On oppose souvent, dans les luttes, la radicalité de la violence à la mollesse que représenterait la non-violence. Alors, en quoi la non-violence est-elle radicale ?
On oppose souvent, dans les luttes, la radicalité de la violence à la mollesse que représenterait la non-violence. Alors, en quoi la non-violence est-elle radicale ?
La non-violence est une notion complexe qui suscite encore de nombreux malentendus. Les différents mots pour l’exprimer ont d’ailleurs évolué dans l’histoire : « ahimsa », « non-résistance » , « résistance passive » , « satyagraha » , « non-violence » , « action non-violente » , « désobéissance civile » , « résistance civile » , autant de concepts qui se sont efforcés de traduire les différentes dimensions de la non-violence, sur un plan éthique, spirituel, culturel, stratégique et politique.
Dans ce parcours sémantique et lexicologique à travers l’histoire de la non-violence, l’auteur nous propose un vaste panorama des multiples significations de la non-violence à travers les écrits des personnalités, des mouvements, des acteurs et des chercheurs qui se sont efforcés de mettre en mots l’idée de non-violence. A ce titre, cette somme représente une véritable anthologie de la non-violence.
Cette recherche sans précédent en francophonie permet de lever les nombreuses confusions que génèrent le mot et l’idée de non-violence et aboutit à l’élaboration d’une définition de la non-violence à vocation universelle. Elle ouvre également de nouvelles pistes de réflexions sur la capacité de la non-violence à devenir un nouveau paradigme civilisationnel susceptible de répondre aux nombreux défis de notre temps.
Un an après le déclenchement de l’invasion de l’Ukraine par les forces armées russes qui a bouleversé le paysage stratégique européen, je voudrais, en toute humilité, mais aussi en toute franchise, affirmer quelques convictions issues de mon engagement dans la non-violence depuis quarante ans. Je souhaiterais aussi poser quelques questions quant à la pertinence du recours aux armes par l’Ukraine pour défendre son territoire. J’ai conscience que ma position, y compris dans le monde de la non-violence, ne fera pas consensus. Elle se veut une modeste contribution au débat sur notre positionnement face à une guerre qualifiée de « juste ». Lire la suite
Edgar Morin, que l’on ne présente plus, 101 ans, publie ces jours-ci, aux éditions de l’Aube, un livre décapant sur la guerre, plus exactement sur les guerres, celle qu’il a vécue et celle d’aujourd’hui. Résistant, ayant combattu les armes à la main le nazisme, on ne suspectera donc pas le célèbre sociologue et philosophe d’être un « pacifiste », appellation péjorative inlassablement reprise pour discréditer toute personne qui s’élève contre les horreurs de la guerre ou tout simplement contre toute guerre. Et pourtant, ce livre, écrit dans un style incisif, bourré de références historiques précises, est un véritable plaidoyer contre la guerre, celles du passé comme celles du présent, et surtout contre celle, mondiale, qui risque d’advenir. Lire la suite

Les 21 heures de la non-violence, c’est un grand marathon, en direct et en ligne, illustrant la diversité des pratiques non-violentes au XXIème siècle. 21 heures de direct pour découvrir en quoi la non-violence est radicale et révolutionnaire, se former, discuter et agir en soutenant les organisations participantes ! Lire la suite
La désobéissance civile en faveur du climat s’invite à nouveau dans l’actualité, non pas par le biais d’actions spectaculaires d’organisations écologistes, mais par la décision du préfet de la Vienne d’intimer l’ordre à la mairie de Poitiers et au conseil communautaire du Grand Poitiers de supprimer les subventions attribuées à Alternatiba pour l’organisation d’un village associatif comprenant des ateliers de formation à la désobéissance civile. Cette injonction s’inscrit dans la mise en œuvre du contrat d’engagement dit républicain issu de la loi « confortant le respect des principes de la République (CRPR), dite loi « séparatisme », votée pour lutter contre « l’islamisme radical ». Après un rappel du contexte et des faits liés à cette affaire, nous proposerons quelques réflexions que nous voulons utiles pour le débat sur la désobéissance civile en lien avec le contrat d’engagement dit républicain. Lire la suite
Les appels à la désobéissance civile en faveur du climat provenant de la communauté scientifique se multiplient. Des actions, parfois spectaculaires, font la une des médias. Une alliance inédite des scientifiques et des mouvements citoyens et écologistes montre que quelque chose de nouveau se passe. Comment faire pour que cette convergence ne soit un feu de paille sans lendemain ? La « désobéissance civile » revendiquée peut-elle être autre chose qu’un happening spectaculaire et ponctuel qui, en réalité, n’exerce qu’une faible pression sur le pouvoir politique ? À ces questions, nous allons tenter de répondre après avoir fait un petit état des lieux. Lire la suite
Jean-Marie Muller (1939-2021) est décédé le 18 décembre 2021. Philosophe de la non-violence, mais également stratège de l’action non-violente, il nous laisse une œuvre immense, reconnue au-delà de nos frontières. Ecrivain, conférencier, formateur, militant, il a consacré sa vie à la non-violence, plus exactement à s’efforcer de relever le défi de la non-violence dans un monde dominé par ce qu’il appelait « l’idéologie de la violence nécessaire, légitime et honorable ».
Sa disparition nous invite à poursuivre et à amplifier son travail de discernement des enjeux éthiques et politiques de la non-violence afin de construire une culture de la non-violence qui transforme notre civilisation. La non-violence n’est pas une idée désincarnée, elle est une sagesse pratique, un idéal qui s’incarne dans l’aujourd’hui, au plus près de la réalité des violences qui nous entourent.
Avec son Dictionnaire de la non-violence (2005), l’une de ses œuvres majeures, Jean-Marie Muller nous a donnés les clefs du langage de la non-violence. Il nous appartient désormais de lui donner corps pour que la non-violence, au-delà des mots, s’inscrive dans nos existences, dans nos luttes, dans notre aujourd’hui comme dans notre à-venir commun.
En publiant cette brochure à l’occasion de l’anniversaire de sa disparition, le Centre de ressources sur la non-violence de Midi-Pyrénées rend hommage à sa façon au penseur et à l’acteur de la non-violence que fut Jean-Marie Muller. Très présent dans les premières années de l’existence de notre association, nous garderons le souvenir d’une personnalité engagée qui savait transmettre sa vision de la non-violence avec clarté et pédagogie. Et aussi avec humour.
Alain Refalo Lire la suite
Lors la journée internationale de la non-violence, le réseau Citoyens pour la paix et la ville de Colomiers organisaient un hommage à Jean-Marie Muller, à l’occasion du déplacement de la plaque qui lui est dédiée, dans le parcours de la non-violence, au cœur de l’allée piétonne du Centre. A cette occasion, ont pris la parole, Hélène Dupont et Alain Refalo pour Citoyens pour la paix, et Laurence Cazalis, maire-adjointe, au nom de la maire de Colomiers. Chaque 1er samedi du mois, les Citoyens pour la paix se rassemblent en cercle de silence, pendant une heure, autour du totem de Gandhi, en soutien aux sans-papiers enfermés au Centre de rétention de Cornebarrieu, et en solidarité avec les migrants. Lire la suite
Le député de la NUPES, Aymeric Caron, dépose dans quelques jours, une proposition de loi visant à interdire la corrida. En France, la maltraitance animale est punie par la loi, mais l’article 521-1 indique que ces dispositions « ne sont pas applicables aux courses de taureaux lorsqu’une tradition locale ininterrompue peut être invoquée ». La corrida est donc de fait interdite, sauf dans les villes qui la pratiquent depuis longtemps. Au nom de la « tradition », argument censé clore toute discussion, les villes taurines entendent continuer à prolonger l’organisation des mises à mort de taureaux. Lire la suite