Colomiers : Le mépris érigé en système au conseil municipal

Le conseil municipal qui vient de se tenir fut, jusqu’à la nausée, l’archétype du mépris en politique, un mépris assumé par la maire et sa majorité et décliné en de multiples variations rhétoriques et postures anti-démocratiques. « Toute forme de mépris, si elle intervient en politique, prépare ou instaure le fascisme », écrivait Albert Camus dans L’homme révolté (1951). Nous en sommes là avec cette majorité qui vacille, qui perd ses nerfs, mais qui continue à jouer les fiers à bras, et dont la toute puissance, factice en réalité, la conduit inéluctablement à son propre suicide. Car ce mépris, n’est autre que le mépris de ceux dont le pouvoir fait perdre le sens de la mesure et de la raison. Elle n’annonce pas des lendemains réjouissants pour cette ville.

Comment expliquer qu’un élu de notre groupe, se permettant une « digression » sur les statuts de la SAHLM Altéal, n’ait pas pu aller au bout de son intervention et surtout de sa démonstration, car interrompu des dizaines de fois par la maire ? Pourquoi celle-ci n’a t-elle pas attendu la fin de son propos pour exprimer son incompréhension et son désaccord ? Ce n’était certes pas la première fois, mais cette fois-ci elle a sciemment empêché un élu de s’exprimer.

Comment comprendre que mes propos argumentés sur la taille surdimensionnée de la future école Simone Veil et des autres écoles élémentaires de la ville, exprimant tout simplement une opposition avec des choix assumés par la majorité, aient été à ce point dénaturés et caricaturés, alors que cette question de la taille des écoles à Colomiers constitue un enjeu essentiel pour l’avenir de nos enfants ? Quel est le sens de ce déni de la réalité la plus évidente, réalité partagée par de nombreux enseignants et parents d’élèves des écoles de Colomiers ? A moins que cet aveuglement conjugué à un mépris de notre position ne soit qu’une posture pour masquer un réel embarras sur un sujet qui n’est pas à leur avantage.

Tout mon propos était de montrer que le travail dans ces écoles qui ont plus de 14 classes devient littéralement impossible pour tout le monde : les directeurs, les enseignants, les élèves et même les animateurs des ALAE qui sont de la responsabilité de la mairie. Lorsque des faits de violence se sont produits à l’école Jules Ferry, tous les enseignants convenaient que la taille de l’école était un facteur aggravant de la situation. Les réponses de la maire et de son adjointe ont été consternantes, considérant que mes constats s’adressaient à l’Education nationale ! La construction d’école et le choix du nombre de classes par école sont bien de la responsabilité de la commune. La décharge totale de direction n’est plus un argument recevable aujourd’hui pour justifier des écoles aussi grandes, car les directeurs sont de toute façon débordés et ne peuvent assumer correctement toutes leurs tâches, du fait du trop grand nombre d’élèves et de situations particulières en constante augmentation. Ils en conviennent eux-mêmes. Aucune école de l’agglomération n’a fait ce choix systématique de groupes scolaires surdimensionnés qui ne sont plus adaptés aux besoins des élèves qui, au final, sont les grands perdants de ces choix politiques irresponsables.

Ce conseil municipal, dont nous avions déjà souligné la fossilisation et la « soviétisation », n’est plus qu’une caricature de démocratie. Les propos de l’opposition, tout particulièrement ceux du groupe Vivre Mieux à Colomiers, sont systématiquement dénaturés, au-delà de toute raison politique. Aucun débat rationnel n’est plus possible puisque la volonté d’obstruction supplante l’écoute nécessaire au débat démocratique. Faut-il continuer à cautionner par notre présence ce conseil municipal où le seul objectif de la maire est de pousser à bout l’opposition, où la majorité refuse le débat reposant sur l’échange d’arguments ? Sans parler des sarcasmes continus qui ponctuent nos interventions venant des bancs de la majorité, mais jamais relevés par La Dépêche du Midi qui nous attribue la responsabilité de ces chamailleries de cour de récréation… Dans l’esprit de ces gens-là (municipalité et presse confondus), toute critique est un crime de lèse-majesté. Toute opposition exprimée est une « violence verbale ». Chez ces gens-là, monsieur, on ne débat pas, on ne pense pas, on canarde à vue…

Nous avons dénoncé le fonctionnement des commissions, où l’opposition n’a pas de place et dont le rôle est réduit à la portion congrue, où tout est ficelé à l’avance et où il nous est demandé d’approuver les délibérations préparées sans pouvoir y modifier quoi que ce soit. Aujourd’hui, nous assumons de les boycotter afin de ne pas cautionner un système anti-démocratique où il faudrait se renier pour pouvoir travailler avec la majorité. Seuls les usurpatrices et les usurpateurs, en l’espèce seule le féminin est d’actualité…, peuvent croire qu’elles jouent un rôle « positif » et « constructif ». Aujourd’hui, la majorité a beau jeu de dire que « nous ne participons à rien », oubliant sciemment que nous avons fait l’effort de participer aux commissions dès le début du mandat et que le bilan que nous en avons fait nous a conduits à ne plus vouloir être complices d’une telle mascarade de démocratie. Chez ces gens-là, monsieur, on n’a pas de mémoire, on ment…

Toutes nos propositions, en conseil municipal comme en commission, sont balayées d’un revers de main, avec toute l’arrogance qui sied à ceux qui sont imbus de leur pouvoir. Nous aurions pu être dans la critique systématique, ce n’était pas notre choix initial. Nous avons fait le choix de rester nous-mêmes, de dire les choses en vérité, sincèrement, mais fermement, d’approuver ou de critiquer, en apportant des éclairages utiles sur notre positionnement. Nous avons, en réalité, redonné vie à ce conseil municipal où jusqu’alors il n’existait pas de véritable opposition. Cette majorité, soucieuse avant tout de « tuer » l’adversaire, n’a fait aucun geste d’ouverture. En conseil municipal, la maire, soucieuse avant tout d’afficher son « autorité », qui à vrai dire n’est pas très naturelle, se comporte comme un chef de gang qui doit en rajouter pour s’imposer. (« Il faut bien s’imposer », a-t-elle dit récemment aux lycéens de Victor Hugo qui se préparent à Sciences Po…). La politique, ce ne devrait pas être la guerre, mais à Colomiers, l’objectif est toujours de « tuer » l’adversaire… ou de le soumettre.

La structure idéologique et politique du clan au pouvoir repose en effet sur le principe de domination-soumission. Il n’assume pas les conflits inhérents à la vie politique, conflits qui sont constitués de différences d’opinions, de débats contradictoires et de compromis à construire patiemment dans une démarche gagnant-gagnant. « Soit vous êtes avec nous, soit vous être contre nous »… Mais pour être avec eux, il faut d’abord se soumettre, se renier, et faire allégeance. C’est le propre des systèmes totalitaires que de ne laisser d’autres choix à ses sujets que la soumission ou la résistance.

« La politique me passionne, mais, dès qu’elle devient politicienne, elle cesse de m’intéresser », écrivait avec raison Simone Veil. Pour ma part, c’est quand elle prend le visage hideux du pouvoir absolu, de l’intolérance et du mépris à l’encontre des minorités que la politique me devient indigeste. De ce monde-là, je n’en suis pas.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s