9 novembre 1989 : la victoire de Gandhi sur Lénine…

Le mur de Berlin n’est pas tombé grâce à la quincaillerie militaire de l’Occident, mais grâce à la mobilisation exceptionnelle de la société civile est-allemande dans une résistance non-violente qui est allée crescendo pendant les semaines qui ont précédé ce fameux jour de novembre 1989. Le système totalitaire s’est effondré en une nuit, non pas sous les coups de boutoir d’armées démesurées, mais sous la pression pacifique du peuple qui avait décidé de reprendre en main son destin. Les mauvais esprits qui se moquaient de nous lorsque nous disions que la non-violence était l’arme la plus efficace pour résister face au pouvoir communiste en furent pour leurs frais… Continuer à lire … « 9 novembre 1989 : la victoire de Gandhi sur Lénine… »

De la désobéissance civile : clarification conceptuelle et signification politique

On entend beaucoup parler dans les médias et les mouvements écologistes pour le climat de « désobéissance civile ». Malheureusement, cette notion est souvent utilisée à tort, à la fois par les militants et la presse. Bien souvent, elle est employée pour évoquer une action non-violente ponctuelle ou de durée limitée, action certes illégale, mais qui, selon nous, n’entre pas toujours dans les catégories de la « désobéissance civile ». Il me semble essentiel de faire remarquer que la désobéissance civile ne se réduit pas à ce type d’actions médiatiques. Je propose ici d’apporter quelques clarifications conceptuelles sur cette notion qu’il convient d’employer à bon escient en vérifiant que les critères qui la définissent soient bien respectés.  Continuer à lire … « De la désobéissance civile : clarification conceptuelle et signification politique »

Le Service National Universel ou comment soumettre et embrigader la jeunesse. Pour un droit à l’objection de conscience.

La phase test du Service National Universel du 17 juin au 31 juillet 2019 a apporté des éclairages tout à fait saisissants sur l’essence de ce dispositif, les valeurs qu’il véhicule, les objectifs « civiques », mais surtout militaristes qu’il vise et les pratiques qu’il met en oeuvre. Si le SNU repose pour l’instant sur le volontariat, nous savons que le pouvoir souhaite le généraliser en le rendant obligatoire pour toute la tranche 16-18 ans. Je dénonce ici une entreprise de soumission et de caporalisation de la jeunesse, ainsi qu’une volonté de militarisation des consciences par des méthodes d’un autre âge, mais en parfaite cohérence avec un pouvoir autoritaire et méprisant envers le peuple. Plus que jamais, comme pour le service militaire au temps de la conscription obligatoire, un droit à l’objection de conscience au SNU doit être reconnu, par les jeunes eux-mêmes, mais également par les familles. Continuer à lire … « Le Service National Universel ou comment soumettre et embrigader la jeunesse. Pour un droit à l’objection de conscience. »

Hiérarchie et désobéissance à l’école : Ecrits de lutte (2008 – 2018)

Il y a dix ans, le mouvement des enseignants-désobéisseurs du primaire secouait la forteresse Education nationale. Face aux attaques perpétrées par le gouvernement contre les valeurs et les principes de l’école de la République, une résistance éthique et responsable totalement inédite s’était développée chez les professeurs des écoles, malgré les risques professionnels encourus.

La lettre d’Alain Refalo à son inspecteur (« En conscience, je refuse d’obéir »), en date du 6 novembre 2008, avait été le déclencheur de ce mouvement de désobéissance pédagogique sans précédent dans l’histoire de l’école.

Dans cet ouvrage, Alain Refalo nous propose un retour sur ces années de lutte en mettant à disposition de nombreux textes, articles, discours, lettres, témoignages qu’il a produits dans le cadre de ce mouvement.

Un document essentiel pour penser et comprendre la révolte des enseignants-désobéisseurs du primaire.

Accessible en téléchargement (212 p.) : Hiérarchie et désobéissance à l’école Continuer à lire … « Hiérarchie et désobéissance à l’école : Ecrits de lutte (2008 – 2018) »

Baccalauréat 2019 : en conscience, ils ont refusé d’obéir…

Crédit La République du Centre

10 ans après le mouvement des enseignants-désobéisseurs du primaire, les professeurs du secondaire ont à leur tour pris le chemin de la résistance ouverte. « En conscience, je refuse d’obéir », écrivions-nous à notre hiérarchie pour signifier notre refus d’être complices de dispositifs pédagogiques imposés qui reniaient l’éthique de notre métier et de nos missions. Tout particulièrement, les évaluations nationales standardisées prémisses à la mise en concurrence des établissements scolaires, mais aussi les nouveaux programmes rétrogrades, l’aide personnalisée qui masquait la suppression des RASED et le fichier Base Elèves. Continuer à lire … « Baccalauréat 2019 : en conscience, ils ont refusé d’obéir… »

9 juillet 2009 : il y a 10 ans, le procès de l’instit rebelle de Colomiers…

Mercredi 24 juin 2009, 8h30. La matinée est libérée des élèves. C’est notre dernier conseil des maîtres de l’année. Je descends de ma classe située au 1er étage pour rejoindre la salle des maîtres. Au rez-de-chaussée, une personne me salue et me demande si je suis bien Alain Refalo. Je lui tends la main en répondant par l’affirmative. C’est une huissière de justice qui me remet une lettre recommandée en provenance de l’inspection académique. Objet : « convocation devant le conseil de discipline le jeudi 9 juillet à 15h à l’inspection académique, salle de l’Ordre des Palmes académiques, afin d’examiner les faits qui vous sont reprochés : refus d’obéissance, manquement au devoir de réserve, incitation à la désobéissance collective, attaque publique contre un fonctionnaire de l’Éducation Nationale. » Continuer à lire … « 9 juillet 2009 : il y a 10 ans, le procès de l’instit rebelle de Colomiers… »

Désobéir pour le climat : un impératif citoyen

Il y a quatre ans, à l’approche de la COP 21, nous avions salué la préparation de la mobilisation citoyenne en formulant le voeu qu’elle s’inscrive résolument dans une démarche non-violente. (ici) Quatre ans plus tard, alors que les rapports alarmants se succèdent sur le réchauffement climatique, les citoyens sont plus que jamais en mouvement pour décréter l’état d’urgence climatique. Et agir en conséquence. Continuer à lire … « Désobéir pour le climat : un impératif citoyen »

Ecologiste, voici pourquoi j’ai rejoint le Rassemblement des Ecologistes pour le Vivant (REV)

Dès sa fondation, en février 2018, j’ai adhéré au REV, le Rassemblement des Ecologistes pour le Vivant. Je ne pensais pas vouloir adhérer à nouveau à un parti politique, tant les déceptions furent grandes ces dernières années avec Europe Ecologie-Les Verts dont je fus membre de 2010 à 2015. Ce nouveau mouvement, initié par Aymeric Caron, apporte l’authenticité et la radicalité que l’écologie politique, disons politicienne, a perdu ses dernières années au gré des ambitions personnelles et des alliances contre-nature. Retour sur un engagement marqué par l’écologie et la non-violence et sur les raisons de mon adhésion au REV, avec quelques perspectives pour demain…  Continuer à lire … « Ecologiste, voici pourquoi j’ai rejoint le Rassemblement des Ecologistes pour le Vivant (REV) »

Colomiers : la taille des écoles, un handicap structurel pour la réussite des élèves

La future école élémentaire Simone Weil, dans le quartier des Marots, comprendra 15 classes. La municipalité poursuit donc dans la construction d’écoles maternelles et élémentaires à taille surdimensionnée. Dans l’agglomération toulousaine, Colomiers est sans doute la seule ville d’importance à maintenir ou construire des écoles de plus de 14 classes. Cette orientation structurelle a de graves conséquences sur le climat scolaire qui se dégrade, sur le travail en équipe de plus en plus difficile, sur la réussite des élèves qui devient un slogan bien loin des réalités. Et la réalité, c’est que la population scolaire a fortement évolué ces dernières années, avec davantage d’élèves en difficulté d’apprentissage, et pour beaucoup au comportement inadapté à la structure scolaire. Continuer à lire … « Colomiers : la taille des écoles, un handicap structurel pour la réussite des élèves »

Non-violence et décroissance : essai de convergence en quelques mots

Tout comme la décroissance, la non-violence est un processus, un chemin et non pas une finalité, encore moins un dogme. Les deux mots « non-violence » et « décroissance », que nous associons volontiers, sont des termes « négatifs » qui existent par ce à quoi ils s’opposent directement : la violence et la croissance. Ils permettent de nommer clairement la démarche de rupture engagée avec l’ordre établi, qu’il soit politique ou économique. Les deux mots expriment la décision et la volonté de sortir des logiques oppressives et mortifères qui fondent les systèmes dominants. Continuer à lire … « Non-violence et décroissance : essai de convergence en quelques mots »