La non-violence est une notion complexe qui suscite encore de nombreux malentendus. Les différents mots pour l’exprimer ont d’ailleurs évolué dans l’histoire : « ahimsa », « non-résistance » , « résistance passive » , « satyagraha » , « non-violence » , « action non-violente » , « désobéissance civile » , « résistance civile » , autant de concepts qui se sont efforcés de traduire les différentes dimensions de la non-violence, sur un plan éthique, spirituel, culturel, stratégique et politique.
Dans ce parcours sémantique et lexicologique à travers l’histoire de la non-violence, l’auteur nous propose un vaste panorama des multiples significations de la non-violence à travers les écrits des personnalités, des mouvements, des acteurs et des chercheurs qui se sont efforcés de mettre en mots l’idée de non-violence. A ce titre, cette somme représente une véritable anthologie de la non-violence.
Cette recherche sans précédent en francophonie permet de lever les nombreuses confusions que génèrent le mot et l’idée de non-violence et aboutit à l’élaboration d’une définition de la non-violence à vocation universelle. Elle ouvre également de nouvelles pistes de réflexions sur la capacité de la non-violence à devenir un nouveau paradigme civilisationnel susceptible de répondre aux nombreux défis de notre temps.

Un an après le déclenchement de l’invasion de l’Ukraine par les forces armées russes qui a bouleversé le paysage stratégique européen, je voudrais, en toute humilité, mais aussi en toute franchise, affirmer quelques convictions issues de mon engagement dans la non-violence depuis quarante ans. Je souhaiterais aussi poser quelques questions quant à la pertinence du recours aux armes par l’Ukraine pour défendre son territoire. J’ai conscience que ma position, y compris dans le monde de la non-violence, ne fera pas consensus. Elle se veut une modeste contribution au débat sur notre positionnement face à une guerre qualifiée de « juste ».
Les appels à la désobéissance civile en faveur du climat provenant de la communauté scientifique se multiplient. Des actions, parfois spectaculaires, font la une des médias. Une alliance inédite des scientifiques et des mouvements citoyens et écologistes montre que quelque chose de nouveau se passe. Comment faire pour que cette convergence ne soit un feu de paille sans lendemain ? La « désobéissance civile » revendiquée peut-elle être autre chose qu’un happening spectaculaire et ponctuel qui, en réalité, n’exerce qu’une faible pression sur le pouvoir politique ?
Jean-Marie Muller (1939-2021) est décédé le 18 décembre 2021. Philosophe de la non-violence, mais également stratège de l’action non-violente, il nous laisse une œuvre immense, reconnue au-delà de nos frontières. Ecrivain, conférencier, formateur, militant, il a consacré sa vie à la non-violence, plus exactement à s’efforcer de relever le défi de la non-violence dans un monde dominé par ce qu’il appelait « l’idéologie de la violence nécessaire, légitime et honorable ».
Lors la journée internationale de la non-violence, le réseau Citoyens pour la paix et la ville de Colomiers organisaient un hommage à Jean-Marie Muller, à l’occasion du déplacement de la plaque qui lui est dédiée, dans le parcours de la non-violence, au cœur de l’allée piétonne du Centre. A cette occasion, ont pris la parole, Hélène Dupont et Alain Refalo pour Citoyens pour la paix, et Laurence Cazalis, maire-adjointe, au nom de la maire de Colomiers. Chaque 1er samedi du mois, les Citoyens pour la paix se rassemblent en cercle de silence, pendant une heure, autour du totem de Gandhi, en soutien aux sans-papiers enfermés au Centre de rétention de Cornebarrieu, et en solidarité avec les migrants.
Les deux auteurs du Manifeste pour la non-violence, Pauline Boyer et Johann Naessens, sont des activistes bien connus du mouvement climat. Leur réflexion, exposée avec clarté et pédagogie, s’enracine dans l’expérience des luttes écologistes de ces dernières années, au sein d’ANV COP 21, d’Alternatiba et des multiples organisations qui forment le mouvement climat d’aujourd’hui. A ce titre, leur Manifeste est le manifeste de toute une génération qui a pris conscience que la seule réponse à la crise climatique systémique que nous vivons était dans l’action non-violente constructive.
La non-violence, en tant qu’utopie pratique, offre la possibilité d’une véritable alternative, plus exigeante, mais pas moins réaliste, entre la violence et l’inaction.
Autant il faut saluer les sanctions économiques et financières prises contre la Russie, comme aussi les décisions d’organisations sportives internationales de la boycotter, autant il convient de désapprouver les promesses de livraisons d’armes à l’Ukraine.
Jean-Marie Muller est l’auteur d’une oeuvre prolifique sur la non-violence. On recense en effet quelques 34 ouvrages et 9 brochures qui s’étalent sur près de cinquante années. Nombre de ses écrits ont été traduits et publiés à l’étranger, en langue anglaise, italienne, arabe… Cette oeuvre incomparable a fait de Jean-Marie Muller un penseur mondialement reconnu sur la philosophie de la non-violence et la stratégie de l’action non-violente. Nous présentons ici sa bibliographie complète. Elle a été réalisée par François Vaillant et l’auteur de ces lignes.
Le monde de la non-violence rend hommage à Jean-Marie Muller, décédé le 18 décembre 2021. Nous publions sur cette page dédiée les témoignages écrits que nous avons reçus des associations, mouvements et personnalités qui ont été en lien avec la pensée et l’action de Jean-Marie Muller. Certains d’entre eux ont été lus lors de la cérémonie des obsèques qui s’est déroulée le 27 décembre à Fleury-Les-Aubrais (45). Nous mettrons à jour régulièrement cette page durant les prochaines semaines. Les liens renvoient à un document PDF ou/et au site internet de publication.