Le sourire de Mbappé

Nombreux sont ceux qui ont salué l’attitude exemplaire de Kylian Mbappé lors du match de coupe du monde de football France – Paraguay, samedi dernier. Dans un contexte d’adversité brutale, le capitaine de l’équipe de France a répondu aux provocations par le calme, le sourire et l’absence de tout geste violent. Certains ont même reconnu qu’à sa place, dans le même contexte, ils n’auraient peut-être pas su résister à la tentation de rendre coup pour coup. C’est dire la grande maîtrise de soi dont il a fait preuve.

Pour ma part, j’y ai vu une attitude qui relève directement de ce que nous appelons la non-violence. Ici, celle-ci a consisté à ne pas se laisser déterminer par la violence de l’autre. Beaucoup auraient compris qu’il perde son sang-froid, qu’il réponde par l’insulte ou même par un geste de violence. Mais le joueur du Real Madrid a refusé de laisser l’adversaire prendre possession de sa conduite.

Le sourire qu’il affichait n’était pas un sourire de moquerie ni de supériorité. Il apparaissait plutôt comme une manière bien à lui de désamorcer le conflit, et de ne pas laisser transparaître sa colère. Ce sourire adressé à son adversaire, impressionnant et presque incompréhensible dans un tel contexte, semblait lui signifier : « tu ne m’entraîneras pas sur ce terrain là ».

Gandhi nous a montré que la première victoire est la victoire sur soi-même. Dans un stade comme ailleurs, parvenir à ne pas répondre à la violence par la violence constitue déjà une forme de victoire. Et la victoire de l’équipe de France, à l’image de l’attitude de son capitaine, ne s’est pas seulement reflétée dans le score final, elle fut aussi une victoire de l’intelligence émotionnelle d’un collectif capable de rester maître de lui-même sous la pression d’adversaires particulièrement brutaux, et très peu fair-play.


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