Lors de la campagne des municipales de 2014, la majorité au pouvoir à Colomiers fustigeait l’idée d’une police municipale à Colomiers. Elle ironisait sur les positions soit disant électoralistes et démagogues de ses concurrents, à gauche et à droite, qui préconisaient la création d’une telle police dans la deuxième ville de la Haute-Garonne. « La police municipale est une illusion », déclarait même le futur maire-adjoint à la sécurité. En réalité, l’idée d’une police municipale pointait tout naturellement du doigt la nécessité de prendre en compte la montée de la délinquance, des incivilités et des cambriolages à Colomiers, ce qui était nié à l’époque par ceux qui sont au commande aujourd’hui. Pour des raisons électorales et démagogues, la montée de l’insécurité était tout simplement occultée en 2014 par l’actuelle maire. Lire la suite
Archives pour la catégorie Non-violence
Que dirait Léon Tolstoï à la jeunesse d’aujourd’hui indignée par les violences policières ?
Remarque : La plupart des phrases de cette lettre imaginaire sont extraites, adaptées ou inspirées des ouvrages de Léon Tolstoï, notamment Le Royaume des cieux est en vous (1893), édité au Passager Clandestin (2010). AR
Chers frères,
Je ne puis plus me taire ! Comme vous, je suis bouleversé par la brutalité de la répression que vous subissez lors de vos manifestations contre cette loi indigne sur le travail et vos occupations sur des sites menacés par des projets démesurés qui saccagent la nature, notre bien commun. Il y a plus d’un an, l’un des votres est mort de cette violence aveugle de l’Etat que je n’ai cessé de dénoncer durant les trente dernières années de ma vie. Lire la suite
A propos d’une affiche de la CGT sur les violences policières : le courage de la vérité
Il faut souligner le courage de la CGT-Info’Com dans cette affaire. Seule la vérité dérange, semble-t-il, à en juger par les cris d’orfraie de la classe politique, les concerts d’hypocrisies de l’institution policière et de ses syndicats et la condamnation quasi unanime des médias. Peut-on dans ce pays dénoncer les violences le plus souvent disproportionnées de la police, violences d’une institution de l’Etat dont la fonction première devrait être, comme l’affirme l’affiche, de protéger les citoyens et non de les frapper ? La liberté d’expression, tant célébrée après Charlie, a des limites. En France, on ne touche pas à la police, comme on ne touche pas à l’armée… Notre pays demeure un pays qui, intrinsèquement, ne supporte pas la remise en cause de ses institutions, la défiance envers ceux qui nous gouvernent et la désobéissance civile aux lois injustes. Lire la suite
13 novembre. Après Paris, l’impératif d’une résistance fraternitaire
Après l’attentat d’Oslo et le massacre d’Utoya en juillet 2011, Jens Stoltenberg, le premier ministre norvégien, avait déclaré : « Vous ne détruirez pas la démocratie et notre travail pour un monde meilleur. Nous allons répondre à la terreur par plus de démocratie, plus d’ouverture, plus de tolérance ». Ce courageux message doit nous inspirer. Il doit nous inspirer pour que nous sachions maintenir la flamme fragile de l’espérance dans ce monde qui n’en finit pas de montrer sa face la plus hideuse. Lire la suite
Le respect de l’animal, un enjeu de civilisation
Invité récemment à donner une conférence sur la question du respect de l’animal (Carcassonne, 26 septembre 2015, Forum « La non-violence un art de vivre »), j’ai travaillé à partir de plusieurs ouvrages dont trois particulièrement m’ont aidé à clarifier ma réflexion et réaliser mon exposé. Il s’agit de Plaidoyer pour les animaux (2014) de Matthieu Ricard, Les animaux aussi ont des droits (ouvrage collectif avec des contributions de Peter Singer, Elisabeth de Fontenay et Boris Cyrulnik, 2013) et Voir son steack comme un animal mort (2015) de Martin Gilbert. J’ai largement emprunté à ces ouvrages pour écrire ce texte. Lire la suite
Notre Dame des Landes, Sivens : Manuel Valls, l’attiseur de violence
Jeudi 16 octobre, lors des questions au Sénat, le premier ministre a affirmé à propos de l’aéroport de Notre Dame des Landes : « ce projet nous le soutenons, il se fera », assurant que « l’Etat ne cèdera jamais face aux intimidations d’une minorité d’individus ultra-violents ». Droit dans ses bottes, il a ajouté : « notre pays est un Etat de droit. Une fois que la justice a tranché, ces décisions doivent être mises en oeuvre et le gouvernement ne peut pas accepter qu’une minorité d’opposants radicalisés fassent obstacle à l’intérêt général et à l’application des décisions de justice ».
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COP 21 : réussir la mobilisation citoyenne par la non-violence
A l’occasion de la COP 21 à Paris, de nombreuses organisations et associations se rassemblent pour réussir la mobilisation citoyenne. S’il faut attendre peu des résultats de la conférence officielle, il est décisif que la société civile soit au rendez-vous de cet événement majeur et montre sa détermination à enclencher, ici et maintenant, des processus de transformation écologique sans attendre les éventuelles décisions des chefs d’Etat. A cet égard, il est essentiel que cette mobilisation ne soit pas parasitée par des actes de violence, aussi inutiles que stupides, mais qu’elle s’inscrive dans une stratégie de lutte non-violente susceptible de renforcer l’adhésion de l’opinion publique. Lire la suite
Hommage à Albert Schweitzer, précurseur de la non-violence, homme de paix, défenseur des animaux
Il y a 50 ans, le 4 septembre 1965 s’éteignait Albert Schweitzer à Lambaréné au Gabon. Cet homme a consacré son existence à la défense de la vie, sous toutes ses formes. Pasteur, théologien, médecin, philosophe, musicologue, militant pour la paix et la cause animale, il était avant tout un homme libre. Prix Nobel de la paix en 1952, son message était universel et il ne cessa de chercher à mettre en pratique ses idéaux. C’était un « idéaliste pratiquant », défrichant les chemins étroits entre entre « le juste » et « l’utile ». Lire la suite
Affaire Greenpeace : raison d’Etat contre non-violence
C’était il y a trente ans, le 10 juillet 1985. Un bateau de Greenpeace, le Rainbow Warrior, amarré dans le port d’Auckland en Nouvelle Zélande, subissait deux explosions, dont la seconde tuera le photographe Fernando Pereira. L’association écologiste s’apprêtait à mener une vaste campagne d’opposition aux essais nucléaires français dans le Pacifique. L’Etat français ne pouvait accepter la remise en cause d’une politique basée sur le « prestige » que confère la détention de l’arme nucléaire. Il décida alors d’engager les services secrets de la DGSE dans une opération visant à faire taire les écologistes. Avec des bombes pour « neutraliser » un bateau contestataire, des bombes pour faire échouer une action non-violente d’écologistes qui ne pouvaient se résoudre à être complices du crime nucléaire ! Lire la suite
J’ai consulté mon fichier des Renseignements Généraux…
Il y a quelques mois, deux ans après avoir formulé une demande écrite à la CNIL, j’ai enfin pu avoir accès aux fichiers des services de l’Information Générale du ministère de l’intérieur (SDIG), ex service des Renseignements Généraux (RG), me concernant. Ce service a été rebaptisé en 2014 en Service Central de Renseignement Territorial (SCRT). Deux ans d’attente, à l’ère des technologies modernes, c’est particulièrement long !
Alors, dans un moment où des méthodes de renseignement particulièrement intrusives, notamment en direction des militants du mouvement social, sont en débat à l’Assemblée nationale, il m’a semblé de bonne guerre de faire connaître le contenu de ces fiches qui n’ont pas forcément vocation à être rendues publiques après une consultation qui, elle, est de droit. En effet, chaque citoyen a le droit d’accès à son dossier des « RG », en vertu d’un loi du 6 janvier 1978 (modifiée en août 2004) relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés.
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Martin Luther King, révolutionnaire non-violent
L’américaniste Sylvie Laurent vient de publier une « biographie intellectuelle et politique » (Seuil) sur Martin Luther King, dont le récent film « Selma » nous rapporte un épisode tragique et éloquent de son combat non-violent pour les droits civiques.
L’immense intérêt de cet ouvrage est de nous faire découvrir un homme qui était un véritable dissident dans son pays, un leader « radical et non-violent révolutionnaire ». En effet, au fil des ans, se sont imposées des représentations édulcorées de cette figure mythique. Les Américains ont oublié la radicalité de ses combats, tant par ses méthodes que ses finalités. Ils l’ont intégré comme un homme de réconciliation et d’unité nationale alors qu’il divisait fortement l’Amérique lorsqu’il défendait la cause de la communauté noire. Symbole de cette évolution, c’est Ronald Reagan, président conservateur s’il en fut, alors président des Etats-Unis, qui décréta en 1985 la journée fériée Martin Luther King, le 3ème lundi du mois de janvier. Lire la suite
Gardarem la Menuda ! Plaidoyer pour une résistance non-violente au projet de méga-centre commercial Val Tolosa
Depuis plus de 10 ans, des citoyens de l’agglomération toulousaine s’opposent avec détermination à l’implantation d’un hyper centre commercial, initialement « Les portes de Gascogne », aujourd’hui Val Tolosa, sur la commune de Plaisance du Touch. Tout récemment, à deux reprises, le collectif a su empêcher le démarrage de tra
vaux, décidés de façon illégale par le maire, sur la zone de la Ménude. Spontanément, plusieurs dizaines de personnes ont fait face aux engins, obligeant ainsi les ouvriers à rentrer chez eux. Ces deux premières victoires symboliques sont importantes. Elles renforcent notre détermination à ne rien céder sur le terrain. Et tout récemment, sur le plateau, une première formation à l’action non-violente a été organisée afin de se préparer aux prochaines mobilisations.
Ce projet démentiel de méga-centre commercial symbolise toute la violence du système économique mondialisé. L’ordre économique dominant, nous le savons, est profondément inégalitaire, inéquitable, injuste. Cet ordre dicté par la doctrine néolibérale s’appuie sur la libéralisation des échanges, la déréglementation et la privatisation du commerce international. Les entreprises transnationales, comme celle qui veut implanter ce centre commercial, exigent la libre circulation des marchandises, des investissements et des capitaux financiers. Le drame, c’est que le pouvoir politique est aujourd’hui impuissant à contrôler et réguler le pouvoir économique. C’est la démocratie qui est en danger car le pouvoir économique efface progressivement le pouvoir politique. Lire la suite
