Il faut savoir reconnaître les évolutions lorsqu’elles se produisent, y compris là où on ne les attendait pas nécessairement. Depuis plusieurs jours, alors que la mobilisation des lycéens s’est accompagnée ici et là d’incendies, de dégradations et d’affrontements avec les forces de l’ordre, Jean-Luc Mélenchon et plusieurs responsables de La France insoumise ont appelé explicitement les jeunes mobilisés à recourir à des « méthodes de lutte non violentes ». Les mots méritent d’être entendus lorsqu’ils sont prononcés par des personnes d’un mouvement qu’on accuse par ailleurs de « jeter de l’huile sur le feu » ou même de « sédition ».
Lire la suiteQuand la République envoie la police à sa jeunesse

Il y a quelque chose de profondément inquiétant et révoltant dans les images qui nous parviennent depuis quelques jours des lycées français. Des adolescents manifestent devant leur établissement. Et que voit-on ? Face à eux, des policiers en tenue antiémeute, avec matraques et grenades lacrymogènes. Et des centaines d’interpellations. À Saint-Ouen-l’Aumône, un lycéen a été grièvement blessé au visage par le tir d’un lance-grenade policier. Une enquête de l’IGPN a été ouverte.
Le social, un chantier pour la non-violence

Le nouveau numéro d’Alternatives non-violentes, paru en septembre 2026, ouvre un chantier encore peu exploré : celui de l’intervention sociale pensée à partir de la non-violence. Sous le titre « Le social, un chantier pour la non-violence », le dossier part d’un constat simple : si la non-violence est volontiers associée aux luttes politiques, elle l’est beaucoup moins au travail social. Pourtant, les institutions sociales et médico-sociales sont des lieux où se croisent vulnérabilités, conflits, contraintes, rapports de pouvoir et parfois violences institutionnelles.
Désobéir pour défendre la démocratie ?

Marine Tondelier a déclaré qu’en cas de victoire du Rassemblement national à l’élection présidentielle, elle espérait des actes de désobéissance civile auxquels elle serait elle-même prête à participer. Aussitôt, elle fut accusée de refuser le verdict des urnes. Pourtant, il est des circonstances où désobéir au pouvoir ne signifie pas refuser la démocratie, mais empêcher qu’elle soit vidée de sa substance.
Quand la guerre déshumanise aussi celui qui se défend

Le 14 août dernier, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré attendre qu’« au moins 30 000 occupants soient éliminés » au cours du mois d’août. Quelques jours auparavant, il s’était félicité que 30 272 soldats russes aient été mis hors de combat en juillet par les seuls drones ukrainiens. Ce chiffre, précisait-il, incluait les morts et les blessés graves et ne retenait que les cas attestés par des images. Au début de l’année, le ministre ukrainien de la Défense avait fixé un objectif encore plus effrayant : parvenir à « éliminer » 50 000 soldats russes chaque mois.
Au Liban, la justice ne tuera plus
L’aboutissement d’un combat non-violent porté durant près de trente ans par Ogarit Younan et Walid Slaybi.

Le 11 août 2026 restera une date majeure dans l’histoire du Liban et dans celle du combat universel pour les droits humains. Ce jour-là, le Parlement libanais a adopté la loi abolissant la peine de mort pour tous les crimes. Son premier article tient en une phrase d’une admirable netteté : « La peine de mort est abolie de toutes les lois libanaises. » Les condamnations déjà prononcées devront être commuées en peines de réclusion à perpétuité.
Le texte doit encore être promulgué par le président Joseph Aoun et publié au Journal officiel pour entrer en vigueur, mais la décision politique et législative est désormais acquise.
Lire la suiteGandhi face à la modernité : une uchronie pour penser notre avenir

A propos de l’ouvrage Gandhi La solution est en nous de Freddy Stoof et Louis Campana, illustration de Marc Ingrand. Association Gandhi International.
Et si le XXᵉ siècle avait écouté Gandhi ? Et si l’humanité avait choisi une autre voie que celle de la puissance militaire, de la croissance sans limites et de la domination technologique ? C’est à partir de cette question vertigineuse que cet ouvrage original propose une réflexion aussi stimulante qu’inattendue sur notre rapport à la modernité.
Le jour où l’extrême droite a gagné deux fois

Il est des jours qui condensent une époque. Le mardi 7 juillet 2026 restera peut-être comme l’un de ceux-là. Deux événements, apparemment distincts, se sont télescopés en quelques heures. Leur rapprochement dessine un paysage politique suffisamment inquiétant pour que nous refusions de détourner le regard.
Le sourire de Mbappé

Nombreux sont ceux qui ont salué l’attitude exemplaire de Kylian Mbappé lors du match de coupe du monde de football France – Paraguay, samedi dernier. Dans un contexte d’adversité brutale, le capitaine de l’équipe de France a répondu aux provocations par le calme, le sourire et l’absence de tout geste violent. Certains ont même reconnu qu’à sa place, dans le même contexte, ils n’auraient peut-être pas su résister à la tentation de rendre coup pour coup. C’est dire la grande maîtrise de soi dont il a fait preuve.
Et si l’un des laboratoires contemporains de la non-violence se trouvait en Afrique ? Un dossier de la revue Alternatives Non-Violentes

Il existe des continents prisonniers des récits que nous fabriquons sur eux. L’Afrique est de ceux-là. Dans l’imaginaire médiatique occidental, elle demeure trop souvent associée aux guerres, aux coups d’État, aux conflits ethniques, à la corruption, aux migrations forcées ou aux crises humanitaires. Comme si l’histoire africaine contemporaine ne pouvait être racontée qu’à travers le prisme de la violence, du chaos ou de la dépendance.
Lire la suiteLa République à l’épreuve de la non-violence

À l’heure où s’ouvre une nouvelle séquence présidentielle, les débats publics risquent une fois encore de contourner une question essentielle : notre République est-elle encore à la hauteur de sa promesse démocratique ? À partir d’une lecture non-violente des institutions, des inégalités, de la démocratie et même de notre modèle de défense, cet article propose une réflexion sur les contours possibles d’une République plus démocratique, sociale, écologique et fraternelle.
Lire la suiteEdgar Morin, compagnon de pensée

Il est des penseurs qui nous accompagnent toute une vie. Edgar Morin fut pour moi de ceux-là. À l’heure où nous apprenons sa disparition, je veux rendre hommage à ce compagnon de pensée.
Ma rencontre avec son œuvre remonte au collège. Je me souviens encore de la fascination éprouvée à la lecture de La rumeur d’Orléans (1969), dont nous avions étudié des extraits en classe de 3ème. Ce livre m’avait profondément marqué.

