Ecologiste, voici pourquoi j’ai rejoint le Rassemblement des Ecologistes pour le Vivant (REV)

Dès sa fondation, en février 2018, j’ai adhéré au REV, le Rassemblement des Ecologistes pour le Vivant. Je ne pensais pas vouloir adhérer à nouveau à un parti politique, tant les déceptions furent grandes ces dernières années avec Europe Ecologie-Les Verts dont je fus membre de 2010 à 2015. Ce nouveau mouvement, initié par Aymeric Caron, apporte l’authenticité et la radicalité que l’écologie politique, disons politicienne, a perdu ses dernières années au gré des ambitions personnelles et des alliances contre-nature. Retour sur un engagement marqué par l’écologie et la non-violence et sur les raisons de mon adhésion au REV, avec quelques perspectives pour demain… 

Mon engagement écologiste remonte au début des années 80, bien avant la création des Verts. Particulièrement sensibilisé à la course aux armements nucléaires, j’ai rejoint, durant les années lycée, le mouvement anti-nucléaire qui se développait en France. L’affaire des « euromissiles » suscitait alors une mobilisation internationale de grande envergure, tandis qu’en France, nous étions très peu nombreux à remettre en cause le dogme de la dissuasion nucléaire. La bombe, aboutissement suprême de la dérive scientifique et technologique de notre civilisation, ne suscitait qu’indifférence ou adhésion sans conscience de la réalité de ce qu’elle représentait, dans l’ignorance des précédents que furent Hiroshima et Nagasaki.

Je participais également à plusieurs manifestations contre la centrale nucléaire de Golfech, dans le Tarn et Garonne. Nucléaire civil et nucléaire militaire, deux faces d’une même médaille, deux monstres technologiques qui prennent en otage les populations civiles et qui font courir des risques inconsidérés à la planète. Quelques années plus tard, Tchernobyl devait malheureusement donner raison aux écologistes qu’on nommait avec mépris les « prophètes de malheur ». En août 1983, j’étais au Larzac pour le grand rassemblement pour le « gel nucléaire » qui réunit 20 000 personnes.

Quelques mois plus tôt, à Colomiers, je rejoignais le collectif « Pour une autre gauche autogestionnaire et écologiste » qui présentera, au mois de mars 1983, la première liste écologiste aux élections municipales dans cette ville. J’avais 19 ans, je votais pour la première fois et j’étais candidat en tant que membre du Mouvement pour une Alternative Non-violente (MAN), aux cotés de militants du PSU, de la CFDT et d’associations écologistes. Avec un score de 7,5 %, la liste écologiste créera la surprise et aura un élu au conseil municipal.

Au milieu des années 80, je monte en région parisienne pour effectuer mon service civil d’objecteur de conscience au service militaire. Je poursuis alors mon engagement au sein du MAN dont je serai le secrétaire national de 1988 à 1990. Ecologie et non-violence sont alors une évidence, liés par une philosophie du respect, respect de l’humain, respect du vivant, respect de la nature. En 1999, à Montreuil, j’adhère pour la première fois à un parti politique, Les Verts. En 2001, je suis candidat aux élections municipales sur la liste « Montreuil Ville Ouverte », liste soutenue par Les Verts et de nombreuses associations. La dynamique écologiste sur cette ville (21% au second tour) aboutira à la victoire de Dominique Voynet aux élections municipales de 2008.

En 2003, deux ans après mon retour à Colomiers, j’impulse le réseau Citoyens pour la paix au moment de la guerre en Irak et fonde le Centre de ressources sur la non-violence de Midi-Pyrénées. Avec l’ACSE (Association Columérine Socio Educative) dirigée par Patrick Jimena, nous organisons le Festival Camino agir pour la non-violence (2006 et 2009) qui mettra en valeur de nombreuses réalisations en faveur de la culture de la non-violence, mais également des projets novateurs en matière d’écologie et de protection de l’environnement. En 2006, je rejoins le collectif citoyen contre le méga-centre commercial des « Portes de Gascogne », devenu « Val Tolosa » avec lequel j’organise de nombreuses actions non-violentes et chaînes humaines sur le plateau de la Ménude, devenu un symbole national de la lutte contre les grands projets inutiles imposés.

2010 signe le retour à l’engagement politique au moment des élections régionales lorsque Gérard Onesta me propose d’être co-président avec Eva Joly du comité de soutien à la liste des Verts en Midi-Pyrénées. J’adhère aux Verts, qui devient en 2011, Europe Ecologie-Les Verts. Quelques mois plus tard, j’endosse avec enthousiasme la responsabilité de directeur de campagne de Patrick Jimena, candidat EELV pour les élections cantonales de mars 2011. La victoire surprise face au candidat socialiste est suivie de la création du groupe EELV Colomiers, dont je deviens l’un des porte-parole en mai 2011. En juin 2012, je suis le candidat EELV pour les élections législatives sur la 6ème circonscription de la Haute-Garonne (avec un score de 10,18 % sur la ville de Colomiers, représentant 1418 voix, soit plus du triple du score habituel des écologistes à ces élections). Après les élections municipales de 2014, je deviens conseiller municipal au sein du groupe Vivre Mieux à Colomiers. En décembre 2015, je quitte EELV, écoeuré par les manoeuvres politiciennes visant à écarter mon ami Patrick Jimena de la liste de rassemblement au second tour des élections régionales. EELV, un parti prometteur qui malheureusement s’alliera au pouvoir avec les partisans du libéralisme économique, désespérant nombre d’adhérents qui croyaient que ce parti allait changer la manière de faire la politique… Plusieurs de ses anciens leaders ont, depuis, rallié le camp de Macron…

Au sein du Conseil municipal de Colomiers, je suis intervenu à de nombreuses reprises sur des thématiques écologistes, notamment sur la question de la chasse (pour dénoncer la subvention à l’association communale de chasse), de la défense de l’animal ou sur la nécessité de résister à l’implantation du compteur Linky, mais aussi sur l’école, les rythmes scolaires, la démocratie locale, les conseils de quartier, la police municipale, la défense du château de l’Armurié, du centre de loisirs de Belcaire… Malgré les sarcasmes, parfois le mépris et souvent la mauvaise foi de la majorité en place, je n’ai cessé de défendre les convictions qui m’animent, sans détour et sans compromis.

La création du REV en février 2018 m’incite à adhérer à nouveau à un mouvement politique écologiste. Impulsé par le journaliste Aymeric Caron, ce mouvement met au coeur de son projet, l’écologie essentielle, l’antispécisme et la non-violence. Je n’osais espérer qu’un tel mouvement verrait le jour en France. Enfin un parti écologiste qui remet en cause le système économique libéral dominant et le mode de vie consumériste et spéciste qui détruit la planète et ses ressources, qui massacre les animaux au nom de nos modes de vie. Enfin, un parti qui place au centre de sa réflexion et de son action, la défense du vivant, de tous les êtres vivants, contre toutes les formes d’exploitation et de domination. Enfin, un parti écologiste qui inscrit la non-violence au coeur de son éthique et de sa pratique, afin d’agir de façon exemplaire tel que Gandhi nous y invite en étant le changement que nous voulons voir advenir dans le monde.

Il s’agit d’en finir avec les faux-semblants et les demi-mesures, parce que le vivant ne peut plus attendre. Nous avons besoin d’une écologie nouvelle pour faire bloc face à la dégradation du climat, à la déforestation massive, à la disparition de la biodiversité, à la mort programmée des océans, de plus en plus visibles et dont les impacts sur notre santé sont scientifiquement reconnus. Il est question désormais de promouvoir une écologie essentielle, bénéfique aux humains, aux non-humains et à notre Terre.

L’écologie ne doit plus être un enjeu politicien ou un enjeu de communication. Elle doit être la matrice de la transformation de notre société, de nos villes, de nos façons de vivre. Car il y a urgence. La jeunesse engagée dans les manifestations et les actions pour le climat nous le rappelle régulièrement. Nous n’avons plus le temps d’attendre. Le REV est ainsi à l’unisson des actions non-violentes et de désobéissance civile qui se développent en France, avec notamment « ANV-COP 21 », « Extinction Rebellion » (dont je suis membre également), les « marches du siècle » et les grèves de la jeunesse pour le climat. Il nous faut impérativement diminuer, réduire notre empreinte négative sur le vivant. L’écologie, par essence, est radicale ou elle n’est pas. Elle s’attaque à la racine des problèmes, elle déconstruit les systèmes économiques et politiques qui sont responsables de la catastrophe environnementale que nous vivons, elle promeut de nouvelles pratiques de décroissance, de coopération et de non-violence au service du vivant.

Cette écologie essentielle doit aujourd’hui imprégner toute la sphère citoyenne et politique pour changer radicalement nos modes de produire, de consommer, d’habiter, de circuler et de manger. La transition écologique ne doit plus être un slogan de campagne ou de communication, elle doit s’incarner dans des actions de résistance et de transformation constructive, concrète, qui associent les citoyens soucieux de laisser aux générations futures un avenir vivable. Avec le REV, nous pouvons rêver avec réalisme… et humilité, en tenant à distance les usurpateurs de l’écologie de tous poils qui en ont fait un fond de commerce pour des carrières politiques sinueuses. On l’a vu au moment des européennes… Je souhaite agir pour que cette écologie essentielle soit présente lors des prochaines échéances électorales, à commencer par les élections municipales.

Une réflexion sur “Ecologiste, voici pourquoi j’ai rejoint le Rassemblement des Ecologistes pour le Vivant (REV)

  1. Bonjour Alain !

    pour ma part, dans les années 90, j’ai été déçu par les Verts… avant d’y adhérer (mais pas avant d’avoir donner des sous pour une campagne aux régionales alors que j’étais étudiant…).
    Je suis toujours au MAN, qui est redevenu un mouvement politique – -mais pas un parti – après avoir failli devenir (à mon sens) un simple mouvement d’éducation populaire au début des années 2000.
    J’étais membre des « Alternatifs » (descendants du PSU), et à leur dissolution pour intégrer « Ensemble! », j’ai rejoint en parallèle « Alternatives et Autogestion » (qui accepte la double appartenance), parti politique qui reprend les 4 piliers des Alternatifs (écologie, féminisme, autogestion, solidarités).
    Par ailleurs je participe quand je le peux aux actions d’ANV-COP21 ou plus récemment d’Extinction-Rebellion, et j’ai fait grève lors des vendredis d’action de la jeunesse pour le climat. Ces actions des jeunes sont réjouissantes, même si le public concerné reste recruté dans « l’élite » bien intégrée socio-culturellement.

    Je ne connaissais pas le REV, et viens de regarder ça de plus près.
    Pour l’instant, je me sens mieux chez Alternatives et Autogestion, et je ne me retrouve pas, par exemple, dans l’analyse des résultats aux européennes () qui ne parle pas, par exemple, de la France Insoumise (qui est un des seul mouvements présent, avec EELV, qui a une approche écologique centrale et cohérente, à mon sens.

    On n’arrivera de plus à rien sans une approche économique radicale, et une sortie du capitalisme.
    C’est présent, même si sous-jacent (anti-consumérisme, anti-productivisme), dans les principes de REV (https://rev-parti.fr/les-valeurs-du-rev/). Et là, en revanche, je me retrouve dans bien des valeurs exposées (même si je ne me définis pas -encore- comme antispéciste).

    Comme d’habitude, je suis pessimiste, et il me semble que nous tendons plus vers une « dictature écologiste », tenue par les élites du capitalisme, qui imposeront dans l’urgence, pour garder leur mode de vie, des règles liberticides « aux autres ».
    J’espère que je me trompe, et que les idées défendues par ton parti seront intégrées rapidement par la société, mais j’ai franchement des doutes…

    Phil OGM, alias Philippe C.

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