitimer à nouveau la résistance pédagogique.

Un livre de combat pour imaginer et construire une école qui fait enfin confiance à ses enseignants. Continuer à lire … « Résister à la déshumanisation de l’école »

Le pouvoir de la non-violence (3) : Les leçons de la lutte exemplaire du Larzac (1971 – 1981)

Larzac50 ans plus tard, la lutte des paysans du Larzac (1971-1981) contre l’extension du camp militaire demeure assurément emblématique et particulièrement exemplaire. A cette époque, on a voulu chasser des paysans vivant sur le plateau du Larzac, en Aveyron, pour que leur terre permette l’extension d’un camp de manoeuvres militaires qui préparent la guerre. Des champs cultivés pour la vie devaient se transformer en camps d’entraînement pour la mort. La symbolique extraordinaire de cette décision gouvernementale, annoncée un soir à la télévision par le ministre de la Défense en octobre 1971, a généré le plus puissant mouvement de résistance à la militarisation que la Ve République ait connu. Continuer à lire … « Le pouvoir de la non-violence (3) : Les leçons de la lutte exemplaire du Larzac (1971 – 1981) »

Le pouvoir de la non-violence (2) : Pourquoi la résistance civile est efficace

Pouvoir-de-la-non-violenceIls sont rares les ouvrages de recherche en langue anglaise sur la non-violence à être traduits et publiés en France. L’éditeur Calmann Lévy l’a fait pour le livre Why civil resistance works (2011) des deux chercheuses américaines en sciences politiques Erica Chenoweth et Maria J. Stephan. Cet ouvrage remarqué et plusieurs fois primé aux Etats-Unis est publié sous le titre Pouvoir de la non-violence : Pourquoi la résistance civile est efficace, avec une préface de Jacques Sémelin. Continuer à lire … « Le pouvoir de la non-violence (2) : Pourquoi la résistance civile est efficace »

Le pouvoir de la non-violence (1) : Hannah Arendt

"Hannah Arendt, German philosopher and writer."
« Hannah Arendt, German philosopher and writer. »

Le pouvoir et la violence, dans l’opinion commune, semblent liés au point de ne former qu’un. Nous sommes convaincus que la violence crée le pouvoir et que le pouvoir, pour se maintenir, a besoin de la violence. Parler d’un « pouvoir de la non-violence » peut ainsi apparaître totalement incongru, tant nos représentations du pouvoir, mais aussi de la non-violence, ne laissent envisager qu’une forme de pouvoir, celle qui a la légitimité de l’usage de la violence, tandis que la non-violence serait incapable de créer le moindre pouvoir de par l’image de faiblesse à laquelle elle renvoie. La philosophe Hannah Arendt nous propose une autre vision qu’il m’a paru utile de présenter, alors qu’un livre important dont nous reparlerons prochainement, vient d’être publié sous le titre Pouvoir de la non-violence : Pourquoi la résistance civile est efficace de Erica Chenoweth et Maria J. Stephan (chez Calmann Lévy).
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Le déshonneur de l’Etat nucléaire

nucleaire-20130706Entre 1960 et 1996, la France a procédé à 210 essais nucléaires atmosphériques ou souterrains en Algérie et en Polynésie française. La France a toujours nié et caché les conséquences sanitaires et environnementales de ces essais. Tout particulièrement, le niveau réel de radioactivité à laquelle la population de Polynésie française a été exposée pendant trente ans a été largement sous-évalué. Continuer à lire … « Le déshonneur de l’Etat nucléaire »

La France participe à la militarisation de l’espace

Le Président de la République était à Toulouse hier pour assister à un exercice de simulation militaire spatial à l’échelle européenne. A Toulouse, car c’est là qu’est basé le nouveau commandement militaire de l’espace, inauguré le 8 septembre 2019. Cet exercice appelé « AsterX » s’inscrit dans la stratégie spatiale de défense de la France. Mais il faut nommer les choses par leur nom : la France participe à la militarisation de l’espace par des choix clairement assumés depuis 2019.
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La violence détruit le mouvement social

Il est temps d’ouvrir les yeux et de dénoncer ce qui ne peut être justifié. Encore une fois, lors d’une manifestation légitime qui avait vocation à être pacifique afin que ses slogans soient bien entendus par l’opinion publique et par le pouvoir d’Etat, une minorité a détruit le potentiel revendicatif exprimé par les manifestants. Samedi 5 décembre, comme le samedi précédent, la manifestation contre la loi de sécurité globale a été détournée de son sens, elle a été pourrie de l’intérieur par une minorité d’irresponsables, qu’ils se nomment blackblocs ou autres, peu importe. L’heure n’est plus à l’excuse, car il n’y en a pas à l’endroit de ceux qui n’ont rien à voir avec le mouvement social. Ces gens-là, disons-le sans détour, avant d’être des ennemis (illusoires) de l’Etat, sont d’abord des ennemis réels du mouvement social. Continuer à lire … « La violence détruit le mouvement social »

Graines de non-violence chez les précurseurs de l’anarchisme : Godwin, Bellegarrigue et Proudhon

La critique et la contestation de l’Etat sont constitutifs de la matrice de l’anarchisme qui dénonce l’ordre social fondé sur les institutions de la violence tout en plaidant pour une société basée sur la liberté et l’autonomie des citoyens. Tout au long de son histoire, le mouvement anarchiste a été traversé par de multiples débats sur la fin et les moyens. Par quels moyens faut-il lutter pour faire advenir une société sans Etat ? Peut-on, et dans quels cas, utiliser la violence qui est le moyen légitime de l’Etat ? Ne risque-t-on pas de trahir l’idéal anarchiste en ayant recours à la violence ? La non-violence n’est-elle pas finalement le moyen le plus adéquat pour défendre les valeurs de liberté et de justice que défendent les anarchistes ? Continuer à lire … « Graines de non-violence chez les précurseurs de l’anarchisme : Godwin, Bellegarrigue et Proudhon »