Martin Luther King et la désobéissance civile

Chaque année, le 3ème lundi du mois de janvier est un jour férié aux Etats-Unis. C’est le « Martin Luther King day », la journée Martin Luther King, en hommage au célèbre défenseur des droits civiques dans les années soixante. Observée pour la première fois en 1986, elle marque l’anniversaire de la naissance de Luther King (le 15 janvier 1929). Dans cet article, je voudrais exposer la pensée et l’action de Martin Luther King concernant la désobéissance civile. Loin de certaines images d’épinal qui ferait de King un doux rêveur (suite à son fameux discours « I have a dream »), il était surtout un homme profondément ancré dans les dures réalités de son temps, soucieux de résister efficacement par l’action non-violente aux injustices de la ségrégation raciale dans son pays.
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« La violence juste n’existe pas : Oser la non-violence », le dernier ouvrage de Jean-Marie Muller

La publication de cet ouvrage n’est pas seulement un nouveau livre de Jean-Marie Muller sur la non-violence, mais l’invitation à une large réflexion qui s’inscrit dans une actualité récente qui a vu l’Eglise « bouger » sur cette question. Ainsi, il y a un an, nous nous faisions l’écho du message du Pape François qui, lors de la journée mondiale pour la paix le 1er janvier 2017, avait délivré un important discours pour promouvoir la non-violence en tant que « style de vie ». (voir ici). « Depuis le niveau local et quotidien jusqu’à celui de l’ordre mondial, écrivait le Pape, puisse la non-violence devenir le style caractéristique de nos décisions, de nos relations, de nos actions, de la politique sous toutes ses formes ! » Cette allocution étonnante du pape au monde constituait une première dans l’histoire de l’Eglise. Car n’oublions pas que celle-ci n’a toujours pas renoncé officiellement à la théorie funeste de la guerre juste qui prévaut depuis des siècles. A rebours de cette doctrine, dans son message, le pape faisait l’éloge de l’action non-violente, en tant que force qui a déjà « donné des résultats impressionnants ». Continuer à lire … « « La violence juste n’existe pas : Oser la non-violence », le dernier ouvrage de Jean-Marie Muller »

Irrintzina ou la force de l’action non-violente

Ils sont rares les films qui savent montrer la non-violence en actes avec toute la puissance des images. Depuis le film « Gandhi » (1983) de Richard Attemborough, peu de documentaires ou de fictions ont réellement été à la hauteur de ce défi. Plus récemment, seul le film « Selma » (2015) sur les combats de Martin Luther King pour les droits civiques dans les années soixante au Etats-Unis pouvait soutenir la comparaison avec le film culte sur le leader de l’indépendance indienne. Mais nous étions sur des fictions, avec des acteurs, et sur des personnalités internationales un peu hors du commun. Continuer à lire … « Irrintzina ou la force de l’action non-violente »

Penser le combat non-violent (essai de synthèse provisoire)

Sans doute, peut-il apparaître provocateur de parler aujourd’hui de « non-violence » ou de « lutte non-violente » tant notre actualité, mais aussi notre Histoire commune semblent dominées par la violence, la guerre, le terrorisme, les massacres, les génocides. Le mot de « non-violence » lui-même semble inaudible dans ce contexte où les médias nous donnent à voir chaque jour le spectacle de la violence et de la guerre. Le mot « non-violence » apparaît encore chez beaucoup comme la négation de la violence, ou tout simplement le simple refus de la violence, c’est à dire finalement le refus de l’action. Et nous savons que l’inaction, la passivité, la résignation ne sauraient être une ligne de conduite morale qui nous permette d’avoir une attitude responsable dans notre Histoire. Le concept de « lutte non-violente », aussi, peut poser question, car dans notre culture dominante, il n’y a de place, essentiellement, que pour la lutte violente, armée. Plus exactement, il nous est difficile de concevoir une lutte qui ne serait pas violente ou armée pour faire face aux injustices, aux oppressions, aux dictatures, aux agressions contre un peuple, un territoire. Dans notre culture, il est impensable que la non-violence, la lutte non-violente puisse jouer un rôle significatif, puisse avoir une prise sur les évènements, puisse être d’une quelconque efficacité. Nous avons intériorisé que seule la violence, la lutte armée, la guerre sont les seuls instruments nécessaires, légitimes pour combattre efficacement un agresseur, pour défendre les valeurs essentielles lorsque celles-ci sont menacées. Continuer à lire … « Penser le combat non-violent (essai de synthèse provisoire) »

Défilé militaire du 14 juillet : faut-il applaudir les engins de mort ?

En appui de la pétition que j’ai lancée pour la suppression du défilé militaire du 14 juillet, je publie cette tribune dans une version augmentée. La première version de ce texte avait été publiée à l’occasion de la polémique lancée par Eva Joly en juillet 2011. Depuis, je l’ai régulièrement diffusée à l’occasion du 14 juillet. Dénoncer le défilé militaire, ce n’est pas s’inscrire dans un antimilitarisme primaire, c’est affirmer que notre pays s’honorerait en montrant au monde qu’il peut être grand sans devoir exposer des milliers d’engins de mort qui alimentent les guerres aux quatre coins du monde. Continuer à lire … « Défilé militaire du 14 juillet : faut-il applaudir les engins de mort ? »

Pour une démilitarisation des commémorations nationales

 La France a un goût prononcé pour les commémorations qui, chaque année, de façon immuable, se succèdent, tant à Paris que dans chaque ville et village du pays. Une douzaine de journées nationales commémoratives ont été instituées par l’Etat en souvenir d’événements et d’acteurs de ces événements qui ont marqué l’histoire de la nation : journée du souvenir des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie, journée du souvenir des victimes et héros de la Déportation, fête nationale de Jeanne d’Arc et du patriotisme, commémoration de la victoire du 8 mai 1945, journée nationale de la mémoire de la traite négrière, de l’esclavage et de leur abolition, journée de la Résistance, journée d’hommage aux morts pour la France en Indochine, appel du 18 juin du Général de Gaule, journée nationale à la mémoire des crimes racistes et antisémites de l’Etat français et d’hommage aux « Justes » de France, journée d’hommage aux Harkis, Armistice du 11 novembre. Il est possible que j’en oublie… A ces journées instituées, il faut ajouter les anniversaires particuliers : centenaire de la guerre de 14-18, anniversaire du Débarquement (à chaque décennie), etc. Ce sont souvent l’occasion de grandes célébrations médiatiques et politiques, où très souvent la parade militaire tient une place de choix. Continuer à lire … « Pour une démilitarisation des commémorations nationales »

Défendre les frontières de la démocratie

resistance%20civile%20gp3Quelles sont les menaces qui pèsent sur notre démocratie ? Assurément, nous ne sommes plus au temps de la guerre froide où la menace désignée était militaire. Notre défense se situait alors clairement dans l’optique d’une invasion de l’armée soviétique. Ce schéma étant périmé, il convient d’affirmer que ce ne sont pas tant notre territoire qui est menacé par une hypothétique invasion militaire que notre démocratie. « Le territoire dont l’intégrité garantit la paix, c’est-à-dire la justice et la liberté, ce n’est pas celui de la géographie, mais celui de la démocratie, écrit justement Jean-Marie Muller ». Je propose dans cet article une réflexion sur les enjeux de la défense civile de la démocratie. Continuer à lire … « Défendre les frontières de la démocratie »

Eloge de la raison libre en période troublée

rolland-tolstoiIl y a cent ans, en mai 1917, Romain Rolland, rendait un hommage à la raison libre à travers l’exemple du grand écrivain de la terre russe, Léon Tolstoï. J’ai découvert ce texte tout récemment et j’ai été frappé par la force de ces mots qui raisonnent aujourd’hui d’une façon toute particulière.  » Dans le génie de Tolstoï, écrit Romain Rolland en ouverture de son texte, il y a plus d’un homme : il y a le grand artiste, il y a le grand chrétien, il y a l’être d’instincts et de passions déchaînés. Mais à mesure que la vie s’allonge et que son royaume s’étend, on voit plus nettement celui qui la gouverne : et c’est la raison libre. C’est à la raison libre que je veux ici rendre hommage. Car, c’est d’elle, aujourd’hui, que nous avons besoin1« . Cent ans plus tard, nous avons plus que jamais besoin de cette vertu sans laquelle nous risquons de consentir aveuglément à notre propre perte. Continuer à lire … « Eloge de la raison libre en période troublée »

1er janvier 2017 : le pape François fait l’éloge de la non-violence à l’occasion de la 50ème journée mondiale de la paix

message-paix« La non-violence : style d’une politique pour la paix », tel est l’intitulé du message annuel du pape lors de la journée mondiale de la paix, le 1er janvier prochain. Ce message, daté du 8 décembre 2016, a été rendu public il y a quelques jours. Pour la première fois dans l’histoire de l’Eglise catholique, un pape consacre une allocution au thème de la non-violence. C’est un événement considérable que nous voulons saluer en montrant l’exceptionnelle avancée doctrinale que constitue cette réflexion du pape François, alors que plus que jamais, la guerre et la violence font rage dans le monde. Continuer à lire … « 1er janvier 2017 : le pape François fait l’éloge de la non-violence à l’occasion de la 50ème journée mondiale de la paix »

Histoire à l’école : déconstruire une mémoire guerrière et sélective

20140416171204-a61d4ea6-meDevant des millions de téléspectateurs, le candidat de la droite à la primaire François Fillon a récemment déploré que l’école n’enseignait plus Clovis et Jeanne d’Arc, deux héros de notre récit national. Outre que ses propos traduisaient une claire méconnaissance des programmes d’histoire, il n’en reste pas moins que ce candidat se situe dans la lignée des hommes politiques qui veulent instrumentaliser l’enseignement de l’histoire au profit d’une idéologie patriotique et guerrière. Le retour du port de l’uniforme qu’il prône s’inscrit d’ailleurs aussi dans cette volonté de caporaliser l’école, les enseignants comme les élèves, en s’appuyant sur une histoire nationale empreinte de militarisme qui serait la seule à pouvoir être enseignée à l’école. Continuer à lire … « Histoire à l’école : déconstruire une mémoire guerrière et sélective »