Archives de l’auteur : alainrefalo

J’ai consulté mon fichier des Renseignements Généraux…

OLYMPUS DIGITAL CAMERAIl y a quelques mois, deux ans après avoir formulé une demande écrite à la CNIL, j’ai enfin pu avoir accès aux fichiers des services de l’Information Générale du ministère de l’intérieur (SDIG), ex service des Renseignements Généraux (RG), me concernant. Ce service a été rebaptisé en 2014 en Service Central de Renseignement Territorial (SCRT). Deux ans d’attente, à l’ère des technologies modernes, c’est particulièrement long !

Alors, dans un moment où des méthodes de renseignement particulièrement intrusives, notamment en direction des militants du mouvement social, sont en débat à l’Assemblée nationale, il m’a semblé de bonne guerre de faire connaître le contenu de ces fiches qui n’ont pas forcément vocation à être rendues publiques après une consultation qui, elle, est de droit. En effet, chaque citoyen a le droit d’accès à son dossier des « RG », en vertu d’un loi du 6 janvier 1978 (modifiée en août 2004) relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés.
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Loi sur le renseignement : la désobéissance civile sera-t-elle davantage criminalisée ?

4677571-6986318Le projet de loi sur le renseignement a déjà fait couler beaucoup d’encre. Et pour cause, au nom de la lutte légitime contre le terrorisme, des dispositifs de surveillance généralisée attentoires aux libertés individuelles et publiques vont être instaurés. La sécurité contre la liberté, la sécurité au détriment de la liberté… Un vieux débat en somme que l’histoire a pourtant tranché : si jamais ces lois liberticides ne renforçent la sécurité des citoyens, toujours elles en restreignent les libertés.

Il est tout particulièrement inquiétant de lire dans ce projet au chapitre des finalités du renseignement : « la prévention des atteintes à la forme républicaine des institutions ». Une définition aussi floue ouvre la porte à une criminalisation plus forte des mouvements sociaux, des actions citoyennes qui, sans cautionner la violence, se situe en marge de la légalité, voire dans une démarche de désobéissance civile.  Comme l’indique justement la magistrate Laurence Blisson, « nous sommes face à une démocratie qui n’assume aucune de ses marges. Toute expression de radicalité sera surveillée, des black blocs aux mouvements sociaux. »1 Lire la suite

Martin Luther King, révolutionnaire non-violent

biomlkL’américaniste Sylvie Laurent vient de publier une « biographie intellectuelle et politique » (Seuil) sur Martin Luther King, dont le récent film « Selma » nous rapporte un épisode tragique et éloquent de son combat non-violent pour les droits civiques.

L’immense intérêt de cet ouvrage est de nous faire découvrir un homme qui était un véritable dissident dans son pays, un leader « radical et non-violent révolutionnaire ». En effet, au fil des ans, se sont imposées des représentations édulcorées de cette figure mythique. Les Américains ont oublié la radicalité de ses combats, tant par ses méthodes que ses finalités. Ils l’ont intégré comme un homme de réconciliation et d’unité nationale alors qu’il divisait fortement l’Amérique lorsqu’il défendait la cause de la communauté noire. Symbole de cette évolution, c’est Ronald Reagan, président conservateur s’il en fut, alors président des Etats-Unis, qui décréta en 1985 la journée fériée Martin Luther King, le 3ème lundi du mois de janvier. Lire la suite

Gardarem la Menuda ! Plaidoyer pour une résistance non-violente au projet de méga-centre commercial Val Tolosa

Depuis plus de 10 ans, des citoyens de l’agglomération toulousaine s’opposent avec détermination à l’implantation d’un hyper centre commercial, initialement « Les portes de Gascogne », aujourd’hui Val Tolosa, sur la commune de Plaisance du Touch. Tout récemment, à deux reprises, le collectif a su empêcher le démarrage de traMenudevaux, décidés de façon illégale par le maire, sur la zone de la Ménude. Spontanément, plusieurs dizaines de personnes ont fait face aux engins, obligeant ainsi les ouvriers à rentrer chez eux. Ces deux premières victoires symboliques sont importantes. Elles renforcent notre détermination à ne rien céder sur le terrain. Et tout récemment, sur le plateau, une première formation à l’action non-violente a été organisée afin de se préparer aux prochaines mobilisations.

Ce projet démentiel de méga-centre commercial symbolise toute la violence du système économique mondialisé. L’ordre économique dominant, nous le savons, est profondément inégalitaire, inéquitable, injuste. Cet ordre dicté par la doctrine néolibérale s’appuie sur la libéralisation des échanges, la déréglementation et la privatisation du commerce international. Les entreprises transnationales, comme celle qui veut implanter ce centre commercial, exigent la libre circulation des marchandises, des investissements et des capitaux financiers. Le drame, c’est que le pouvoir politique est aujourd’hui impuissant à contrôler et réguler le pouvoir économique. C’est la démocratie qui est en danger car le pouvoir économique efface progressivement le pouvoir politique. Lire la suite

I Muvrini, groupe corse, chante la non-violence

« Dans la mesure où nous laissons briller notre lumière, nous donnons inconsciemment aux autres l’envie de faire de même ». (Nelson Mandela)

Invicta est le nom du nouvel album du groupe corse I Muvrini. Le titre de cet album est directement inspiinvicta-cd-vré par le court poème de l’écrivain William Ernest Henley qu’adorait Nelson Mandela : Invictus.

Le chanteur, Jean-François Bernadini, est aussi le porte-voix d’Umani Fondation Corse, créée en 2002 afin de véhiculer les idées de tolérance, de partage et de fraternité. Il définit de disque comme « le chant de la conscience jamais vaincue, le chant des droits de l’âme ». La dernière chanson de l’album, « Déclaration des droits de l’âme », est un manifeste pour la non-violence. Lire la suite

Non à la subvention à l’association communale de chasse

Conseil Municipal du vendredi 10 avril 2015
Intervention d’Alain Refalo – Groupe Vivre Mieux à Colomiers

cropped-dscf4231Nous nous sommes posés un certain nombre de questions concernant l’attribution d’une subvention à l’Association communale de chasse.

Nous sommes d’ailleurs surpris qu’en 2015 existe encore sur notre commune une association dite « communale de chasse », sur un territoire largement urbanisé, dans la deuxième ville de la Haute-Garonne. Lire la suite

« Libérer la France des armes nucléaires » de Jean-Marie Muller

La dissuasion nucléaire est encore un sujet tabou en France. Les responsables politiques, de droite comme de gauche, depuis quarante ans, manient la plus parfaite des langues de bois à son sujet, dans un déni iliberer_la_france_des_armes_nucleaire_couvnsistant et désespérant des enjeux éthiques, politiques et stratégiques que posent l’existence de ces armes de destruction massive. Ce faisant, les citoyens français n’ont jamais eu la possibilité de s’exprimer et encore moins de se prononcer sur la dissuasion nucléaire.

Un livre (1) vient enfin rompre cet apparent consensus français. Jean-Marie Muller (2), dans un éloquant, mais rigoureux plaidoyer pour « libérer la France des armes nucléaires », apporte tous les éclairages nécessaires pour délégitimer l »idole nucléaire ». Lire la suite

Résister et enseigner de façon éthique et responsable

Les contre réformes appliquées à l’école publique depuis 2008 déconstruisent méthodiquement ses fondemindex2ents, ses valeurs et ses objectifs. Face à cet immense défi, un mouvement de résistance d’une ampleur inégalée dans l’Education Nationale s’est développé chez les enseignants du primaire qui n’ont pas voulu devenir les complices de cette politique destructrice du service public d’éducation.
Cette résistance, ciblée sur le terrain pédagogique, est exposée ici avec rigueur et clarté par l’auteur de la lettre « En conscience, je refuse d’obéir » du 6 novembre 2008. Une résistance collective qui refuse l’idée d’une école élitiste. Une résistance éthique et responsable qui porte l’exigence d’une école du progrès pour tous au service d’une société plus juste, plus solidaire et plus humaine.

Editions Golias, mars 2011, 95 p.

En conscience, je refuse d’obéir. Résistance pédagogique pour l’avenir de l’école

Le mouvecouvment des enseignants désobéisseurs, qui a surgi à l’automne 2008, est totalement inédit dans sa forme comme dans sa dimension.
Tout est parti de la lettre d’Alain Refalo, adressée à son inspecteur et intitulée En conscience, je refuse d’obéir ! Comme secoués par un électrochoc, des milliers de professeurs des écoles ont, à leur tour, informé leur hiérarchie par voie de lettres, personnelles ou collectives, qu’ils entraient en désobéissance ouverte contre des réformes néfastes et qu’ils en assumaient les conséquences. En effet, cette résistance dite  » pédagogique  » s’est cristallisée sur de lourds dispositifs autoritairement imposés par le Ministre ; ceux-ci ont profondément heurté la conscience de nombreux enseignants qui réalisaient ne plus pouvoir participer par leur silence complice, ou leur coopération active, à ce qu’ils estimaient être la déconstruction de l’école publique.
Ce mouvement se poursuit et s’enracine. Cet ouvrage se veut une contribution pour mieux comprendre le sens et la portée de ce mouvement. Il analyse les réformes qui menacent aujourd’hui l’école de la République, et y répond par des actions et des contre-propositions étayées par la pratique des enseignants. Véritable manifeste établi par celui qui a initié cette résistance, ce texte argumenté et engagé s’adresse tant aux enseignants du primaire qu’aux parents d’élèves et aux citoyens soucieux de l’avenir de l’école publique.
En conscience, je refuse d’obéir est un plaidoyer contre la fatalité et la résignation, un vibrant appel non-violent à l’insurrection des consciences ; il ne s’agit ni plus ni moins que dessiner et construire un avenir pour l’école, non pas sous le signe de la compétition et de la rentabilité, mais aux couleurs de la générosité et de l’espérance.

Editions des Ilots de Résistance, janvier 2010, 251 p.

Voir également la recension de l’ouvrage dans le journal Le Monde.