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ous l’avons oublié, mais la Syrie a connu dès le printemps 2011 l’un des plus importants mouvements populaires non-violents que l’histoire ait connus. L’irruption de cette résistance civile, après la chute des dictateurs en Tunisie et en Egypte, avait stupéfié le monde. Durant des mois et des mois, chaque semaine, le peuple syrien a manifesté à mains nues, sans violence, tout en subissant la répression la plus féroce qu’il soit de la part du régime syrien. Malgré les blessés, les morts, les arrestations et les tortures, ils ont maintenu de façon héroïque l’option de la non-violence parce qu’ils étaient convaincus qu’on ne pouvait construire la démocratie avec des armes qui la renient. Ce peuple savait que le recours à la violence les entraînerait vers un désastre. Ils étaient lucides, tragiquement lucides… Lire la suite
Archives pour la catégorie Non-violence
Comment Martin Luther King a découvert la non-violence
On a souvent demandé à Martin Luther King comment il en était arrivé à adopter la philosophie et la stratégie de la non-violence. C’est dans son premier ouvrage, Combats pour la liberté (1958), publié après le mouvement de boycott des bus de Montgomery qui aboutit à la fin de la ségrégation raciale dans les transports publics, que King raconte son itinéraire vers la non-violence. Un itinéraire intellectuel qui devait aboutir à une puissante conviction éthique et un engagement dans la résistance non-violente tout à fait exceptionnel qui inspirent encore aujourd’hui les jeunes générations en résistance contre la prolifération des armes à feu aux Etats-Unis. Alors que nous fêtons le 50ème anniversaire de sa mort, le 4 avril 1968, le cheminement de King vers la non-violence représente un message fort qui interpelle les consciences qui veulent sortir de la spirale suicidaire de la violence. Lire la suite
Gandhi : de la « résistance passive » au satyagraha
Aujourd’hui encore, c’est souvent l’expression « résistance passive » qui est utilisée par les médias, et parfois par des associations, pour nommer un mouvement de résistance non-violente ou de désobéissance civile. Pourtant, cette expression ancienne, à forte connotation péjorative, comprend une contradiction irréductible : comment une résistance peut-elle être passive, alors que l’idée de résistance implique l’action ? Il semble bien que seule la résistance armée ou violente, pour l’idéologie dominante, puisse être considérée comme une résistance réellement active. Un petit retour en arrière permet de situer les enjeux de cette expression que Gandhi a lui-même utilisée avant de l’abandonner dès 1908… Lire la suite
Hommage à Gene Sharp, inspirateur de révolutions non-violentes
Gene Sharp est décédé le 28 janvier 2018. On le surnommait parfois le « machiavel de la non-violence » ou le « Clausewitz de la guerre non-violente ». Pendant plus de soixante ans, il a mené des recherches sur les stratégies non-violentes contre les dictatures et les pouvoirs oppressifs. Ses ouvrages ont influencé de nombreux citoyens aux quatre coins du monde et il a inspiré quantité de mouvements pour la démocratie en Europe de l’Est (révolutions de velours), en Serbie, en Ukraine (révolutions de couleurs), mais aussi dans les pays arabes en 2011. Son manuel « De la dictature à la démocratie« (1993) a été publié et traduit en 34 langues. Lire la suite
Martin Luther King et la désobéissance civile
Chaque année, le 3ème lundi du mois de janvier est un jour férié aux Etats-Unis. C’est le « Martin Luther King day », la journée Martin Luther King, en hommage au célèbre défenseur des droits civiques dans les années soixante. Observée pour la première fois en 1986, elle marque l’anniversaire de la naissance de Luther King (le 15 janvier 1929). Dans cet article, je voudrais exposer la pensée et l’action de Martin Luther King concernant la désobéissance civile. Loin de certaines images d’épinal qui ferait de King un doux rêveur (suite à son fameux discours « I have a dream »), il était surtout un homme profondément ancré dans les dures réalités de son temps, soucieux de résister efficacement par l’action non-violente aux injustices de la ségrégation raciale dans son pays.
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« La violence juste n’existe pas : Oser la non-violence », le dernier ouvrage de Jean-Marie Muller
La publication de cet ouvrage n’est pas seulement un nouveau livre de Jean-Marie Muller sur la non-violence, mais l’invitation à une large réflexion qui s’inscrit dans une actualité récente qui a vu l’Eglise « bouger » sur cette question. Ainsi, il y a un an, nous nous faisions l’écho du message du Pape François qui, lors de la journée mondiale pour la paix le 1er janvier 2017, avait délivré un important discours pour promouvoir la non-violence en tant que « style de vie ». (voir ici). « Depuis le niveau local et quotidien jusqu’à celui de l’ordre mondial, écrivait le Pape, puisse la non-violence devenir le style caractéristique de nos décisions, de nos relations, de nos actions, de la politique sous toutes ses formes ! » Cette allocution étonnante du pape au monde constituait une première dans l’histoire de l’Eglise. Car n’oublions pas que celle-ci n’a toujours pas renoncé officiellement à la théorie funeste de la guerre juste qui prévaut depuis des siècles. A rebours de cette doctrine, dans son message, le pape faisait l’éloge de l’action non-violente, en tant que force qui a déjà « donné des résultats impressionnants ». Lire la suite
En 2012, Mme Iborra pensait que nous avions les mêmes valeurs…
La députée LREM Monique Iborra fait aujourd’hui parler d’elle suite à l’enquête menée par Médiacités sur ses comptes de campagne de 2012, plus précisément « ses bonnes affaires familiales ». A cette époque, j’étais le candidat écologiste sur la 6ème circonscription de la Haute-Garonne, opposé donc à la candidate socialiste sortante. Lors d’un interview à La Dépêche du Midi, en février 2012, elle fustigeait ses concurrents à gauche au motif qu’ils partageaient forcément les mêmes valeurs qu’elles… Piqué au vif par cette déclaration, je décidais alors de publier un communiqué pour dire haut et fort, que non décidément, nous ne partagions pas tout à fait les mêmes valeurs… En relisant ce communiqué, j’ai été frappé par son actualité. A l’orée du quinquennat de François Hollande, il pressentait déjà que les actes ne seraient pas en cohérence avec les engagements et les principes énoncés pendant la campagne… Et j’ajouterais aujourd’hui les pratiques de certain-e-s élu-e-s si peu conformes aux valeurs affichées… Lire la suite
Irrintzina ou la force de l’action non-violente
Ils sont rares les films qui savent montrer la non-violence en actes avec toute la puissance des images. Depuis le film « Gandhi » (1983) de Richard Attemborough, peu de documentaires ou de fictions ont réellement été à la hauteur de ce défi. Plus récemment, seul le film « Selma » (2015) sur les combats de Martin Luther King pour les droits civiques dans les années soixante au Etats-Unis pouvait soutenir la comparaison avec le film culte sur le leader de l’indépendance indienne. Mais nous étions sur des fictions, avec des acteurs, et sur des personnalités internationales un peu hors du commun. Lire la suite
Penser le combat non-violent (essai de synthèse provisoire)
Sans doute, peut-il apparaître provocateur de parler aujourd’hui de « non-violence » ou de « lutte non-violente » tant notre actualité, mais aussi notre Histoire commune semblent dominées par la violence, la guerre, le terrorisme, les massacres, les génocides. Le mot de « non-violence » lui-même semble inaudible dans ce contexte où les médias nous donnent à voir chaque jour le spectacle de la violence et de la guerre. Le mot « non-violence » apparaît encore chez beaucoup comme la négation de la violence, ou tout simplement le simple refus de la violence, c’est à dire finalement le refus de l’action. Et nous savons que l’inaction, la passivité, la résignation ne sauraient être une ligne de conduite morale qui nous permette d’avoir une attitude responsable dans notre Histoire. Le concept de « lutte non-violente », aussi, peut poser question, car dans notre culture dominante, il n’y a de place, essentiellement, que pour la lutte violente, armée. Plus exactement, il nous est difficile de concevoir une lutte qui ne serait pas violente ou armée pour faire face aux injustices, aux oppressions, aux dictatures, aux agressions contre un peuple, un territoire. Dans notre culture, il est impensable que la non-violence, la lutte non-violente puisse jouer un rôle significatif, puisse avoir une prise sur les évènements, puisse être d’une quelconque efficacité. Nous avons intériorisé que seule la violence, la lutte armée, la guerre sont les seuls instruments nécessaires, légitimes pour combattre efficacement un agresseur, pour défendre les valeurs essentielles lorsque celles-ci sont menacées. Lire la suite
Défilé militaire du 14 juillet : faut-il applaudir les engins de mort ?
En appui de la pétition que j’ai lancée pour la suppression du défilé militaire du 14 juillet, je publie cette tribune dans une version augmentée. La première version de ce texte avait été publiée à l’occasion de la polémique lancée par Eva Joly en juillet 2011. Depuis, je l’ai régulièrement diffusée à l’occasion du 14 juillet. Dénoncer le défilé militaire, ce n’est pas s’inscrire dans un antimilitarisme primaire, c’est affirmer que notre pays s’honorerait en montrant au monde qu’il peut être grand sans devoir exposer des milliers d’engins de mort qui alimentent les guerres aux quatre coins du monde. Lire la suite
Pour une démilitarisation des commémorations nationales
La France a un goût prononcé pour les commémorations qui, chaque année, de façon immuable, se succèdent, tant à Paris que dans chaque ville et village du pays. Une douzaine de journées nationales commémoratives ont été instituées par l’Etat en souvenir d’événements et d’acteurs de ces événements qui ont marqué l’histoire de la nation : journée du souvenir des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie, journée du souvenir des victimes et héros de la Déportation, fête nationale de Jeanne d’Arc et du patriotisme, commémoration de la victoire du 8 mai 1945, journée nationale de la mémoire de la traite négrière, de l’esclavage et de leur abolition, journée de la Résistance, journée d’hommage aux morts pour la France en Indochine, appel du 18 juin du Général de Gaule, journée nationale à la mémoire des crimes racistes et antisémites de l’Etat français et d’hommage aux « Justes » de France, journée d’hommage aux Harkis, Armistice du 11 novembre. Il est possible que j’en oublie… A ces journées instituées, il faut ajouter les anniversaires particuliers : centenaire de la guerre de 14-18, anniversaire du Débarquement (à chaque décennie), etc. Ce sont souvent l’occasion de grandes célébrations médiatiques et politiques, où très souvent la parade militaire tient une place de choix. Lire la suite
Pourquoi je soutiens le programme de la France insoumise et vote Mélenchon à la présidentielle
Lors de la primaire citoyenne, au second tour, j’ai voté Hamon, bien que n’étant pas membre du parti socialiste. A la fois pour dégager Manuel Valls de la course à la présidentielle et pour soutenir un projet novateur à gauche. Hamon apportait un bol d’air frais dans cette campagne, notamment avec sa mesure audacieuse de revenu de base universel que je soutiens depuis longtemps. Son positionnement, en rupture avec le quinquennat de Hollande, avec la ligne majoritaire du PS et en faveur de la décroissance et de la transition écologique me semblait porteur d’un réel « futur désirable » permettant à la France de tourner la page du social-libéralisme. Lire la suite
