Le Mouvement pour une Alternative Non-violente publie un communiqué suite à l’allocution présidentielle du 6 mars 2025.
Dans son allocution, mardi 6 mars, le président de la République a annoncé de « nouveaux efforts budgétaires » pour financer les dépenses d’armement déjà en forte hausse depuis plusieurs années. Ainsi, la loi de finances 2025, adoptée le 14 février, a confirmé l’augmentation de 3,3 milliards du budget de la défense. Cette augmentation s’inscrit elle-même dans la trajectoire tracée par la Loi de Programmation Militaire (2024-2030), adoptée en juillet 2023, avec un montant de 413 milliards d’euros. Le budget de la défense 2025 est donc de 50,5 milliards d’euros, représentant 2 % du PIB. C’est l’un des rares budgets à ne pas subir de coupes. Ainsi, chaque jour, la dépense militaire s’élève à 21 millions d’euros, soit le coût d’un collège !

Je relaie le communiqué du MAN (Mouvement pour une Alternative Non-violente) publié récemment et la 

On apprend que, samedi, la France a procédé à un tir d’essai de missile balistique stratégique, sans charge nucléaire, à Biscarrosse dans les Landes. Le ministre des armées s’est félicité de la « réussite » d’un tel tir, et en a profité pour vanter « la crédibilité de notre dissuasion nucléaire ». C’est l’occasion de rappeler que la dissuasion nucléaire n’est qu’un mythe et qu’elle ne protège absolument pas la France, bien au contraire.
La guerre en Ukraine ravive les tensions internationales et les risques de guerre mondiale, à l’heure où la crise climatique hypothèque notre avenir. Pendant ce temps, la France augmente considérablement son budget militaire, amplifie sa production d’armements et contribue à la militarisation de l’Europe.
Edgar Morin, que l’on ne présente plus, 101 ans, publie ces jours-ci, aux éditions de l’Aube, un livre décapant sur la guerre, plus exactement sur les guerres, celle qu’il a vécue et celle d’aujourd’hui. Résistant, ayant combattu les armes à la main le nazisme, on ne suspectera donc pas le célèbre sociologue et philosophe d’être un « pacifiste », appellation péjorative inlassablement reprise pour discréditer toute personne qui s’élève contre les horreurs de la guerre ou tout simplement contre toute guerre. Et pourtant, ce livre, écrit dans un style incisif, bourré de références historiques précises, est un véritable plaidoyer contre la guerre, celles du passé comme celles du présent, et surtout contre celle, mondiale, qui risque d’advenir.
Lors de sa visite au salon de l’armement terrestre Eurosatory, la semaine dernière, le président de la République a fait savoir qu’il souhaitait une « réévaluation » de la loi de programmation militaire 2019-2025 pour « ajuster les moyens aux menaces ». La guerre en Ukraine devient ainsi le prétexte d’une augmentation des dépenses militaires pour le plus grand profit des industries de défense. Le président a d’ailleurs prononcé l’expression « économie de guerre » pour qualifier la période dans laquelle nous entrons. Il s’inscrit clairement dans une politique de réarmement général de l’Europe. Ces annonces d’Emmanuel Macron, au lendemain du 1er tour des élections législatives, sont passées quasiment inaperçues. Pourtant, elles témoignent d’une volonté d’accélérer la militarisation de la France.