Colomiers : résistance civique pour sauver le château de l’Armurier, haut lieu de mémoire

chateau_armurierLe Château de l’Armurier à Colomiers va être transformé en logements hauts de gamme. Les travaux vont commencer dans les prochaines semaines pour une livraison d’ici deux ans. Beaucoup de Columérins ne connaissent pas ce lieu, situé sur les hauteurs du quartier des Ramassiers, en bordure du boulevard Paul Valéry. L’accès y est difficile, peu visible pour qui ne fréquente pas ce coin de Colomiers. Il m’est apparu nécessaire et utile, à l’heure où tout semble complètement ficelé, « fichu » diront certains, dans un ultime geste de révérence à l’histoire, de faire oeuvre de mémoire quant à ce patrimoine méconnu, mais également d’indignation eu égard à l’histoire particulière de ce monument que la mairie n’a pas voulu conserver pour un usage public.

Voici comment le promoteur Pitch Promotion présente sur son site ces futurs appartements : « Cette prestigieuse demeure, dotée d’un jardin central, apparait aussi remarquable qu’emblématique avec ses deux tours carrées. Sa façade est habillée de larges briques rouges qui contrastent élégamment avec les toitures coiffées de tuiles canal. Du studio au 5 pièces, les appartements profitent de volumes généreux qui se prolongent vers l’extérieur par d’agréables loggias, balcons ou terrasses. Les pièces à vivre, dotées de grandes portes-fenêtres et de fenêtres double-hauteur, sont baignées de lumière pour une ambiance chaleureuse. Enfin, des places de parking en sous-sol libèrent l’espace, vous garantissant des vues calmes et reposantes sur la nature 201104050136environnante. Saisissez la chance d’habiter dans l’une de plus belles adresses de la région. » Ainsi, l’un des derniers vestiges du patrimoine de la 2ème ville de la Haute-Garonne va devenir l’une des résidences les plus côtées de l’agglomération toulousaine. Selon nos informations, les prix oscillent entre 300 000 et 400 000 euros pour des logements du T2 au T5. Les mots me manquent pour exprimer le dégoût que je ressens à la lecture de cette vulgaire accroche commerciale qui nie l’histoire d’un lieu qui, assurément, méritait un autre destin…

Une bâtisse datant du 17ème siècle

Oui, un peu d’histoire permet de comprendre assez rapidement combien il est choquant que la mairie ait cédé ce monument chargé de mémoire à un promoteur qui n’a d’autre vocation qu’à construire pour vendre et en tirer des bénéfices substantiels. Depuis plusieurs décennies, Colomiers vit d’ailleurs au rythme d’opérations immobilières successives, sans cohérence, défigurant et bétonnant la ville qui était, il y a encore cinquante ans, un village tranquille de quelques milliers d’habitants.

1410257230-Colomiers-chateauPour exposer cette histoire singulière, je me suis appuyé sur des documents réalisés par l’APEQA (Association de Préservation de l’Environnement du Quartier de l’Armurier, créée en 2008), d’articles de La Dépêche du Midi, et de l’incontournable ouvrage « Colomiers de 1940 à 2000 », publié en 2008 par la Société d’Archéologie et d’Histoire Locale de Colomiers (présidée alors par Henri Molina, maire-adjoint à la culture jusqu’en 2014, décédé en juillet 2015).

Présentons ce lieu en citant ce dernier ouvrage qui en fait un exposé complet. Chacun pourra comparer ce qu’il était réellement à l’origine avec ce qu’il devrait malheureusement devenir… : « Le château est une grande bâtisse en forme de U et s’élevant sur deux étages. Pour accéder à l’entrée, il faut traverser la cour intérieure fermée par une grille et un lourd portail de fer gardé par deux marronniers centenaires. Sur l’aile droite se trouvent l’étable, l’écurie, un bûcher, un atelier, un garage et l’appartement du valet de chambre. A l’arrière de cet ensemble, la serre et un jardin d’agrément. Sur l’aile gauche, l’appartement du régisseur, un lavoir, la salle de jeux avec au-dessus des chambres. château1A l’entrée, un très bel escalier en bois s’ouvre à droite et à gauche et permet d’accéder à l’étage où s’étirent les chambres, les salles de bains et une bibliothèque. Au-dessus, sont aménagées des chambres pour les employés vivant au château. Revenant dans l’entrée, nous descendons cinq marches et nous nous retrouvons dans un très long couloir au sol en marbre. Juste en face, deux portes conduisent dans un immense salon en deux parties luxueusement meublé ; de hautes-fenêtres éclairent la pièce.

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L’une des salles du Château. Les lustres ont disparu depuis des lustres… Où sont-ils ? (photo datant de 2006)

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Entre les deux courts de tennis, des bancs de brique

Au rez-de-chaussée encore, la salle à manger et la cuisine. En sortant du salon ou de la salle à manger, on se retrouve sur une large terrasse en brique ; un espace, quelques marches et voilà la piscine avec son demi-cercle où s’élève une vasque. Tout autour de la piscine, de la pelouse, des massifs de fleurs, des arbres de Judée, des palmiers et deux très beaux tulipiers de Virginie. Les massifs étaient plantés de fleurs (cinéraires de plus souvent) cultivées dans la serre chauffée pendant l’hiver et transplantées au printemps. Dans le parc, les deux courts de tennis, dont un en terre battue, sont reliés par une pergola en fer forgé où courent des rosiers grimpants. Entre les deux courts, des bancs en brique permettent de se reposer ou de suivre un match et des bassins apportent un note de fraîcheur. Tout autour de cet ensemble encore des rosiers qui faisaient l’objet des meilleurs soins. »

Le domaine de l’Armurier est acté dans des documents notariés dès le 17ème siècle. Le nom de l’Armurier tiendrait son origine d’un propriétaire fabricant de cottes de mailles au Moyen Age. Le château fut la propriété de familles qui comptèrent un capitoul et un trésorier général de France au 18ème siècle, un négociant toulousain après la Révolution et un banquier et député de Toulouse au 19ème siècle. Après plusieurs ventes à la fin du 19ème siècle, il fut vendu en 1935 en indivision aux frères Raoul et Georges Massardy, tous deux administrateurs de société.

Léon Blum arrêté au château de l’Armurier

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Eugène Montel

L’épouse de Raoul Massardy, Renée Massardy, était la fille d’Eugène Montel. Celui-ci, instituteur et leader du parti socialiste dans le Narbonnais, est conseiller général depuis 1922. En 1929, à l’occasion du décès du député de Narbonne, il renonce à se présenter à la députation qui lui tendait les bras, préférant laisser sa place à son ami Léon Blum, qui sera élu dès le premier tour. En 1935, Montel est élu conseiller municipal de Narbonne. Il intègrera le cabinet de Léon Blum en juin 1936 jusqu’en 1937. Lorsque la guerre éclate, il se retire chez son gendre au château de l’Armurier. Il y dispose, avec son épouse, d’un appartement dans l’aile gauche.

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Léon Blum

Au mois de juin 1940, lors de la débâcle, Léon Blum et Vincent Auriol s’installent dans la demeure de l’Armurier, jugée plus sûre que celle de Auriol à Muret. Dans ses Mémoires, Léon Blum écrira : « Je restais donc à l’Armurier où vinrent me rejoindre dès le lendemain (du 23 juin) Montel et ses enfants, puis, au bout de quelques jours ma belle fille et ma petite fille. J’étais épuisé par la fatigue, la tension, l’angoisse ininterrompue des deux dernières semaines, mais je recouvrais bientôt l’équilibre dans cette maison, ensoleillée et fraîche, au milieu d’un beau jardin solitaire, entre des amis affectueux. J’entends l’équilibre corporel, car la désolation de l’esprit persistait1« . Nul doute que ce refuge a permis à celui qui fut le chef du Front Populaire, à la fois de se cacher, de se reposer, mais aussi de garder le contact avec ses amis et alliés.

Les députés Blum et Auriol quittent l’Armurié pour Vichy afin de participer au vote du 10 juillet 1940 où ils sont parmi les rares à refuser les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Léon Blum revient le 12 à Colomiers, découragé et isolé politiquement. Des réunions d’un réseau résistant rassemblent alors des responsables politiques de haut rang. Tous les soirs, ils écoutent la radio afin de déchiffrer les messages codés venant de Londres.

Mais la police du nouveau régime de Vichy repère et surveille la maison où Léon Blum a trouvé refuge. Le 15 septembre 1940, à six heures du matin, il est réveillé par sa servante Emilienne qui lui annonce qu’un commissaire est venu l’arrêter. Eugène Montel raconte : « Ce matin-là, la fraîcheur du château me glaçait les os. J’étais réveillé depuis longtemps et je marchais dans les couloirs, seul, tout le monde dormait encore, Léon aussi. Je réfléchissais à ce que nous devions faire aujourd’hui, dès que Vincent arriverait, quand soudain, j’entendis des bruits sourds d’abord, qui devinrent des murmures puis des discussions de plus en plus fortes pour finir par des cris. Je regardais la vieille horloge posée sur la cheminée de marbre : 6 heures ! Le château était cerné, d’importantes forces de police pénétraient dans la propriété, je reconnus même le chef de la Sûreté en personne. Evidemment, Pétain n’avait pas tardé à lancer ses sbires à nos trousses. »

Eugène Montel et Vincent Auriol seront également arrêtés ce matin-là. Léon Blum sera interné au château de Chazeron (à Loubeyrat dans le Puy-de-Dôme) et Montel sera interné à Vals-les-Bains en Ardèche jusqu’en 1944. Il s’en échappera et prendra une part active à la Résistance. Il sera notamment l’un des membres du mouvement « Libérer et Fédérer ». Il deviendra maire de Colomiers au mois de mai 1945 jusqu’à son décès en 1966. Il fut également conseiller général de Toulouse-Ouest à partir de 1946, président du Conseil général de la Haute-Garonne, député à partir de 1951 jusqu’en 1966.

Ainsi, le château de l’Armurier fut le théâtre d’un événement quelque peu singulier avec l’arrestation de Léon Blum, chef du Front Populaire, ami d’Eugène Montel qui a vécu de longues années dans cette demeure et qui fut maire de Colomiers pendant plus de vingt ans. Certainement que peu de communes de l’agglomération toulousaine peuvent s’enorgueillir de posséder une telle bâtisse chargée d’histoire ! Et pourtant, c’est ce château-là qui, dans quelques semaines, devrait subir la plus grande transformation de son histoire, sous les coups du promoteur Pitch.

La vente du château et le projet immobilier

20160604_164643Après le décès de Renée Massardy le 16 novembre 2001, les héritiers décident de vendre le château. Dans un grand hebdomadaire (daté du 8 août 2002), une annonce immobilière le présente comme un « imposant château du XIXème siècle nécessitant quelques travaux de remise en état ». Il est indiqué que la surface du bâtiment avec ses deux ailes est de 2 200 m² avec 6 hectares de parc. L’annonce précise qu’elle peut convenir pour une collectivité, un siège de société ou une propriété familiale… Nous savons aujourd’hui que ce ne sera aucun de ces trois… Le prix annoncé est de 1 215 000 euros.

Le château est finalement racheté aux héritiers de la famille Massardy par la SEM de Colomiers en 2004. Suite à un appel à projet, le groupe immobilier toulousain Carrère est retenu. Il prévoit de transformer le château en hôtel 4 étoiles, avec brasserie d’affaires de 100 couverts, salles de réception et de séminaires de 10 à 100 personnes et résidence hôtelière. Mais le promoteur fera défection. Heureusement dira-t-on…, mais cela n’avait visiblement pas choqué la municipalité à l’époque !

En 2011, la municipalité se tourne alors vers Pitch Promotion qui venait de terminer la rénovation et la restauration du Grand Hôtel rue de Metz à Toulouse. Le promoteur envisage 68 appartements avec un parking de 138 places en sous sol. Les travaux devaient débuter début 2012 pour une livraison au 2ème trimestre 2013. Il est par ailleurs acté que la majeure partie du parc de l’Armurier deviendra un parc public aménagé. Il ouvrira en effet au public en juin 2012, sans beaucoup d’aménagements en réalité, ni d’entretien puisque les bancs fontaine qui font le charme de ce parc continuent de se détériorer sous une végétation envahissante.

La mobilisation citoyenne

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Michel Massé, président de l’APEQA, et Isabelle Feldkirchner

C’est en octobre 2008 que se crée une association de riverains, l’APEQA (Association de Préservation de l’Environnement du Quartier de l’Armurier), dont le président est Michel Massé. Son objectif est de conserver le château dans le patrimoine columérin. « Il y a beaucoup de nouveaux habitants à Colomiers, qu’allons-nous leur raconter de l’histoire de cette ville ? » s’interroge Michel Massé, interviewé par La Dépêche du Midi en 2011. Quand on lui rétorque que cela coûterait cher à la collectivité, il répond : « Mais de l’argent à Colomiers, il y en a ! On construit une médiathèque, un centre sportif haut de gamme. Pour le patrimoine, il n’y a plus rien… Après le château du Cabirol, l’Armurier livré aux promoteurs, ça fait mal ». Pour convaincre les élus et le promoteurs, il leur suggère de venir sur place :  » Qu’ils respirent ce parfum d’histoire, qu’ils touchent ces pierres ancestrales. Qu’ils réalisent ce que ce magnifique édifice pourrait apporter au plus grand nombre. » Propos de bon sens, empreints de sagesse et de lucidité…

En septembre 2011, une révision du PLU de Colomiers dans l’objectif de créer une nouvelle zone urbanisable à l’Armurier est soumise à enquête publique. Cette nouvelle zone constituerait une enclave d’environ un hectare dans une zone naturelle NL avec Espace Boisé Classé. Cette enclave ouvrirait la porte à l’urbanisation de l’Armurier comprenant le Château. Dans sa lettre du 12 octobre 2011 adressée au Commissaire Enquêteur, l’APEQA argumente sur la valeur historique de ce lieu : « A une époque où 20% des Français se déplacent pour visiter leur patrimoine lors de la journée qui lui est dédiée, le site de l’Armurier mérite que non seulement la mairie, mais également le Grand Toulouse, le département de la Haute-Garonne, voire même la région, se préoccupent de lui trouver une utilisation à la hauteur de son charme et de son histoire. »

A ces arguments, la mairie, dirigée alors par Bernard Sicard, répond que la conservation et l’entretien de ce patrimoine excentré n’est pas une priorité. Elle considère qu' »au regard de son coût, il ne se prête pas à une utilisation publique. » L’argument peut prêter à sourire quand on analyse les dépenses astronomiques effectuées pour certains équipements publics sportifs à cette époque. Mais il est vrai que le sport, c’est davantage payant électoralement que la culture… L’une des membres de l’APEQA interpellant alors l’adjointe au maire à l’urbanisme, Karine Traval Michelet, se voit répondre : « Que voulez-vous, il faut bien que les gens riches aient des appartements »… Sans commentaires, n’est-ce pas ? Reçue par la conseillère régionale Dominique Salomon, en charge de la Culture et de la Patrimoine sous la mandature de Martin Malvy, les membres de l’APEQA aiment se rappeler cette discussion. En effet, la conseillère régionale leur avait dit en souriant : « je suis très surprise qu’une association demande à préserver le patrimoine communal, d’habitude ce sont les mairies et nous sommes là pour les aider »… Sans commentaires, bien entendu…

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Copie d’une aquarelle donnée par Georges Massardy à Isabelle Feldkirchner. Au premier plan, Eugène Montel. Sur le banc, Mmes Montel et Massardy.

En moins d’une semaine, une pétition lancée par l’APEQA recueille plus de 800 signatures, ce qui est assez remarquable pour une ville comme Colomiers sur un sujet « culturel et historique ». De nombreux citoyens découvrent ce patrimoine menacé et s’offusquent. On commence à croire qu’il est possible d’inverser le cours de cette mauvaise histoire. « Nous allons sauver le château, c’est certain », affirme alors Isabelle Feldkirchner, membre de l’APEQA, et dont la mère, Maria Baiguera, a travaillé pendant 48 ans au château (de 1939 à 1987) au service de la famille Massardy.

L’espoir est entretenu après la remise du rapport du commissaire enquêteur au mois de décembre 2011. Dans ce rapport de 24 pages, il se dit « partisan de la conservation à l’identique de la totalité du volume de la construction en  »U » » du château de l’Armurier. Pour lui, « la régularité des façades sans décors ou aspérités », « la construction rectangulaire », et « les ailes perpendiculaires formant un « U », la « sobriété générale », « participent à une harmonie générale tendant à la constitution d’un ensemble unique, dont la division serait attentatoire à la qualité initiale ». Il reprenait les recommandations émises par le Conservateur régional des monuments historiques qui, dans une lettre en date du 12 novembre 2007 adressée au maire de Colomiers, désignait « nommément les architectures du parc de l’Armurier comme éléments du patrimoine communal à préserver ». Les conclusions du commissaire enquêteur remettent clairement en cause le projet immobilier de 68 logements présenté par Pitch Promotion qui prévoyait de conserver la façade initiale du château, mais pas les ailes latérales qui auraient été remplacées par d’autres ailes plus larges et plus longues abritant des appartements. Plus tard, le promoteur révisera sa copie et abaissera à 48 le nombre de ses logements à l’Armurier en ne supprimant qu’une aile à son projet pour essayer de respecter cette forme en U.

Cependant, la douche froide s’abattra sur les opposants lorsque le Conseil municipal du 14 mai 2012 décidera d’autoriser l’urbanisation d’une partie du bois classé de l’Armurier. Devant un public nombreux mobilisé par l’APEQA, la majorité des élus émettra un avis favorable à l’adoption du PLU qui autorise le déclassement d’une partie du bois de l’Armurier. La majorité socialiste, par son vote, a bien décidé de faire table rase du passé, tout particulièrement du passé de l’un des siens, Léon Blum. Toute l’opposition (UMP, MODEM, NPA) votera contre et l’adjointe au maire, Elisabeth Lavernhe, s’abstiendra avec le groupe communiste.

CIMG2106 Marche Cabirol-Armurier 25-05-2012Quelques jours plus tard, le 24 mai 2012, une marche citoyenne contre le bétonnage de la ville rassemblait plus de 100 personnes. La marche, démarrée au Cabirol, longera le tout nouveau et gigantesque complexe sportif, (où l’on voit où se situe les priorités de la municipalité et sa conception de « l’intérêt général »…) et aboutira au pied du Château de l’Armurier. L’une des pancartes portée par un manifestant clamait : « Léon Blum , s’il te plaît, reviens ! ».

Pendant son mandat de conseiller général (2011-2015), Patrick Jimena (EELV) s’était fait le porte-parole des opposants à la destruction du château et avait émis des propositions constructives pour le sauver. Il proposait notamment de le transformer en un lieu de mémoire articulé avec un lieu de sensibilisation au respect de l’environnement. Il considérait que le Château de l’Armurier pouvait devenir un pôle d’excellence de recherche et de promotion de toutes les initiatives en faveur du respect de notre environnement dans les domaines de l’habitat, des transports, de l’énergie, de circuits courts… Il remarquait que le parc disposait d’un espace magnifique pour développer des initiations et des formations aux techniques de maraîchage pour les jeunes et

Patrick Jimena lors de la marche du 24 mai vers le Château

à la culture des plantes anciennes voire rares en partenariat avec l’école d’agriculture de Purpan. Pour Patrick Jimena, il était possible de faire de cet espace, un lieu exemplaire en lien direct avec toutes les déclarations visant à laisser à nos enfants, outre un lieu de mémoire, un lieu d’anticipation et de préparation à l’avenir.

L’histoire n’est pas finie…

A l’heure où Pitch Promotion envisage de commencer les travaux de transformation du château cet été, faut-il considérer que les dés sont définitivement jetés ? L’histoire est-elle pliée ? Alors que nous achevions cet article, nous apprenions qu’un nouveau collectif d’opposition au château semblait vouloir reprendre le flambeau de la lutte. A l’initiative d’un jeune militant socialiste, Jean-Médéric Delcros, écoeuré que l’on brade ainsi la mémoire de Léon Blum, vient en effet de naître un regroupement de citoyens baptisé « Château de l’Armurier, le défendre ». Selon le site de France 3 Midi-Pyrénées, qui vient de lui consacrer un article, il comprend essentiellement des étudiants et des jeunes salariés. Le reportage nous apprend que le collectif entend lancer une grande campagne de sensibilisation à la valeur patrimoniale du château et annonce également sa volonté de bloquer pacifiquement le site pour s’opposer aux travaux.13310383_538601696325792_84328394744740127_n

L’histoire n’est donc pas finie… d’autant que, cerise sur le gâteau, nous découvrons ces jours-ci que Pitch Promotion qui met en vente les appartements non encore construits n’est toujours pas propriétaire du domaine de l’Armurier qui est donc toujours la propriété de la SEM Oppidéa (née en 2011 de la fusion de plusieurs SEM dont celle de Colomiers)… Les citoyens éclairés et mobilisés n’ont pas encore dit leur dernier mot. Ils veulent tout simplement être en phase avec cette remarquable maxime du précédent président socialiste du conseil général de la Haute-Garonne que n’aurait certainement pas reniée un certain Eugène Montel : « Le combat contre l’oubli est un engagement permanent à débusquer les formes les plus insidieuses des assauts du temps. Nulle raison ne saurait prévaloir sur cet axiome fondamental sous peine d’ouvrir les voies d’un avenir sans racine ni assise, sans histoire ni mémoire, sans horizon ni lendemain ».

1Léon Blum, Mémoires, cité dans « Colomiers de 1940 à 2000 », p. 40.

6 réflexions sur “Colomiers : résistance civique pour sauver le château de l’Armurier, haut lieu de mémoire

  1. C’est un excellent article, pour défendre le château de l’Armurier. Mais un château coute cher à rénover, à entretenir. Il vous faut donc faire des propositions pour qu’il ne pèse pas trop cher dans le porte monnaie des contribuables. Pourquoi ne pas en faire : des salles de location pour fêter certains évènements (mariages, départ en retraite, fiançailles) ? un lieu d’expositions (sculptures, peintures) et un lieu de visite pour les touristes amateurs de châteaux a découvrir durant les vacances ?
    Tenez moi au courant SVP

    Marie51

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  2. […] Finalement, les amnésiques de la mémoire se rencontrent… Les opposants à l’intérieur du PS accusent Manuel Valls de vouloir liquider le Parti Socialiste. Ils n’ont peut être pas tort, confirmant les propos de Michel Rocard qui considérait, à propos de Macron et Valls, que « la conscience de porter une histoire collective avait disparu » et qu’ils étaient « loin de l’Histoire ». A Colomiers, les socialistes locaux, eux, liquident la mémoire du parti socialiste, en l’occurrence celle de Léon Blum. L’ancien chef du Front populaire, en compagnie de Vincent Auriol, a été arrêté pendant la guerre (le 15 septembre 1940) à Colomiers au château de l’Armurier qui était la propriété de son gendre, Eugène Montel (qui deviendra maire de Colomiers de 1945 à 1966). Il y a quelques années, malgré l’opposition de nombreux citoyens qui voulaient préserver la mémoire de ce patrimoine particulier, la mairie a vendu ce château à un promoteur qui devrait en faire des logements de luxe… (voir notre article : Résistance civique pour sauver le château de l’Armurier, haut lieu de mémoire). […]

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  3. Je suis vraiment écoeuré par cette caste soit-disant socialiste qui règne sur Colomiers depuis des lustres et qui brade notre patrimoine au plus offrant pour se décharger encore une fois de sa responsabilité la plus primaire. Je souhaite de tout coeur que les phamtômes des Montel, Blum, Auriol et autres Massardy viendront hanter les couloirs du chateaux et rappeler aux riches propriétaires comme les appelait Mme notre Maire qu’une page de l’Histoire Nationale Française fût tournée en ces lieux. Honte à vous les « élus ».

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  4. Le PS n’a plus aucune valeur depuis bien longtemps.
    Si le Centre ou la Droite avait été impliqués dans autant de magouilles, scandales, affaires qu’eux (DSK, Cahuzac, Guérine, Andrieu, Arif, Morelle, Thevenoud, …) la presse hurlerait aux loups.
    Encore une affaire où certains vont pouvoir se gaver ou caser des amis.
    Quand on connait la cupidité de certains très proches des élus de la ville, nous avons du souci à nous faire.

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