Evaluations nationales à l’école : comment nous les avons sabotées il y a dix ans…

La semaine dernière, les appels se sont multipliés pour dénoncer les évaluations nationales imposées aux enseignants de CP et CE1 avec diverses modalités d’action de résistance allant du refus de la passation à la non remontée des résultats. C’est certainement la grande victoire des enseignants-désobéisseurs de 2008-2009 que de constater que le boycott s’est imposé d’emblée comme la réponse la plus pertinente à cette nouvelle tentative d’instaurer à terme la mise en concurrence artificielle des établissements scolaires du primaire. Retour sur quelques faits saillants de la résistance pédagogique aux évaluations nationales depuis 2008.  Lire la suite

Evaluations à l’école : Face aux tentatives de caporalisation des enseignants, la résistance collective s’impose ! Appel aux syndicats.

« Le professeur des écoles ne saurait être un simple exécutant : à partir des objectifs nationaux, il doit inventer et mettre en œuvre les situations pédagogiques qui permettront à ses élèves de réussir dans les meilleures conditions » (Préambule aux programmes de 2008… en contradiction avec les circulaires prescriptives adossées à ces mêmes programmes que la profession avait alors massivement refusées).

Nous voici retourné dix ans en arrière… L’institution scolaire revient aux vieux démons que Darcos et Chatel n’avaient pas réussi à imposer dans la durée : le pilotage par les « résultats », le classement des établissements scolaires et leur mise en concurrence, et à terme, la prime au mérite des enseignants. Avec un outil imposé autoritairement aux professeurs des écoles : des évaluations nationales standardisées, vides de sens, qui alimenteront les fichiers informatisés dont nous savons qu’à terme, ils serviront à notre propre perte, morale et professionnelle. Car au bout du bout, ce sera le bachotage permanent, la préparation aux tests, la compétition des uns contre les autres, l’individualisme triomphant, le stress incessant et le renforcement des inégalités entre les écoles. Lire la suite

Faire le choix de la non-violence : une force pour agir dans la dignité et avec efficacité !

La question de la non-violence revient au coeur des préoccupations militantes. Malgré la publication récente du très mauvais livre de Peter Gelderloos qui, avec des arguments fallacieux et de nombreuses contre-vérités historiques, a cherché à discréditer l’action non-violente pour mieux réhabiliter la violence dans les luttes sociales, il n’en reste pas moins vrai que la tendance lourde demeure, au coeur des mouvements sociaux, écologistes et pour les droits humains à l’investissement dans les potentialités de la non-violence. Alors que nous célébrons ces jours-ci le 50ème anniversaire de la résistance civile du peuple tchécoslovaque face aux chars du Pacte de Varsovie, résistance dont le journaliste Michel Tatu avait pu à l’époque constater de visu « l’étonnante efficacité », deux magazines d’horizons très différents consacrent un dossier à la force de l’action non-violente. Lire la suite

Un jalon dans l’histoire de la non-violence : la « Lettre à un Hindou » de Léon Tolstoï (1908)

A la fin de l’année 1908, un étudiant hindou, Taraknath Das qui édite aux Etats-Unis une revue intitulée L’Inde libre, écrit à Tolstoï pour recueillir auprès de lui quelques paroles de soutien à ses idées révolutionnaires. Il préconise le recours à la violence pour libérer l’Inde de la domination britannique. Tolstoï lui répond le 14 décembre 1908 en dénonçant les justifications « scientifiques » et « religieuses » de la violence qui aveugle la « majorité malheureuse ». Cette lettre deviendra la « Lettre à un Hindou », dans laquelle Tolstoï oppose à la révolte armée l’arme de la non-coopération. Lire la suite

Pétition pour la suppression du défilé militaire du 14 juillet

Chaque année, à l’occasion de la fête nationale, le peuple est convié à venir admirer la parade des hommes vêtus d’un uniforme qui ont fait « le choix » de consacrer leur vie à l’institution militaire. Mais cette parade est aussi celle de centaines d’engins de mort, de chars, de missiles que notre pays se glorifie d’exporter aux quatre coins du monde pour le plus grand malheur des peuples qui souffrent quotidiennement de la guerre et du terrorisme.

La France est le seul pays en Europe qui maintient un tel défilé militaire qui, par ailleurs; constitue un gaspillage financier inacceptable dans un contexte de grande restriction budgétaire. Les autres pays où une telle parade a encore lieu sont des dictatures. Ce spectacle indécent et immoral, qui rend un culte aux armes de guerre, est indigne d’un pays qui prétend être fidèle aux valeurs de la fraternité, de la liberté et de la paix. Il symbolise la culture de la violence et de la guerre qui domine encore et toujours nos civilisations. Il est contraire à l’aspiration légitime des peuples à la paix.

« Quand j’entends les talons qui claquent, je vois les cerveaux qui se ferment », affirmait en connaissance de cause le maréchal Lyautey. Une démocratie digne de ce nom ne saurait perpétuer une parade qui, plus que tout, symbolise l’obéissance inconditionnelle et l’abdication des forces de la raison et de la conscience. La fête nationale devrait être l’occasion privilégiée de revisiter les fondements de notre vivre ensemble sous la bannière des valeurs de la République. Cela aurait infiniment plus de sens que de subir passivement une parade militaire d’un autre âge.

Les soussignés demandent au président de la République de supprimer le défilé militaire du 14 juillet et lui proposent de le remplacer par un rassemblement populaire pour la promotion d’une culture de la paix et de la non-violence.

Pour signer la pétition : https://www.change.org/p/pour-la-suppression-du-défilé-militaire-du-14-juillet 

Lire aussi notre article : Défilé militaire : faut-il applaudir les engins de mort ? 

Colomiers : la mairie veut vendre Belcaire…

Lors du dernier conseil municipal (lundi 18 juin), je suis intervenu à l’occasion de la délibération sur le devenir du centre de vacances de Belcaire (situé dans l’Aude) qui autorise la maire à prospecter en vue de vendre cet ensemble immobilier qui a vu passer des générations d’enfants columérins durant des séjours d’été mémorables. C’était l’occasion de faire le lien avec le sentiment de perte d’identité que ressentent beaucoup de columérins du fait de l’évolution de leur ville.  Lire la suite

Vers une France au garde à vous ?

Régression des libertés, répression disproportionnée des manifestations, retour du service national, uniformes à l’école, la France de Macron dérive ostensiblement vers une France au garde à vous. Il est temps de sonner l’alarme, non pas le clairon, mais l’alarme citoyenne pour enrayer la machine étatique à produire de l’obéissance inconditionnelle et par conséquent de la résignation complice des injustices économiques et sociales.

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La non-violence dans la révolution syrienne

Nous l’avons oublié, mais la Syrie a connu dès le printemps 2011 l’un des plus importants mouvements populaires non-violents que l’histoire ait connus. L’irruption de cette résistance civile, après la chute des dictateurs en Tunisie et en Egypte, avait stupéfié le monde. Durant des mois et des mois, chaque semaine, le peuple syrien a manifesté à mains nues, sans violence, tout en subissant la répression la plus féroce qu’il soit de la part du régime syrien. Malgré les blessés, les morts, les arrestations et les tortures, ils ont maintenu de façon héroïque l’option de la non-violence parce qu’ils étaient convaincus qu’on ne pouvait construire la démocratie avec des armes qui la renient. Ce peuple savait que le recours à la violence les entraînerait vers un désastre. Ils étaient lucides, tragiquement lucides… Lire la suite