Aux sources de la non-violence : l’ahimsa

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Le 2 octobre (jour de la naissance de Gandhi) est la journée internationale de la non-violence. A l’approche de cette date décrétée par l’ONU, il m’a paru utile de rappeler que l’une des sources de la philosophie de la non-violence se trouve dans l’ahimsa qui est un terme sanskrit employé dans la littérature jaïniste, hindouiste et bouddhique. C’est d’ailleurs très probablement dans le jaïnisme que le concept d’ahimsa a émergé et s’est développé jusqu’à influencer d’autres spiritualités comme le bouddhisme et l’hindouisme. Essayons de clarifier le sens de ce terme que Gandhi traduira en anglais par « non-violence ».

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La violence détruit le mouvement social

Il est temps d’ouvrir les yeux et de dénoncer ce qui ne peut être justifié. Encore une fois, lors d’une manifestation légitime qui avait vocation à être pacifique afin que ses slogans soient bien entendus par l’opinion publique et par le pouvoir d’Etat, une minorité a détruit le potentiel revendicatif exprimé par les manifestants. Samedi 5 décembre, comme le samedi précédent, la manifestation contre la loi de sécurité globale a été détournée de son sens, elle a été pourrie de l’intérieur par une minorité d’irresponsables, qu’ils se nomment blackblocs ou autres, peu importe. L’heure n’est plus à l’excuse, car il n’y en a pas à l’endroit de ceux qui n’ont rien à voir avec le mouvement social. Ces gens-là, disons-le sans détour, avant d’être des ennemis (illusoires) de l’Etat, sont d’abord des ennemis réels du mouvement social. Continuer à lire … « La violence détruit le mouvement social »

La non-violence : une nouvelle définition

Cette nouvelle définition de la non-violence sera publiée prochainement (début 2021) dans le Dictionnaire d’anthropologie prospective, publié par l’éditeur Vrin. Je l’ai rédigée dans le cadre de mes recherches lexicologiques et sémantiques sur le mot “non-violence” qui devraient aboutir à la publication d’un ouvrage, avec le concours de l’Institut de recherche sur la Résolution Non-violente des Conflits (IRNC). Les références entre parenthèses renvoient à la bibliographie qui suit l’article. Comme toute définition, celle-ci est bien entendu sujette au débat et à l’échange constructif.  Continuer à lire … « La non-violence : une nouvelle définition »

Non-violence et décroissance : essai de convergence en quelques mots

Tout comme la décroissance, la non-violence est un processus, un chemin et non pas une finalité, encore moins un dogme. Les deux mots « non-violence » et « décroissance », que nous associons volontiers, sont des termes « négatifs » qui existent par ce à quoi ils s’opposent directement : la violence et la croissance. Ils permettent de nommer clairement la démarche de rupture engagée avec l’ordre établi, qu’il soit politique ou économique. Les deux mots expriment la décision et la volonté de sortir des logiques oppressives et mortifères qui fondent les systèmes dominants. Continuer à lire … « Non-violence et décroissance : essai de convergence en quelques mots »

18 avril 1919, Gandhi forge le mot « non-violence », traduction de « ahimsa »

Nous sommes en février 1919. Gandhi est rentré d’Afrique du Sud depuis près de cinq ans. Il a expérimenté avec succès le satyagraha, forme de résistance civile où la désobéissance aux lois injustes tient une place centrale. Sa notoriété est déjà grande en Inde. Le gouvernement britannique envisage de promulguer les lois « Rowlatt » qui prévoient d’autoriser l’arrestation et l’emprisonnement, sans procès, des « agitateurs »; ainsi sont désignées toutes les personnes soupçonnées de porter atteinte à la sécurité de l’Etat. Pour Gandhi, ces lois remettent en cause les principes élémentaires de justice et les libertés civiques. Il estime impossible que le peuple s’y soumette. Continuer à lire … « 18 avril 1919, Gandhi forge le mot « non-violence », traduction de « ahimsa » »

A propos d’une citation faussement attribuée à Gandhi… « D’abord ils vous ignorent, ensuite il vous raillent, ensuite ils vous combattent et enfin, vous gagnez »

Dans son émission « Le vrai du faux » sur France info (27 mars), le journaliste Antoine Krempf fait remarquer que de nombreux responsables politiques utilisent une fausse citation de Gandhi. Il fait notamment référence à Nicolas Dupont Aignan qui, la veille, déclarait sur Europe 1, à propos de ses chances pour les élections européennes : « Il y a une très belle phrase de Gandhi : Au début, ils vous ignorent, ensuite ils se moquent de vous, après ils vous combattent et enfin, vous gagnez« . Visiblement fier d’enrôler le libérateur de l’Inde sous sa bannière et ne doutant pas de sa capacité à faire un bon score, il ajoutait : « J’en suis au stade où ils m’ont ignoré pendant beaucoup d’années, ils se sont moqués de moi et ils me combattent. C’est très bon signe, je le prends comme honneur ».  Continuer à lire … « A propos d’une citation faussement attribuée à Gandhi… « D’abord ils vous ignorent, ensuite il vous raillent, ensuite ils vous combattent et enfin, vous gagnez » »

Il y a 70 ans, Paul Ricoeur soulignait l’efficacité de la non-violence dans l’histoire

En février 1949, le philosophe Paul Ricoeur publie dans la revue Esprit un article intitulé « L’homme non-violent et sa présence à l’histoire1 » qui connait une large audience. Cet article de Ricoeur fait suite à la publication par Arthur Koestler de Le yogi et le Commissaire2 dont il a donné une longue recension critique en janvier 1949 dans la revue Christianisme social sous le titre « Le yogi, le commissaire et le prophète ». Dans cet article de février 1949, Paul Ricoeur se demande « à quelles conditions le non-violent peut-il être autre chose qu’un yogi au sens de Koestler, qu’un pur en marge de l’histoire ?3 » Cette question, Paul Ricoeur se la pose, en étant d’emblée convaincu qu’ « il y a une valeur possible de la non-violence ou de formes non-violentes de résistance ». Continuer à lire … « Il y a 70 ans, Paul Ricoeur soulignait l’efficacité de la non-violence dans l’histoire »

Comment Martin Luther King a découvert la non-violence

On a souvent demandé à Martin Luther King comment il en était arrivé à adopter la philosophie et la stratégie de la non-violence. C’est dans son premier ouvrage, Combats pour la liberté (1958), publié après le mouvement de boycott des bus de Montgomery qui aboutit à la fin de la ségrégation raciale dans les transports publics, que King raconte son itinéraire vers la non-violence. Un itinéraire intellectuel qui devait aboutir à une puissante conviction éthique et un engagement dans la résistance non-violente tout à fait exceptionnel qui inspirent encore aujourd’hui les jeunes générations en résistance contre la prolifération des armes à feu aux Etats-Unis. Alors que nous fêtons le 50ème anniversaire de sa mort, le 4 avril 1968, le cheminement de King vers la non-violence représente un message fort qui interpelle les consciences qui veulent sortir de la spirale suicidaire de la violence. Continuer à lire … « Comment Martin Luther King a découvert la non-violence »

Hommage à Gene Sharp, inspirateur de révolutions non-violentes

Gene Sharp est décédé le 28 janvier 2018. On le surnommait parfois le « machiavel de la non-violence » ou le « Clausewitz de la guerre non-violente ». Pendant plus de soixante ans, il a mené des recherches sur les stratégies non-violentes contre les dictatures et les pouvoirs oppressifs. Ses ouvrages ont influencé de nombreux citoyens aux quatre coins du monde et il a inspiré quantité de mouvements pour la démocratie en Europe de l’Est (révolutions de velours), en Serbie, en Ukraine (révolutions de couleurs), mais aussi dans les pays arabes en 2011. Son manuel « De la dictature à la démocratie«  (1993) a été publié et traduit en 34 langues. Continuer à lire … « Hommage à Gene Sharp, inspirateur de révolutions non-violentes »

« La violence juste n’existe pas : Oser la non-violence », le dernier ouvrage de Jean-Marie Muller

La publication de cet ouvrage n’est pas seulement un nouveau livre de Jean-Marie Muller sur la non-violence, mais l’invitation à une large réflexion qui s’inscrit dans une actualité récente qui a vu l’Eglise « bouger » sur cette question. Ainsi, il y a un an, nous nous faisions l’écho du message du Pape François qui, lors de la journée mondiale pour la paix le 1er janvier 2017, avait délivré un important discours pour promouvoir la non-violence en tant que « style de vie ». (voir ici). « Depuis le niveau local et quotidien jusqu’à celui de l’ordre mondial, écrivait le Pape, puisse la non-violence devenir le style caractéristique de nos décisions, de nos relations, de nos actions, de la politique sous toutes ses formes ! » Cette allocution étonnante du pape au monde constituait une première dans l’histoire de l’Eglise. Car n’oublions pas que celle-ci n’a toujours pas renoncé officiellement à la théorie funeste de la guerre juste qui prévaut depuis des siècles. A rebours de cette doctrine, dans son message, le pape faisait l’éloge de l’action non-violente, en tant que force qui a déjà « donné des résultats impressionnants ». Continuer à lire … « « La violence juste n’existe pas : Oser la non-violence », le dernier ouvrage de Jean-Marie Muller »