L’idée de non-violence et d’action non-violente génère encore des malentendus, des équivoques et des confusions. Habituellement associée au pacifisme traditionnel, elle est souvent perçue comme une forme de résistance molle, parfois synonyme de passivité et de résignation, voire de lâcheté. Il est vrai que notre culture, dominée par la nécessité et la légitimité de la violence et de la contre-violence, n’accorde qu’une place marginale à la philosophie et à la stratégie de la non-violence. En France, tout particulièrement, la non-violence est assez spontanément décriée dans certains milieux activistes, souvent dans l’ignorance de ses potentialités, de sa radicalité intrinsèque et de la force de contrainte qu’elle peut générer.
Ce glossaire se veut une contribution à la pédagogie de la non-violence politique en proposant des définitions conceptuelles de plusieurs mots-clés du lexique de la non-violence. Il a vocation à faire comprendre la véritable signification de la non-violence, tout en déconstruisant les idées fausses qui circulent à son encontre. Les concepts choisis, génériques ou spécifiques, sont volontairement restreints à la dimension politique de la non-violence. Ils ne sont pas classés dans l’ordre alphabétique, mais selon une progression sémantique.
La guerre en Ukraine ravive les tensions internationales et les risques de guerre mondiale, à l’heure où la crise climatique hypothèque notre avenir. Pendant ce temps, la France augmente considérablement son budget militaire, amplifie sa production d’armements et contribue à la militarisation de l’Europe.
Dénoncer la militarisation croissante de notre pays, ses choix stratégiques et militaires est certes nécessaire, mais pas suffisant. Dans la logique de la non-violence, et c’est ce qui la distingue du pacifisme traditionnel, il s’agit de contester et de lutter contre la politique de défense en vigueur, mais également de proposer des alternatives non armées susceptibles d’être prises en compte. Depuis de nombreuses années, le monde de la non-violence s’intéresse à des stratégies de défense qui ne doivent rien à la logique des armes. C’est ce que l’on appelle généralement la défense civile non-violente, une politique de défense pragmatique, réaliste et qui vise à l’efficacité. 
Le 15 avril dernier, deux jours avant l’allocution présidentielle, j’écrivais : « P
La non-violence est une notion complexe qui suscite encore de nombreux malentendus. Les différents mots pour l’exprimer ont d’ailleurs évolué dans l’histoire : « ahimsa », « non-résistance » , « résistance passive » , « satyagraha » , « non-violence » , « action non-violente » , « désobéissance civile » , « résistance civile » , autant de concepts qui se sont efforcés de traduire les différentes dimensions de la non-violence, sur un plan éthique, spirituel, culturel, stratégique et politique.
Un an après le déclenchement de l’invasion de l’Ukraine par les forces armées russes qui a bouleversé le paysage stratégique européen, je voudrais, en toute humilité, mais aussi en toute franchise, affirmer quelques convictions issues de mon engagement dans la non-violence depuis quarante ans. Je souhaiterais aussi poser quelques questions quant à la pertinence du recours aux armes par l’Ukraine pour défendre son territoire. J’ai conscience que ma position, y compris dans le monde de la non-violence, ne fera pas consensus. Elle se veut une modeste contribution au débat sur notre positionnement face à une guerre qualifiée de « juste ».