Le Service National Universel ou comment soumettre et embrigader la jeunesse. Pour un droit à l’objection de conscience.

La phase test du Service National Universel du 17 juin au 31 juillet 2019 a apporté des éclairages tout à fait saisissants sur l’essence de ce dispositif, les valeurs qu’il véhicule, les objectifs « civiques », mais surtout militaristes qu’il vise et les pratiques qu’il met en oeuvre. Si le SNU repose pour l’instant sur le volontariat, nous savons que le pouvoir souhaite le généraliser en le rendant obligatoire pour toute la tranche 16-18 ans. Je dénonce ici une entreprise de soumission et de caporalisation de la jeunesse, ainsi qu’une volonté de militarisation des consciences par des méthodes d’un autre âge, mais en parfaite cohérence avec un pouvoir autoritaire et méprisant envers le peuple. Plus que jamais, comme pour le service militaire au temps de la conscription obligatoire, un droit à l’objection de conscience au SNU doit être reconnu, par les jeunes eux-mêmes, mais également par les familles. Continuer à lire … « Le Service National Universel ou comment soumettre et embrigader la jeunesse. Pour un droit à l’objection de conscience. »

La militarisation de l’école est en marche

Une ingénieure en chef de l’armement au grade de colonel vient d’être nommée à la tête du service de l’instruction publique et de l’action pédagogique de la Dgesco (Direction générale de l’enseignement scolaire). Comme le souligne Le Café Pédagogique, « elle portera à la Dgesco les réformes ministérielles. Etant numéro 2 de la Dgesco, elle pilotera les examens, dirigera les écoles et établissements du socle commun et des lycées, ainsi que la formation des enseignants. Il lui reviendra donc de faire appliquer les réformes pédagogiques du ministère ». Il manquait certainement dans les ressources humaines du ministère des personnes compétentes pour ce poste… On est donc allé chercher au sein des écoles militaires une professeure au département mécanique qui est également directrice des études de l’École polytechnique. Continuer à lire … « La militarisation de l’école est en marche »

11 novembre : « la commémoration de la sottise et du crime », et de la servitude volontaire…

Alors qu’on lui demandait de célébrer en 1968 le cinquantième anniversaire de « la victoire de 1918 », l’écrivain Jean Guéhenno écrivit : « Il est clair désormais depuis longtemps que mes camarades ne sont morts que parce que l’Histoire est souvent bête et criminelle et ce cinquantenaire ne peut être que la commémoration de la sottise et du crime ». 50 ans plus tard, certains voudraient encore faire du 11 novembre la célébration de la victoire de la France…
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Pétition pour la suppression du défilé militaire du 14 juillet

Chaque année, à l’occasion de la fête nationale, le peuple est convié à venir admirer la parade des hommes vêtus d’un uniforme qui ont fait « le choix » de consacrer leur vie à l’institution militaire. Mais cette parade est aussi celle de centaines d’engins de mort, de chars, de missiles que notre pays se glorifie d’exporter aux quatre coins du monde pour le plus grand malheur des peuples qui souffrent quotidiennement de la guerre et du terrorisme.

La France est le seul pays en Europe qui maintient un tel défilé militaire qui, par ailleurs; constitue un gaspillage financier inacceptable dans un contexte de grande restriction budgétaire. Les autres pays où une telle parade a encore lieu sont des dictatures. Ce spectacle indécent et immoral, qui rend un culte aux armes de guerre, est indigne d’un pays qui prétend être fidèle aux valeurs de la fraternité, de la liberté et de la paix. Il symbolise la culture de la violence et de la guerre qui domine encore et toujours nos civilisations. Il est contraire à l’aspiration légitime des peuples à la paix.

« Quand j’entends les talons qui claquent, je vois les cerveaux qui se ferment », affirmait en connaissance de cause le maréchal Lyautey. Une démocratie digne de ce nom ne saurait perpétuer une parade qui, plus que tout, symbolise l’obéissance inconditionnelle et l’abdication des forces de la raison et de la conscience. La fête nationale devrait être l’occasion privilégiée de revisiter les fondements de notre vivre ensemble sous la bannière des valeurs de la République. Cela aurait infiniment plus de sens que de subir passivement une parade militaire d’un autre âge.

Les soussignés demandent au président de la République de supprimer le défilé militaire du 14 juillet et lui proposent de le remplacer par un rassemblement populaire pour la promotion d’une culture de la paix et de la non-violence.

Pour signer la pétition : https://www.change.org/p/pour-la-suppression-du-défilé-militaire-du-14-juillet 

Lire aussi notre article : Défilé militaire : faut-il applaudir les engins de mort ? 

Vers une France au garde à vous ?

Régression des libertés, répression disproportionnée des manifestations, retour du service national, uniformes à l’école, la France de Macron dérive ostensiblement vers une France au garde à vous. Il est temps de sonner l’alarme, non pas le clairon, mais l’alarme citoyenne pour enrayer la machine étatique à produire de l’obéissance inconditionnelle et par conséquent de la résignation complice des injustices économiques et sociales.

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Défilé militaire du 14 juillet : faut-il applaudir les engins de mort ?

En appui de la pétition que j’ai lancée pour la suppression du défilé militaire du 14 juillet, je publie cette tribune dans une version augmentée. La première version de ce texte avait été publiée à l’occasion de la polémique lancée par Eva Joly en juillet 2011. Depuis, je l’ai régulièrement diffusée à l’occasion du 14 juillet. Dénoncer le défilé militaire, ce n’est pas s’inscrire dans un antimilitarisme primaire, c’est affirmer que notre pays s’honorerait en montrant au monde qu’il peut être grand sans devoir exposer des milliers d’engins de mort qui alimentent les guerres aux quatre coins du monde. Continuer à lire … « Défilé militaire du 14 juillet : faut-il applaudir les engins de mort ? »

Pour une démilitarisation des commémorations nationales

 La France a un goût prononcé pour les commémorations qui, chaque année, de façon immuable, se succèdent, tant à Paris que dans chaque ville et village du pays. Une douzaine de journées nationales commémoratives ont été instituées par l’Etat en souvenir d’événements et d’acteurs de ces événements qui ont marqué l’histoire de la nation : journée du souvenir des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie, journée du souvenir des victimes et héros de la Déportation, fête nationale de Jeanne d’Arc et du patriotisme, commémoration de la victoire du 8 mai 1945, journée nationale de la mémoire de la traite négrière, de l’esclavage et de leur abolition, journée de la Résistance, journée d’hommage aux morts pour la France en Indochine, appel du 18 juin du Général de Gaule, journée nationale à la mémoire des crimes racistes et antisémites de l’Etat français et d’hommage aux « Justes » de France, journée d’hommage aux Harkis, Armistice du 11 novembre. Il est possible que j’en oublie… A ces journées instituées, il faut ajouter les anniversaires particuliers : centenaire de la guerre de 14-18, anniversaire du Débarquement (à chaque décennie), etc. Ce sont souvent l’occasion de grandes célébrations médiatiques et politiques, où très souvent la parade militaire tient une place de choix. Continuer à lire … « Pour une démilitarisation des commémorations nationales »

Défendre les frontières de la démocratie

resistance%20civile%20gp3Quelles sont les menaces qui pèsent sur notre démocratie ? Assurément, nous ne sommes plus au temps de la guerre froide où la menace désignée était militaire. Notre défense se situait alors clairement dans l’optique d’une invasion de l’armée soviétique. Ce schéma étant périmé, il convient d’affirmer que ce ne sont pas tant notre territoire qui est menacé par une hypothétique invasion militaire que notre démocratie. « Le territoire dont l’intégrité garantit la paix, c’est-à-dire la justice et la liberté, ce n’est pas celui de la géographie, mais celui de la démocratie, écrit justement Jean-Marie Muller ». Je propose dans cet article une réflexion sur les enjeux de la défense civile de la démocratie. Continuer à lire … « Défendre les frontières de la démocratie »

Présidentielles : quel candidat osera délégitimer la dissuasion nucléaire ?

nucleaire-20130706La dissuasion nucléaire est encore un sujet tabou en France. Les responsables politiques, de droite comme de gauche, depuis quarante ans, manient la plus parfaite des langues de bois à son sujet, dans un déni insistant et désespérant des enjeux éthiques, politiques et stratégiques que posent l’existence de ces armes de destruction massive. Ce faisant, les citoyens français n’ont jamais eu la possibilité de s’exprimer et encore moins de se prononcer sur la dissuasion nucléaire. Il y a malheureusement fort à parier que le sujet ne constituera pas un enjeu de la prochaine élection présidentielle. Alors cette tribune, c’est une peu comme une bouteille à la mer lancée sans trop d’illusions…, mais que je me devais de lancer quand même ! Continuer à lire … « Présidentielles : quel candidat osera délégitimer la dissuasion nucléaire ? »

Histoire à l’école : déconstruire une mémoire guerrière et sélective

20140416171204-a61d4ea6-meDevant des millions de téléspectateurs, le candidat de la droite à la primaire François Fillon a récemment déploré que l’école n’enseignait plus Clovis et Jeanne d’Arc, deux héros de notre récit national. Outre que ses propos traduisaient une claire méconnaissance des programmes d’histoire, il n’en reste pas moins que ce candidat se situe dans la lignée des hommes politiques qui veulent instrumentaliser l’enseignement de l’histoire au profit d’une idéologie patriotique et guerrière. Le retour du port de l’uniforme qu’il prône s’inscrit d’ailleurs aussi dans cette volonté de caporaliser l’école, les enseignants comme les élèves, en s’appuyant sur une histoire nationale empreinte de militarisme qui serait la seule à pouvoir être enseignée à l’école. Continuer à lire … « Histoire à l’école : déconstruire une mémoire guerrière et sélective »