Archives pour la catégorie Non-violence

Hommage à Jean-Marie Muller

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Témoignage d’Alain Refalo, membre du MAN, de l’IRNC et collaborateur d’ANV, aux obsèques de Jean-Marie Muller, célébrées en l’église Saint-André de Fleury-Les-Aubrais (45), le lundi 27 décembre 2021.

 » La non-violence est un défi, avais-tu l’habitude de nous dire, un formidable défi qui donne sens à notre existence dans un monde malade de la violence. Ce défi, tu l’as relevé et tu nous invites à le relever à notre tour ; tu nous as donné les clés pour ouvrir la porte qui mène à la connaissance de la vérité de la non-violence afin d’agir en cohérence avec cette vérité. »

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Alain Refalo

21 décembre 2021

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Jean-Marie Muller, penseur de la non-violence

Notre ami, Jean-Marie Muller, a quitté ce monde, le 18 décembre, à l’âge de 82 ans. Il y a cinq ans, cinquante ans après sa première conférence donnée à Orléans le 10 octobre 1966, nous présentions son parcours de militant et d’écrivain : « 50 ans d’engagements au service de la non-violence ». Aujourd’hui, son oeuvre considérable reste à découvrir ou à redécouvrir. Jean-Marie Muller, dans les quelques 40 ouvrages qu’il a publiés, a pensé la non-violence dans toute ses dimensions et toute sa complexité afin d’une part d’éclaircir tous les malentendus qu’elle évoque encore, et d’autre part pour nous inviter à faire l’option existentielle de la non-violence, en tant que sagesse et méthode d’action. Nous présentons ici quelques éléments de sa contribution exceptionnelle à la compréhension réfléchie de la non-violence.

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L’idéal de la non-violence revisité par Judith Butler

9782213717302_1_75Judith Butler (1956 – ) est une philosophe américaine, connue dans le monde entier pour ses travaux sur le genre. Elle est professeur à l’université Berkeley depuis 1993. Depuis plusieurs années, elle développe une réflexion qui vise à renouveler l’idéal de la non-violence. Dans son nouvel ouvrage La force de la non-violence : une obligation éthico-politique (édité en France par Fayard), elle expose sa vision éthique et politique de la non-violence et « propose de constituer la non-violence comme nouvel imaginaire politique ». Nous venons de le lire.
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Aux sources de la non-violence : l’ahimsa

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Le 2 octobre (jour de la naissance de Gandhi) est la journée internationale de la non-violence. A l’approche de cette date décrétée par l’ONU, il m’a paru utile de rappeler que l’une des sources de la philosophie de la non-violence se trouve dans l’ahimsa qui est un terme sanskrit employé dans la littérature jaïniste, hindouiste et bouddhique. C’est d’ailleurs très probablement dans le jaïnisme que le concept d’ahimsa a émergé et s’est développé jusqu’à influencer d’autres spiritualités comme le bouddhisme et l’hindouisme. Essayons de clarifier le sens de ce terme que Gandhi traduira en anglais par « non-violence ».

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Le pouvoir de la non-violence (3) : Les leçons de la lutte exemplaire du Larzac (1971 – 1981)

Larzac50 ans plus tard, la lutte des paysans du Larzac (1971-1981) contre l’extension du camp militaire demeure assurément emblématique et particulièrement exemplaire. A cette époque, on a voulu chasser des paysans vivant sur le plateau du Larzac, en Aveyron, pour que leur terre permette l’extension d’un camp de manoeuvres militaires qui préparent la guerre. Des champs cultivés pour la vie devaient se transformer en camps d’entraînement pour la mort. La symbolique extraordinaire de cette décision gouvernementale, annoncée un soir à la télévision par le ministre de la Défense en octobre 1971, a généré le plus puissant mouvement de résistance à la militarisation que la Ve République ait connu. Lire la suite

Le pouvoir de la non-violence (2) : Pourquoi la résistance civile est efficace

Pouvoir-de-la-non-violenceIls sont rares les ouvrages de recherche en langue anglaise sur la non-violence à être traduits et publiés en France. L’éditeur Calmann Lévy l’a fait pour le livre Why civil resistance works (2011) des deux chercheuses américaines en sciences politiques Erica Chenoweth et Maria J. Stephan. Cet ouvrage remarqué et plusieurs fois primé aux Etats-Unis est publié sous le titre Pouvoir de la non-violence : Pourquoi la résistance civile est efficace, avec une préface de Jacques Sémelin. Lire la suite

Le pouvoir de la non-violence (1) : Hannah Arendt

"Hannah Arendt, German philosopher and writer."

« Hannah Arendt, German philosopher and writer. »

Le pouvoir et la violence, dans l’opinion commune, semblent liés au point de ne former qu’un. Nous sommes convaincus que la violence crée le pouvoir et que le pouvoir, pour se maintenir, a besoin de la violence. Parler d’un « pouvoir de la non-violence » peut ainsi apparaître totalement incongru, tant nos représentations du pouvoir, mais aussi de la non-violence, ne laissent envisager qu’une forme de pouvoir, celle qui a la légitimité de l’usage de la violence, tandis que la non-violence serait incapable de créer le moindre pouvoir de par l’image de faiblesse à laquelle elle renvoie. La philosophe Hannah Arendt nous propose une autre vision qu’il m’a paru utile de présenter, alors qu’un livre important dont nous reparlerons prochainement, vient d’être publié sous le titre Pouvoir de la non-violence : Pourquoi la résistance civile est efficace de Erica Chenoweth et Maria J. Stephan (chez Calmann Lévy).
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La violence détruit le mouvement social

Il est temps d’ouvrir les yeux et de dénoncer ce qui ne peut être justifié. Encore une fois, lors d’une manifestation légitime qui avait vocation à être pacifique afin que ses slogans soient bien entendus par l’opinion publique et par le pouvoir d’Etat, une minorité a détruit le potentiel revendicatif exprimé par les manifestants. Samedi 5 décembre, comme le samedi précédent, la manifestation contre la loi de sécurité globale a été détournée de son sens, elle a été pourrie de l’intérieur par une minorité d’irresponsables, qu’ils se nomment blackblocs ou autres, peu importe. L’heure n’est plus à l’excuse, car il n’y en a pas à l’endroit de ceux qui n’ont rien à voir avec le mouvement social. Ces gens-là, disons-le sans détour, avant d’être des ennemis (illusoires) de l’Etat, sont d’abord des ennemis réels du mouvement social. Lire la suite

Graines de non-violence chez les précurseurs de l’anarchisme : Godwin, Bellegarrigue et Proudhon

La critique et la contestation de l’Etat sont constitutifs de la matrice de l’anarchisme qui dénonce l’ordre social fondé sur les institutions de la violence tout en plaidant pour une société basée sur la liberté et l’autonomie des citoyens. Tout au long de son histoire, le mouvement anarchiste a été traversé par de multiples débats sur la fin et les moyens. Par quels moyens faut-il lutter pour faire advenir une société sans Etat ? Peut-on, et dans quels cas, utiliser la violence qui est le moyen légitime de l’Etat ? Ne risque-t-on pas de trahir l’idéal anarchiste en ayant recours à la violence ? La non-violence n’est-elle pas finalement le moyen le plus adéquat pour défendre les valeurs de liberté et de justice que défendent les anarchistes ? Lire la suite

La non-violence : une nouvelle définition

Cette nouvelle définition de la non-violence sera publiée prochainement (début 2021) dans le Dictionnaire d’anthropologie prospective, publié par l’éditeur Vrin. Je l’ai rédigée dans le cadre de mes recherches lexicologiques et sémantiques sur le mot “non-violence” qui devraient aboutir à la publication d’un ouvrage, avec le concours de l’Institut de recherche sur la Résolution Non-violente des Conflits (IRNC). Les références entre parenthèses renvoient à la bibliographie qui suit l’article. Comme toute définition, celle-ci est bien entendu sujette au débat et à l’échange constructif.  Lire la suite

Après le rassemblement à la République contre le racisme et les violences policières : le pouvoir du peuple

Les images extraordinaires de la foule rassemblée place de la République samedi, alors que tout rassemblement demeure interdit, témoignent d’une aspiration profonde de la jeunesse des quartiers, et plus largement des forces vives de ce pays, à la justice, à l’égalité des droits, à la dignité, au refus du racisme, de l’intolérance, de la violence, de toutes les violences. Il a fallu d’ailleurs les images de “l’internaute 94”, spécialiste des actions cascadeuses, qui a décroché la banderole infâme de Génération identitaire, pour réaliser l’ampleur du rassemblement, minimisé par les grands médias. Ce ne sont pas 15 000 personnes, comme annoncé par la Préfecture de Paris, mais bien plus de 100 000 qui étaient pacifiquement réunies dans une même exigence de dignité contre les discriminations raciales et sociales. Lire la suite

Quelques réflexions sur la non-violence à partir de la pensée de Simone Weil

Le refus de la légitimité de la violence est au coeur de l’oeuvre de la philosophe Simone Weil (1909-1943). Chrétienne hors de l’église comme elle se définissait, elle s’est indignée contre les compromissions de l’Eglise avec la violence qui ont contribué, selon elle, à profondément dénaturer la parole du Dieu chrétien. « La vérité la plus essentielle concernant Dieu, affirme Simone Weil, c’est que Dieu est bon avant d’être puissant1« . En pactisant avec la violence, l’Eglise a fait écran à la sagesse et à la bonté de Dieu. Elle estime que si l’Eglise a pactisé avec l’empire de la force, elle le doit à la double influence de l’Ancien Testament et de l’empire romain. « Cette double souillure presque originelle, écrit-elle, explique toutes les souillures qui rendent l’histoire de l’Eglise si atroce au cours des siècles2« . Simone Weil est vivement attirée par les Cathares qui « poussèrent l’horreur de la force jusqu’à la pratique de la non-violence et jusqu’à la doctrine qui fait procéder du mal tout ce qui est du domaine de la force3« . Certes, précise-t-elle, « c’était aller loin, mais non pas plus loin que l’Evangile4« . Lire la suite