Par François Vaillant, revue Alternatives Non-Violentes

L’objet de cet article est de montrer comment très pratiquement des habitants se sont mobilisés à mains nues pour contrer l’ICE aux méthodes dignes de la Gestapo. Pour camper le paysage, la ville de Minneapolis compte 420 000 habitants, et l’agglomération de Minneapolis-St Paul 3 700 000 habitants, dans l’État du Minnesota qui se trouve sous le Canada. Minneapolis et le Minnesota ont voté démocrate aux élections de 2024 qui, bien malheureusement, ont permis l’élection du psychopathe Trump.
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La désobéissance civile en faveur du climat s’invite à nouveau dans l’actualité, non pas par le biais d’actions spectaculaires d’organisations écologistes, mais par la décision du préfet de la Vienne d’intimer l’ordre à la mairie de Poitiers et au conseil communautaire du Grand Poitiers de supprimer les subventions attribuées à Alternatiba pour l’organisation d’un village associatif comprenant des ateliers de formation à la désobéissance civile. Cette injonction s’inscrit dans la mise en œuvre du contrat d’engagement dit républicain issu de la loi « confortant le respect des principes de la République (CRPR), dite loi « séparatisme », votée pour lutter contre « l’islamisme radical ». Après un rappel du contexte et des faits liés à cette affaire, nous proposerons quelques réflexions que nous voulons utiles pour le débat sur la désobéissance civile en lien avec le contrat d’engagement dit républicain.
Les appels à la désobéissance civile en faveur du climat provenant de la communauté scientifique se multiplient. Des actions, parfois spectaculaires, font la une des médias. Une alliance inédite des scientifiques et des mouvements citoyens et écologistes montre que quelque chose de nouveau se passe. Comment faire pour que cette convergence ne soit un feu de paille sans lendemain ? La « désobéissance civile » revendiquée peut-elle être autre chose qu’un happening spectaculaire et ponctuel qui, en réalité, n’exerce qu’une faible pression sur le pouvoir politique ?
Les deux auteurs du Manifeste pour la non-violence, Pauline Boyer et Johann Naessens, sont des activistes bien connus du mouvement climat. Leur réflexion, exposée avec clarté et pédagogie, s’enracine dans l’expérience des luttes écologistes de ces dernières années, au sein d’ANV COP 21, d’Alternatiba et des multiples organisations qui forment le mouvement climat d’aujourd’hui. A ce titre, leur Manifeste est le manifeste de toute une génération qui a pris conscience que la seule réponse à la crise climatique systémique que nous vivons était dans l’action non-violente constructive.
50 ans plus tard, la lutte des paysans du Larzac (1971-1981) contre l’extension du camp militaire demeure assurément emblématique et particulièrement exemplaire. A cette époque, on a voulu chasser des paysans vivant sur le plateau du Larzac, en Aveyron, pour que leur terre permette l’extension d’un camp de manoeuvres militaires qui préparent la guerre. Des champs cultivés pour la vie devaient se transformer en camps d’entraînement pour la mort. La symbolique extraordinaire de cette décision gouvernementale, annoncée un soir à la télévision par le ministre de la Défense en octobre 1971, a généré le plus puissant mouvement de résistance à la militarisation que la Ve République ait connu.
