Hiérarchie et désobéissance à l’école : Ecrits de lutte (2008 – 2018)

Il y a dix ans, le mouvement des enseignants-désobéisseurs du primaire secouait la forteresse Education nationale. Face aux attaques perpétrées par le gouvernement contre les valeurs et les principes de l’école de la République, une résistance éthique et responsable totalement inédite s’était développée chez les professeurs des écoles, malgré les risques professionnels encourus.

La lettre d’Alain Refalo à son inspecteur (« En conscience, je refuse d’obéir »), en date du 6 novembre 2008, avait été le déclencheur de ce mouvement de désobéissance pédagogique sans précédent dans l’histoire de l’école.

Dans cet ouvrage, Alain Refalo nous propose un retour sur ces années de lutte en mettant à disposition de nombreux textes, articles, discours, lettres, témoignages qu’il a produits dans le cadre de ce mouvement.

Un document essentiel pour penser et comprendre la révolte des enseignants-désobéisseurs du primaire.

Accessible en téléchargement (212 p.) : Hiérarchie et désobéissance à l’école Continuer à lire … « Hiérarchie et désobéissance à l’école : Ecrits de lutte (2008 – 2018) »

Baccalauréat 2019 : en conscience, ils ont refusé d’obéir…

Crédit La République du Centre

10 ans après le mouvement des enseignants-désobéisseurs du primaire, les professeurs du secondaire ont à leur tour pris le chemin de la résistance ouverte. « En conscience, je refuse d’obéir », écrivions-nous à notre hiérarchie pour signifier notre refus d’être complices de dispositifs pédagogiques imposés qui reniaient l’éthique de notre métier et de nos missions. Tout particulièrement, les évaluations nationales standardisées prémisses à la mise en concurrence des établissements scolaires, mais aussi les nouveaux programmes rétrogrades, l’aide personnalisée qui masquait la suppression des RASED et le fichier Base Elèves. Continuer à lire … « Baccalauréat 2019 : en conscience, ils ont refusé d’obéir… »

9 juillet 2009 : il y a 10 ans, le procès de l’instit rebelle de Colomiers…

Mercredi 24 juin 2009, 8h30. La matinée est libérée des élèves. C’est notre dernier conseil des maîtres de l’année. Je descends de ma classe située au 1er étage pour rejoindre la salle des maîtres. Au rez-de-chaussée, une personne me salue et me demande si je suis bien Alain Refalo. Je lui tends la main en répondant par l’affirmative. C’est une huissière de justice qui me remet une lettre recommandée en provenance de l’inspection académique. Objet : « convocation devant le conseil de discipline le jeudi 9 juillet à 15h à l’inspection académique, salle de l’Ordre des Palmes académiques, afin d’examiner les faits qui vous sont reprochés : refus d’obéissance, manquement au devoir de réserve, incitation à la désobéissance collective, attaque publique contre un fonctionnaire de l’Éducation Nationale. » Continuer à lire … « 9 juillet 2009 : il y a 10 ans, le procès de l’instit rebelle de Colomiers… »

Désobéir pour le climat : un impératif citoyen

Il y a quatre ans, à l’approche de la COP 21, nous avions salué la préparation de la mobilisation citoyenne en formulant le voeu qu’elle s’inscrive résolument dans une démarche non-violente. (ici) Quatre ans plus tard, alors que les rapports alarmants se succèdent sur le réchauffement climatique, les citoyens sont plus que jamais en mouvement pour décréter l’état d’urgence climatique. Et agir en conséquence. Continuer à lire … « Désobéir pour le climat : un impératif citoyen »

Ecologiste, voici pourquoi j’ai rejoint le Rassemblement des Ecologistes pour le Vivant (REV)

Dès sa fondation, en février 2018, j’ai adhéré au REV, le Rassemblement des Ecologistes pour le Vivant. Je ne pensais pas vouloir adhérer à nouveau à un parti politique, tant les déceptions furent grandes ces dernières années avec Europe Ecologie-Les Verts dont je fus membre de 2010 à 2015. Ce nouveau mouvement, initié par Aymeric Caron, apporte l’authenticité et la radicalité que l’écologie politique, disons politicienne, a perdu ses dernières années au gré des ambitions personnelles et des alliances contre-nature. Retour sur un engagement marqué par l’écologie et la non-violence et sur les raisons de mon adhésion au REV, avec quelques perspectives pour demain…  Continuer à lire … « Ecologiste, voici pourquoi j’ai rejoint le Rassemblement des Ecologistes pour le Vivant (REV) »

Colomiers : la taille des écoles, un handicap structurel pour la réussite des élèves

La future école élémentaire Simone Weil, dans le quartier des Marots, comprendra 15 classes. La municipalité poursuit donc dans la construction d’écoles maternelles et élémentaires à taille surdimensionnée. Dans l’agglomération toulousaine, Colomiers est sans doute la seule ville d’importance à maintenir ou construire des écoles de plus de 14 classes. Cette orientation structurelle a de graves conséquences sur le climat scolaire qui se dégrade, sur le travail en équipe de plus en plus difficile, sur la réussite des élèves qui devient un slogan bien loin des réalités. Et la réalité, c’est que la population scolaire a fortement évolué ces dernières années, avec davantage d’élèves en difficulté d’apprentissage, et pour beaucoup au comportement inadapté à la structure scolaire. Continuer à lire … « Colomiers : la taille des écoles, un handicap structurel pour la réussite des élèves »

Non-violence et décroissance : essai de convergence en quelques mots

Tout comme la décroissance, la non-violence est un processus, un chemin et non pas une finalité, encore moins un dogme. Les deux mots « non-violence » et « décroissance », que nous associons volontiers, sont des termes « négatifs » qui existent par ce à quoi ils s’opposent directement : la violence et la croissance. Ils permettent de nommer clairement la démarche de rupture engagée avec l’ordre établi, qu’il soit politique ou économique. Les deux mots expriment la décision et la volonté de sortir des logiques oppressives et mortifères qui fondent les systèmes dominants. Continuer à lire … « Non-violence et décroissance : essai de convergence en quelques mots »

Le mot « non-violence », créé par Gandhi, a 100 ans (18 avril 1919 – 18 avril 2019)

Nous sommes en février 1919. Gandhi est rentré d’Afrique du Sud depuis près de cinq ans. Il a expérimenté avec succès le satyagraha, forme de résistance civile où la désobéissance aux lois injustes tient une place centrale. Sa notoriété est déjà grande en Inde. Le gouvernement britannique envisage de promulguer les lois « Rowlatt » qui prévoient d’autoriser l’arrestation et l’emprisonnement, sans procès, des « agitateurs »; ainsi sont désignées toutes les personnes soupçonnées de porter atteinte à la sécurité de l’Etat. Pour Gandhi, ces lois remettent en cause les principes élémentaires de justice et les libertés civiques. Il estime impossible que le peuple s’y soumette. Continuer à lire … « Le mot « non-violence », créé par Gandhi, a 100 ans (18 avril 1919 – 18 avril 2019) »

A propos d’une citation faussement attribuée à Gandhi… « D’abord ils vous ignorent, ensuite il vous raillent, ensuite ils vous combattent et enfin, vous gagnez »

Dans son émission « Le vrai du faux » sur France info (27 mars), le journaliste Antoine Krempf fait remarquer que de nombreux responsables politiques utilisent une fausse citation de Gandhi. Il fait notamment référence à Nicolas Dupont Aignan qui, la veille, déclarait sur Europe 1, à propos de ses chances pour les élections européennes : « Il y a une très belle phrase de Gandhi : Au début, ils vous ignorent, ensuite ils se moquent de vous, après ils vous combattent et enfin, vous gagnez« . Visiblement fier d’enrôler le libérateur de l’Inde sous sa bannière et ne doutant pas de sa capacité à faire un bon score, il ajoutait : « J’en suis au stade où ils m’ont ignoré pendant beaucoup d’années, ils se sont moqués de moi et ils me combattent. C’est très bon signe, je le prends comme honneur ».  Continuer à lire … « A propos d’une citation faussement attribuée à Gandhi… « D’abord ils vous ignorent, ensuite il vous raillent, ensuite ils vous combattent et enfin, vous gagnez » »

Pour la planète, le choix de la lutte non-violente

Les citoyens sont entrés en résistance et pas seulement pour des questions de pouvoir d’achat. Le mouvement des gilets jaunes traduit une aspiration à davantage de justice sociale et de participation démocratique. Dans le même temps, toute une partie de la société civile est en lutte pour défendre l’avenir de la planète, le climat, notre environnement, notre santé. Ces multiples résistances se rejoindront le 16 mars dans la « marche du siècle » qui ne sera pas un aboutissement, mais une étape supplémentaire dans la lutte pour la sortie du système dominant, économique et politique, qui a fait faillite. Ce mouvement civique doit être fermement et résolument ancré dans la non-violence, telle est l’insistance privilégiée de notre tribune qui se veut une contribution à la clarification de ce qu’est la lutte non-violente. Continuer à lire … « Pour la planète, le choix de la lutte non-violente »