Un jalon dans l’histoire de la non-violence : la « Lettre à un Hindou » de Léon Tolstoï (1908)

A la fin de l’année 1908, un étudiant hindou, Taraknath Das qui édite aux Etats-Unis une revue intitulée L’Inde libre, écrit à Tolstoï pour recueillir auprès de lui quelques paroles de soutien à ses idées révolutionnaires. Il préconise le recours à la violence pour libérer l’Inde de la domination britannique. Tolstoï lui répond le 14 décembre 1908 en dénonçant les justifications « scientifiques » et « religieuses » de la violence qui aveugle la « majorité malheureuse ». Cette lettre deviendra la « Lettre à un Hindou », dans laquelle Tolstoï oppose à la révolte armée l’arme de la non-coopération.

Tolstoï considère que ce sont les Hindous qui sont responsables de leur propre asservissement parce qu’ils ne reconnaissent que la « loi de la violence ». Il leur suggère de ne pas participer « à quelque forme de violence que ce soit », « aux actions violentes de l’administration, des cours de justice, au prélèvement d’impôts, et le plus important, aux actions violentes des soldats ». Tolstoï est persuadé que cette stratégie de non-coopération aura pour effet que « non seulement des centaines d’individus ne pourront plus en asservir des millions, mais même des millions seront incapables d’asservir un seul individu ».

Cette puissante idée de la résistance du peuple par la non-coopération, Tolstoï l’avait développée quelques années plus tôt dans sa réflexion sur La portée de la révolution russe1 (1906). Dans ce texte où il élargit son analyse à la situation d’oppression que vivent de nombreux peuples sur la planète, il affirme que ce sont les peuples qui sont responsables de l’oppression qu’il subisse. « La majorité des hommes, écrit-il, est soumise à une minorité, uniquement parce que les premiers concourent eux-mêmes à leur asservissement ». Tolstoï précise que cette servitude s’explique par le fait que les peuples ont foi en la violence qui donne l’illusion d’une libération future, mais qui finalement se retourne contre ceux qui l’utilisent. « Si les peuples sont asservis, écrit-il c’est parce qu’ils ont recours à la force pour lutter contre la force ». Il considère que le refus de la violence est le préalable pour ne pas être soumis à la contrainte de l’oppresseur. « Ceux qui s’abstiennent de violence ne peuvent pas être asservis, comme on ne peut pas couper l’eau. Ils peuvent être dépouillés, immobilisés, blessés, tués, mais non asservis, c’est-à-dire forcés à agir contrairement à leur volonté raisonnée ». Cela vaut autant pour les individus que pour les collectivités. Tolstoï préconise alors que le seul moyen de sortir de la servitude est de ne se soumettre à aucun gouvernement et de « cesser d’obéir à toute autorité fondée sur la violence ». Dans son appel au peuple russe publié la même année, Tolstoï, inspiré par le Discours de la servitude volontaire (1576) de La Boétie, s’exclame : « Que les ouvriers des villes, déclare-t-il lors de la révolution russe, autant que les ouvriers des champs, cessent d’obéir au gouvernement, et du coup le pouvoir de celui-ci disparaîtrait, et avec lui s’évanouirait d’elle-même la servitude où vous vous trouvez, parce qu’elle n’est maintenue que grâce à votre soumission volontaire2 ».

Dans plusieurs écrits de l’époque révolutionnaire, Tolstoï cite des pages entières du Discours de la servitude volontaire en appui de ses démonstrations sur l’origine de l’oppression des peuples. Il veut convaincre ses compatriotes révolutionnaires de l’inefficacité de la violence pour abattre le tyran. « Cette oeuvre, écrit-il dans Une seule chose est nécessaire (1905) à propos du Discours de La Boétie, date de quatre siècles, et malgré toute la clarté avec laquelle y était démontrée la folie des hommes qui perdaient la liberté et la vie en se donnant volontairement en esclavage, ceux-ci ne suivirent pas le conseil de La Boétie – ne pas soutenir le gouvernement pour qu’il s’anéantisse – et non seulement ils ne suivirent pas ce conseil, mais l’importance de cette oeuvre fut cachée de tous, et jusqu’à une époque assez récente, dans la littérature française, il régna cette opinion que La Boétie n’avait jamais pensé ce qu’il avait écrit et n’avait fait là qu’un exercice de réthorique3« .

La puissance de la démonstration de La Boétie a fortement impressionné Tolstoï et l’a conforté dans ses réflexions sur la non-résistance au mal par la violence. Lorsqu’il écrit la Lettre à un Hindou, Tolstoï est littéralement imprégnée des analyses de La Boétie. Mais il est remarquable de signaler que plusieurs années avant qu’il écrive cette fameuse lettre à son correspondant indien, bien avant de connaître Gandhi et avant même que celui-ci ait commencé son combat pour l’indépendance de l’Inde (à partir de 1914), Tolstoï développe une réflexion étonnante à propos de l’Inde dans son ouvrage La portée de la révolution russe :  » Si les deux cents millions d’Hindous, écrit-il en 1906, avaient refusé de commettre les violences commandées par leurs maîtres : service militaire et impôts servant à l’oppression ; s’ils ne s’étaient pas laissé séduire par des biens, dont on les avait auparavant dépouillés, ne s’étaient pas soumis aux lois de leurs oppresseurs, il est certain que non seulement cinquante mille Anglais, mais tous les Anglais tant qu’ils sont, auraient été impuissants à asservir l’Inde, alors même que sa population ne compterait pas deux cent millions, mais un seul millier d’hommes4« . Dès 1906, Tolstoï affirme que les Indiens sont responsables de leur sujétion et que l’insoumission sans violence est la seule voie pour en finir avec la l’oppression. Cette affirmation constituera la matrice principale de la Lettre à un Hindou, écrit deux ans plus tard.

Gandhi prend connaissance de cette lettre quelques mois plus tard. En 1909, il est avocat en Afrique du Sud et défend les droits de la minorité indienne par des actions de désobéissance civile aux lois discriminatoires des Britanniques. Il connaît bien la pensée de Tolstoï et a lu ses principaux écrits qui ont produit sur lui « une profonde impression ». De Londres, où il est venu pour tenter de négocier avec les autorités britanniques, Gandhi prend l’initiative d’écrire à Tolstoï dont il se considère un humble disciple. Dans sa lettre datée du 1er octobre 1909, il demande à Tolstoï l’autorisation de publier cette lettre en anglais en 20 000 exemplaires. Tolstoï répondra positivement à cette requête. Gandhi publie alors la Lettre à un Hindou dans son journal Indian Opinion, en plusieurs parties, à la fin de l’année 1909 et au début de l’année 19105, précédée d’une longue introduction. Il informe ses lecteurs de toute la considération qu’il porte à Tolstoï et de toute l’importance des idées qu’il défend et qui sont autant de soutiens à sa cause. Ce document n’a jamais été publié en Français. Le voici dans son intégralité :

« Le document publié ci-dessous est une traduction de la lettre écrite en russe par Léon Tolstoï, en réponse à un courrier du rédacteur de Free Hindoustan. Après être passée de mains en mains, cette lettre m’est enfin parvenue grâce à un ami qui, très intéressé par les oeuvres de Tolstoï, m’a demandé si cette dernière valait, à mon avis, la peine d’être publiée. Je lui ai immédiatement répondu affirmativement et lui ai dit qu’il m’incombait de la traduire moi-même en gujarati (NdT, langue natale de Gandhi) et de persuader d’autres personnes de la traduire et la publier dans les différents dialectes indiens. La lettre telle que je l’ai reçue était une copie dactylographiée. Je l’ai donc attribuée à l’auteur qui m’a bien confirmé que la lettre était de lui et qui m’a gentiment accordé l’autorisation de la publier. Pour moi, en tant qu’humble disciple de ce grand maître que j’ai longtemps considéré comme l’un de mes guides, c’est un honneur que d’être associé à la publication de sa lettre et plus particulièrement à la publication qui est aujourd’hui offerte au monde.

C’est simplement reconnaître les faits de dire que chaque Indien, qu’il l’admette ou non, a des aspirations nationales. Cependant, il y a autant d’opinions qu’il y a d’Indiens nationalistes pour ce qui est de la signification exacte de cette aspiration, et plus particulièrement pour ce qui est des moyens à utiliser pour parvenir à cette fin. L’une des méthodes les plus acceptées et « consacrées par l’usage » afin d’arriver à cette fin est la violence. L’assassinat de Sir Curzon Wylie a illustré cette méthode dans sa forme la plus mauvaise et la plus odieuse. Tolstoï a consacré sa vie à remplacer ce système de violence utilisé pour supprimer la tyrannie ou obtenir une réforme par un système de non-résistance face au mal. Il affrontait la haine exprimée au travers de la violence par l’amour, exprimé au travers de la souffrance personnelle, infligée à soi-même. Il n’admet aucune exception qui pourrait amenuiser cette grande et divine loi de l’amour. Il applique cela à tous les problèmes qui préoccupent l’humanité.

Lorsqu’un homme comme Tolstoï, l’un des penseurs les plus lucides du monde occidental et l’un des plus grands écrivains, un homme qui, quand il était soldat a su ce qu’était la violence et ce que cela pouvait faire, condamne le Japon pour avoir suivi aveuglement la loi des sciences modernes, ainsi appelées à tort, et redoute pour ce pays « les plus grandes calamités », nous nous devons de marquer une pause et de voir si, dans notre intolérance à l’égard de la domination anglaise, nous ne voulons pas remplacer un mal par un autre qui serait bien pire encore. L’Inde, pépinière des grandes croyances de ce monde, cessera d’être nationaliste, qu’importe ce qu’elle pourrait devenir d’autre, lorsqu’elle entrera dans le processus de civilisation, et ce sous la forme de reproduction sur ce sol sacré de fabriques de fusils, ainsi que de l’industrialisme haineux qui a réduit les peuples européens à l’esclavage et qui a tout fait sauf réprimer les meilleurs instincts qui forment l’héritage de la famille humaine.

Si nous ne voulons pas des Anglais en Inde, nous devons en payer le prix. Tolstoï nous le montre. «  Ne résistez pas au mal, n’y participez pas non plus. Ne participez pas aux actes violents de l’administration des cours de justice, ni à la collecte des taxes, et surtout pas à la collecte des soldats, et personne au monde ne vous asservira. », déclare avec passion le sage de Yasnaya Polyana. Qui peut contester la véracité de ses propos dans ce qui suit : « Une entreprise commerciale a asservi une nation de deux cent millions de personnes. Dites ceci à un homme qui n’est pas superstitieux et il omettra de saisir la signification de ces mots. Qu’est ce que cela signifie que trente mille personnes, pas des personnes du genre athlétique mais des personnes plutôt faibles et ordinaires ont asservi deux cent millions de personnes vigoureuses, intelligentes, compétentes et qui aiment la liberté ? Ces chiffres ne montrent-ils pas que ce ne sont pas les Anglais qui ont asservi les Indiens, mais que ce sont les Indiens eux-mêmes ? »

Nul n’est besoin d’accepter tout ce que dit Tolstoï – certains de ses faits ne sont pas exposés avec précision – pour se rendre compte de la vérité essentielle de son accusation du système actuel, que l’on doit comprendre, et suivre l’irrésistible pouvoir de l’âme qui prime sur le corps, le pouvoir de l’amour, un attribut de l’âme, qui prime sur la bête qui est en nous ou la force corporelle, générées par des passions néfastes qui s’agitent en nous. Il n’y a pas de doute, ce que prêche Tolstoï n’est pas nouveau. Cependant, sa présentation de l’ancienne vérité est agréablement convaincante. Sa logique est irréfutable. Et il s’efforce par-dessus tout de mettre en pratique ce qu’il prêche. Il prêche dans le but de convaincre. Il est sincère et ne plaisante pas. Il force l’attention. »

La Lettre à un Hindou est une aubaine pour Gandhi. Adressée par Tolstoï, son maître, à l’un de ses compatriotes partisan de la violence, elle offre à Gandhi un soutien moral et prestigieux de poids dans son combat non-violent. Il sait que la publication de cette lettre dans son journal aura un impact très fort sur ses lecteurs et au-delà sur les Indiens dont beaucoup sont partisans de la violence. Surtout, elle lui donne l’opportunité d’entrer en correspondance avec l’illustre écrivain, conscience morale tant en Occident qu’en Orient, auprès de qui il cherche une aide et une reconnaissance. Sans nul doute, Gandhi avait déjà pensé à écrire à Tolstoï. Mais il fallait un déclencheur. En saisissant cette opportunité, Gandhi ne pouvait se douter, au regard de l’Histoire, qu’il offrirait à Tolstoï la possibilité de le reconnaître comme son disciple. L’étonnante correspondance entre Gandhi et Tolstoï qui suivra constitue ainsi un jalon essentiel dans l’histoire de la non-violence. Tout particulièrement, la dernière lettre de Tolstoï à Gandhi, quelques semaines avant la mort de l’écrivain russe, constitue son testament spirituel. Romain Rolland écrira à ce sujet qu’elle restera dans l’histoire comme « l’évangile de la non-violence auquel Gandhi a donné, par l’action héroïque de sa vie tout entière, la consécration6« .

Lettre à un Hindou par Léon Tolstoï (14 décembre 1908)7

Tolstoï commence sa lettre à T. Das en expliquant quelles sont les causes de l’oppression des indiens par une minorité. Pour lui, la première des causes est l’absence de conscience religieuse au sein du peuple. « J’ai reçu votre lettre ainsi que les deux numéros du magazine. Tous deux m’ont intensément intéressé. En effet, l’oppression d’une majorité par une minorité et la corruption qui en découle est un phénomène qui m’a toujours préoccupé et qui, à l’heure actuelle, absorbe toute mon attention. Je vais m’efforcer de vous faire partager ce que je pense, en général et en particulier, des causes dont ont procédé et procèdent encore les terribles calamités dont vous avez parlé dans votre lettre, et qui sont mentionnées dans les magazines que vous m’avez envoyés.

Les causes d’émergence de l’ahurissant spectacle d’une majorité de classes laborieuses se soumettant à une poignée d’oisifs, à qui elle permet de disposer non seulement de son travail mais aussi de sa propre vie, sont toujours et partout les mêmes, qu’oppresseurs et opprimés appartiennent à la même classe ou, comme c’est le cas en Inde et dans d’autres pays, que les classes dominantes appartiennent à une nation entièrement différente de celle des opprimés. Cela apparaît particulièrement surprenant de l’Inde, dont le peuple de 200 millions d’individus, supérieurement doté de pouvoirs spirituels et physiques, est absolument aliéné à une petite faction d’individus totalement étrangers en pensée et en aspiration, et somme toute, inférieurs à ceux qu’elle asservit. Comme chacun peut aisément le voir dans votre lettre, dans les articles de Hindoustan Libre, dans les écrits extrêmement intéressants de Swami Vivekananda et d’autres, tout concorde sur ce qui provoque la détresse de tous les peuples de notre temps. Ses causes sont à chercher dans l’inexistence d’un enseignement religieux rationnel qui, tout en élucidant le sens de la vie pour tous de la même manière, expliciterait la loi supérieure devant servir de guide de conduite, ainsi que dans les conclusions immorales de la soi disant civilisation dérivée des propositions plus que douteuses d’une fausse religion et d’une pseudo science qui se sont substituées à cet enseignement. L’on a déjà pu se rendre compte, non seulement au travers de votre lettre et des articles de Hindoustan Libre, mais aussi au travers de toute la littérature politique de notre temps, que la majorité des leaders d’opinion publique de races originaires de l’Inde n’accordent plus de signification aux enseignements religieux qui étaient et sont encore professés par les peuples hindous. Embrasser ces formes subtilement antireligieuses et immorales d’ordre social dans lesquelles vivent les Anglais et les autres nations pseudo-chrétiennes est aujourd’hui, à leurs yeux, la seule possibilité de délivrance de l’oppression qu’ils endurent. La tendance des leaders actuels des peuples hindous à leur inculquer l’acceptation des modes de vie pratiqués dans les pays européens révèle, on ne peut plus clairement, leur absence totale de conscience religieuse. Ainsi, la cause fondamentale si ce n’est l’unique, de l’asservissement de tous les peuples de l’Inde par les Anglais, est cette absence de conscience religieuse authentique et de guide de conduite qui en découle, manque aujourd’hui partagé par tous les pays de l’Est et de l’Ouest, du Japon à l’Angleterre et à l’Amérique.« 

Tolstoï rappelle ensuite que de tous temps, dans toutes les civilisations, les sages ont proclamé la force de l’amour contre l’ordre dominant de la violence auquel la majorité à fini par se soumettre. « Afin de rendre mes pensées claires, je dois revenir assez loin en arrière. Nous ne savons pas, et ne pouvons savoir (audacieusement je dirais que nous n’avons pas besoin de savoir) comment l’humanité vivait il y a des millions, ou même des dizaines de milliers d’années. Mais, de ces temps reculés dont nous avons une connaissance fiable, nous apprenons que l’humanité a vécu en tribus, nations, clans séparés dans lesquels la majorité, se soumettant à l’apparemment inévitable, a rendu possible le règne par la force d’une ou plusieurs personnes d’une minorité. Nous savons cela avec certitude. Une telle organisation de la vie humaine s’est manifestée de manière similaire (sans sous-estimer la diversité extérieure des événements et des personnes) dans tous les pays dont nous avons des bribes d’histoire ancienne. Et une telle conception de la vie, aussi loin que nous remontions, a toujours été considérée comme la base nécessaire à des rapports sociaux harmonieux, tant par les dirigeants que par les dirigés. En conséquence, elle fut partout.

Mais, bien que ce type d’organisation de la vie ait existé depuis des siècles et persiste de nos jours, il y a fort longtemps, plusieurs millénaires avant notre ère, au sein de différentes nations et souvent à partir précisément du centre de cette organisation de la vie fondée sur la coercition, une seule et même pensée a été exprimée, à savoir qu’en chaque individu se manifeste une source spirituelle qui est la vie même, et que cette source spirituelle tend à s’unifier à tout ce qui est homogène avec elle, et parvient à cette unification par amour. Cette pensée, sous toutes ses formes, a été exposée avec plus ou moins de complétude et de lucidité à différentes époques et en divers lieux. Elle fut énoncée dans le brahmanisme, le judaïsme, le mazdéisme (l’enseignement de Zoroastre), le bouddhisme, le taoïsme, le confucianisme, dans les écrits des sages grecs et romains et dans le christianisme et le mahométisme. Dès le départ, le fait qu’une seule et même pensée ait été exprimée au sein des nations les plus diverses et en des temps et lieux différents indique que cette pensée était inhérente à la nature humaine et qu’elle contenait la vérité en elle même.

Cette vérité apparut même à ceux qui considéraient que l’unique moyen d’unifier les gens en sociétés était la violence exercée par un petit nombre sur d’autres afin de s’opposer à l’ordre existant. Or, aux temps de sa première apparition, elle fut exprimée d’une manière si vague et fragmentaire que bien que les gens y adhéraient en théorie, ils étaient incapables de l’accepter comme un guide de conduite incontournable. Profitant donc de la plasticité des formes d’expression de cette vérité, proclamée auprès d’individus dont la vie était basée sur la violence, ceux qui jouissaient des bénéfices dérivés du pouvoir, conscients que l’adhésion du peuple à la vérité sapait leur position, la déformèrent consciemment ou inconsciemment par tous les moyens dont ils disposaient, y attachant des attributs et des significations qui lui étaient totalement étrangères, et s’opposèrent à sa divulgation purement et simplement par la violence. Ainsi, la vérité si naturelle à l’humanité   que la vie humaine devrait être guidée par le principe spirituel qui est le fondement de la vie humaine et se manifeste dans l’amour  , afin de pénétrer la conscience humaine, dut lutter non seulement contre l’incomplétude de son expression et contre ses distorsions intentionnelles et non intentionnelles, mais aussi contre la violence délibérée qui impose par des punitions ou des persécutions l’acceptation de l’explication de la loi religieuse établie par les autorités, et qui est contraire à la vérité. Une telle déformation et un tel obscurcissement de cette nouvelle vérité (imparfaitement expliquée encore) se produisirent partout et gagnèrent le confucianisme, le taoïsme, le bouddhisme, le christianisme, le mahométisme aussi bien que votre brahmanisme« .

Tolstoï précise ensuite en quoi les traditions religieuses ont déformé la pensée cardinale de toutes les sagesses et religions. Toutes, sans exception, ont fini par convenir que la vérité pouvait être conjuguée à la violence, que la violence pouvait être légitime pour résister au mal ou défendre la vérité. « Le fait que l’amour soit le sentiment moral le plus élevé fut universellement accepté. Mais, de nombreux mensonges de toutes sortes furent tissés autour de cette vérité, la déformant à tel point qu’il ne restait que des mots, fort éloignés de cette reconnaissance que l’amour est le sentiment moral le plus noble. La théorie avançait que ce sentiment moral supérieur ne pouvait s’appliquer qu’à la vie individuelle, qu’il n’était bon que pour des usages domestiques, mais que dans la vie sociale, toutes formes de violence, les prisons, les exécutions, les guerres, mettant en jeu des actes diamétralement opposés au plus piètre des sentiments d’amour, étaient considérées comme indispensables pour la protection de la majorité contre les individus malfaisants.

Le sens commun démontre de façon éclatante que si un petit groupe d’individus peut s’octroyer le droit de décider qu’une population doit être sujette à certains types de coercitions pour le bien être supposé de la majorité, ces individus auxquels la violence est précisément appliquée pourraient tout autant en arriver aux mêmes conclusions eu égard à la caste dirigeante qui leur inflige ce traitement. En dépit de cela, et, bien que les grands maîtres religieux   brahmanes, bouddhistes et tout particulièrement chrétiens  , anticipant cette perversion de la loi de l’amour, aient dirigé l’attention sur la seule condition incontournable de l’amour qui est l’endurance aux affronts, blessures et violences de toutes sortes sans rendre le mal pour le mal, l’humanité a continué à accepter ce qui était incompatible : la bienfaisance de l’amour, et avec elle, la résistance au mal par la violence, alors que celle ci est et doit être opposée à l’amour. De tels enseignements, malgré la contradiction palpable se trouvant en eux, ont pris un ascendant si profond sur les gens que, tout en croyant à la bienfaisance de l’amour, ils ne remettent pas en question la légitimité d’un ordre de vie fondé sur la coercition et qui inclut le droit pour certaines personnes d’infliger non seulement des tortures mais aussi la mort à d’autres personnes.

Pendant longtemps, les gens ont vécu dans cette contradiction évidente sans même s’en apercevoir. Mais le jour vint où cette contradiction atterra les personnes les plus réfléchies de différentes nations. Dès lors, l’ancienne et simple vérité qu’il est naturel de s’aider et de s’aimer les uns les autres au lieu de se torturer et de se tuer commença à poindre dans l’esprit des hommes et devint chaque jour de plus en plus claire, tandis que l’acceptation de ces fausses interprétations justifiant les déviations qui en étaient faites devinrent de moins en moins convaincantes.

Autrefois, la justification principale de la violence perpétrée était la théorie selon laquelle les soi disant monarques, tsars, sultans, rajahs, shahs et autres têtes dirigeantes d’États, avaient des droits distinctifs et divins. Mais plus les peuples vieillissaient, plus la foi en des droits spéciaux pour les monarques, sanctionnés par Dieu, s’affaiblissait. Cette foi déclina en intensité de la même manière et presque simultanément dans les sphères chrétiennes, brahmanes, bouddhistes et confucianistes, et elle est devenue récemment si faible qu’elle ne peut plus servir, comme elle le fit avant, de justification aux actes ouvertement opposés au sens commun ainsi qu’au véritable sens religieux. Les gens virent de plus en plus distinctement, et aujourd’hui, la majorité voit tout à fait clairement, l’absurdité et l’immoralité de la soumission de sa volonté à celle d’individus tels que soi, qui requièrent des subordonnés non seulement des actions contraires à leur bien être matériel mais qui sont également des violations de leurs sentiments moraux. Il est donc parfaitement naturel que des personnes ayant perdu la foi en une divinisation cautionnée par la religion de l’autorité de toutes sortes de potentats, s’efforcent de s’en libérer. Mais, malheureusement, durant la domination de ces monarques considérés comme des êtres divinement élus, s’est établie auprès de leurs cours un nombre sans cesse croissant d’individus qui, sous couvert de gouvernement du peuple, vécut de son labeur. Dès que l’ancienne fraude religieuse sur la régence divine des monarques cessa d’être accréditée par le peuple, cette classe gouvernante prit grand soin à installer une tromperie similaire qui continue de la même façon que la précédente à maintenir les nations en esclavage à un nombre limité de dirigeants.« 

Tolstoï énonce et développe les principales justifications de la violence, les justifications « scientifiques » et « religieuses » qui ont largement dominé et aveuglé les esprits, y compris les plus éclairés.  » Les nouvelles justifications du pouvoir des potentats ont remplacé celles qui étaient obsolètes. Ces apologétiques sont aussi peu fondées que les précédentes mais elles sont encore nouvelles, c’est pourquoi leur inconsistance ne peut guère être déterminée de prime abord par la majorité, et, de plus, les gens au pouvoir les propagent et les défendent d’une manière si brillante que ces justifications apparaissent à beaucoup comme parfaitement irrécusables, même à ceux qui souffrent de ce qu’ils justifient. Ces nouvelles apologétiques empruntent une terminologie scientifique. « Scientifique » est un terme ayant pour la majorité des gens le même pouvoir qu’avait précédemment le terme « religieux ». Exactement de la même manière que tout ce qui était appelé religieux pour la simple raison que c’était appelé religieux impliquait que ce devait toujours être la vérité, tout ce qui est appelé scientifique pour la simple raison que c’est appelé Science est toujours considéré comme indubitablement vrai. En conséquence, dans ce cas, la justification religieuse périmée de la violence résidant dans la reconnaissance de la distinction et du caractère divin de personnages au pouvoir et placés là par Dieu (« il n’est de pouvoir que celui procédant de Dieu »), a été remplacée par une justification qui institue en premier lieu que, par le simple fait que dans le monde, l’oppression de certains par d’autres a toujours existé, il est prouvé qu’une telle violence doit se poursuivre indéfiniment. Ainsi, c’est dans l’affirmation que l’humanité ne devrait pas vivre selon la raison et la conscience mais dans l’observance de ce qui a existé depuis longtemps, que s’incarnent ce que la « Science » appelle « la loi de l’histoire ».

La seconde justification « scientifique » est que, tout comme pour les plantes et les animaux chez lesquels une lutte ou une existence culmine toujours avec la survie des plus forts, une même lutte doit avoir lieu parmi les hommes (bien que les hommes soient dotés de qualités de raison et d’amour, facultés absentes des êtres se soumettant à la loi du combat et de la sélection). Voilà en quoi consiste la seconde justification « scientifique » de la violence.

La troisième justification de la violence, la plus importante et malheureusement la plus répandue, est en réalité la plus vieille justification religieuse légèrement adaptée. C’est la théorie selon laquelle l’utilisation de la violence dans la vie sociale contre quelques uns pour le bien des autres est inévitable, et, aussi désirable que soit l’amour parmi les hommes, la coercition est indispensable. La différence entre la justification pseudo scientifique et la justification pseudo-religieuse de la violence se trouve dans le fait qu’à la question « Pourquoi telles et telles personnes, et pas d’autres, ont le droit de décider contre qui la violence peut et doit être utilisée ? », la science ne répond pas comme la religion l’a fait, à savoir que ces décisions sont justes parce qu’elles sont prononcées par des personnages dépositaires d’un pouvoir divin, mais plutôt qu’elles représentent la volonté de la majorité, ce qui, dans une forme de gouvernement constitutionnel est supposé s’exprimer dans toutes les décisions et actions du parti qui, à une période donnée, se trouve au pouvoir.

Telles sont donc les apologétiques de la coercition. Celles ci, quoique totalement sans fondement, sont si nécessaires aux individus occupant des positions privilégiées, qu’ils croient aussi implicitement en elles qu’ils les ont propagées avec aplomb, de même qu’ils avaient jadis propagé et cru en la doctrine de l’Immaculée Conception. Pendant ce temps, la majorité malheureuse, écrasée sous le poids d’un travail pénible, est si aveuglée par l’étalage et la propagation de ces « vérités scientifiques », que, sous cette nouvelle influence, elle les accepte avec autant d’empressement qu’elle avait jadis souscrit aux justifications pseudo religieuses, et continue à se soumettre servilement aux nouveaux potentats qui sont tout aussi cruels que les précédents, mais dont le nombre s’est sensiblement accru.

Il en fut ainsi, et cela demeure vrai et se poursuit dans le monde chrétien. Dans les vastes mondes brahmanes, bouddhistes et confucianistes, l’on aurait pu espérer que cette nouvelle superstition scientifique n’aurait pas eu lieu, et que les Chinois, Japonais et Hindous, ayant vu la fausseté de ces plaquages religieux justifiant la violence, auraient été droit à la conception de la loi de l’amour inhérente à l’humanité qui fut si clairement énoncée par les grands maîtres d’Orient. Il semble bien au contraire que la superstition scientifique qui s’est substituée à la superstition religieuse est en train d’enserrer de plus en plus fort les nations orientales dans son étau. Elle a maintenant une emprise particulièrement grande sur la terre extrême orientale, sur le Japon, non seulement sur ses leaders, mais aussi sur la majorité de son peuple, et est annonciatrice des pires calamités. Elle a la mainmise sur la Chine et ses 400 millions d’habitants, de même que sur l’Inde et ses 200 millions d’habitants, ou tout au moins sur la majeure partie de ceux qui se considèrent, ainsi que vous le faites, comme les dirigeants de ces populations.« 

Tolstoï en arrive au coeur de sa démonstration en répondant à son correspondant sur la question de la résistance violente à laquelle il croît pour que son peuple puisse se libérer des Anglais. Il affirme, dans la lignée de La Boétie, que le peuple peut se libérer de son asservissement, non par la violence, mais en refusant de se soumettre aux institutions de la violence qui les oppriment.  » Dans votre revue, vous introduisez en épigraphe, comme principe de base devant diriger l’action de votre peuple, la pensée suivante : « La résistance à l’agression est non seulement justifiable, elle est impérative. La non résistance meurtrit l’altruisme autant que l’égoïsme. » Vous dites que les Anglais ont asservi et maintenu les Hindous en esclavage parce que ces derniers n’ont pas résisté suffisamment et ne résistent pas à la violence par la force, alors que c’est exactement le contraire. Si les Anglais ont asservi les Hindous, c’est précisément parce que les Hindous reconnaissaient et reconnaissent encore la coercition comme le principe majeur et fondamental de l’ordre social. Au nom de ce principe, ils se sont soumis à leurs petits radjas, ont combattu entre eux en leurs noms, se sont battus avec les Européens, les Anglais, et maintenant se préparent à lutter à nouveau contre ces derniers.

« Une entreprise commerciale a asservi une nation de 200 millions d’individus ». Si vous dites cela à un homme libre de toute superstition, il ne comprendra pas ce que ces mots veulent dire. Que signifie que trente mille personnes qui ne sont pas des athlètes mais bien plutôt des personnes faibles et d’apparence maladive ont asservi 200 millions d’individus vigoureux, intelligents, forts et amoureux de liberté ? Les chiffres ne font ils pas apparaître de façon éclatante que ce ne sont pas les Anglais mais bien les Hindous qui se sont asservis eux mêmes ? Que les Hindous se plaignent d’avoir été réduits à l’esclavage par les Anglais est du même ordre que de dire que les individus qui s’adonnent à la boisson accusent les marchands de vins qui se sont installés parmi eux de les avoir assujettis. Vous leur dites qu’ils peuvent s’abstenir de boire, mais ils répondent qu’ils y sont si habitués qu’ils ne peuvent s’en abstenir, et qu’ils trouvent nécessaire de boire pour maintenir leur niveau d’énergie. N’en va-t il pas de même pour tout le monde, pour ces millions de gens qui se soumettent à quelque milliers ou centaines d’individus, qu’ils soient de leur propre pays ou d’un pays étranger ? Si les Hindous ont été asservis par la violence, c’est parce qu’eux mêmes ont vécu par la violence, vivent par la violence, et ne reconnaissent pas la loi éternelle d’amour inhérente à l’humanité. Si l’homme vit uniquement en accord avec la loi de l’amour incluant la non résistance, loi qui lui a déjà été révélée et qui est naturelle à son cour, et qu’ainsi il ne participe à quelque forme de violence que ce soit, alors, non seulement des centaines d’individus ne pourront plus en asservir des millions, mais même des millions seront incapables d’asservir un seul individu. Ne résistez pas au mal, mais vous mêmes ne participez pas non plus au mal, aux actions violentes de l’administration, des cours de justice, au prélèvement d’impôts et, le plus important, aux actions violentes des soldats, et personne au monde ne vous asservira. » […]

Tolstoï conclue sa lettre en martelant, une fois encore, que l’homme doit se libérer des anciennes et fausses croyances qui le mènent à sa perdition. En se libérant de toutes ces « superstitions », l’homme pourra découvrir la seule loi qui vaille, la loi de l’amour. […]  » Si seulement les hommes se libéraient de leurs croyances en toutes sortes d’Ormuzds, de Brahmas, de Sabbaoths, de réincarnations de Krishnas et de Christs, de leurs croyances au paradis et à l’enfer, dans les anges et les démons, à la réincarnation, la résurrection, de l’idée de l’interférence de Dieu avec la vie de l’univers ; s’ils se libéraient radicalement de la conviction en l’infaillibilité des multiples Védas, Bibles, Gospels, Triptakas, Corans, etc. ; si seulement les hommes se libéraient aussi de leur croyance aveugle en toutes sortes de doctrines scientifiques sur les atomes infiniment petits, les molécules, toutes sortes de mondes infiniment grands et lointains, de leurs mouvements, de leurs origines et de leurs forces ; s’ils se libéraient de la foi implicite en toutes les formes de lois théoriquement scientifiques auxquelles l’homme est supposé se soumettre les lois historiques et économiques, les lois de la lutte pour la vie et la survie, etc.   ; si seulement les hommes se libéraient de cette effroyable accumulation d’exercices oisifs de nos capacités mentales et de mémoire les plus basses que l’on nomme Sciences, de ces divisions innombrables de toutes sortes d’histoires, d’anthropologies, d’homélies, de bactériologies, de jurisprudences, de cosmographies, de stratégies, leurs noms sont légion ; si seulement les hommes se libéraient de ce lest ruineux et intoxiquant, cette loi de l’amour, simple, explicite, accessible à tous et si inhérente à la race humaine, résolvant toutes questions et perplexités, s’imposerait naturellement.

Pour échapper aux calamités que l’homme s’est lui même infligées et qui atteignent les plus hauts degrés d’intensité, qu’il s’agisse d’un Hindou tentant de s’émanciper de l’assujettissement des Anglais ou de tout autre homme combattant contre ceux qui usent de la violence   que ce soient les luttes des Noirs contre les nordistes Américains, des Perses, des Russes ou des Turcs contre leurs gouvernements, ou qu’il s’agisse de quiconque en quête du plus grand bien de tous autant que du sien propre  , oui, aujourd’hui, pour cela, les hommes ne demandent plus de nouvelles explications ou justifications aux vieilles superstitions religieuses telles que celles formulées par Vivekananda, Baba Bharatis et d’autres dans votre pays ou dans le monde chrétien. Ils ne requièrent plus non plus cette pléthore d’interprètes et de propagateurs de ce dont personne n’a besoin, ni les innombrables sciences traitant de questions non seulement inutiles mais nuisibles (dans le domaine spirituel, rien n’est indifférent, mais ce qui n’est pas utile est nuisible).

Les Hindous aussi bien que les Anglais, les Français, les Allemands, les Russes, ne réclament pas de constitutions, de révolutions, aucune conférence, aucun congrès, aucun de ces instruments de navigation sous marine ou aéronautique toujours plus sophistiqués, aucun de ces explosifs puissants, ni aucune de ces commodités de toutes sortes qui font les réjouissances des classes dirigeantes nanties ni les nouvelles écoles et universités avec l’enseignement des innombrables sciences, l’augmentation des papiers et des livres, des gramophones et des cinématographes, ni ces stupidités puériles et presque entièrement corrompues que sont les arts. Une seule chose est nécessaire la connaissance de cette vérité simple et lucide que la loi de la vie humaine est la loi de l’amour, qui apporte le bonheur le plus élevé à chaque individu ainsi qu’à toute l’humanité. Si les hommes se libèrent simplement dans leur conscience de ces montagnes de non sens qui la leur cachent, alors la vérité éternelle et indubitable, intrinsèque à l’humain, unique et identique dans toutes les grandes religions du monde, pénétrera inéluctablement dans l’âme de chaque être humain. Et dès que la grande majorité aura acquiescé à cette vérité, la stupidité qui aujourd’hui la dissimule disparaîtra et avec elle disparaîtront d’eux mêmes les maux dont l’humanité souffre aujourd’hui.« 

La lettre s’achève comme elle commence par une série de citations des livres sacrés de l’Inde, notamment de Krishna. « Ne soyez pas destructeurs de vous-mêmes. Elevez-vous à votre véritable Etre, et alors vous n’aurez plus peur de rien« .

1 La portée de la révolution russe (1906), in La révolution russe, Bibliothèque Charpentier, 1907, 247 p.

2 Appel aux Russes (1906), In La révolution russe, op. cit., p. 234

3Une seule chose est nécessaire, Librairie universelle, 1905, p. 23-24.

4La portée de la révolution russe, op. cit., p. 68

5La Lettre à un Hindou sera publiée en trois parties dans les numéros d’Indian Opinion datés du 25/12/2009, 01/01/1910 et 8/01/1910.

6Lettre de Romain Rolland à Tatiana Tolstoï (1927), in Cahier Romain Rolland, n° 24, Albin Michel, 1978, p. 167.

7La Lettre à un Hindou a été publiée pour la première fois dans son intégralité par la revue Alternatives Non-Violentes, n° 89, 1993, p. 45-52 (traduction Anne Bastin)

Une réflexion sur “Un jalon dans l’histoire de la non-violence : la « Lettre à un Hindou » de Léon Tolstoï (1908)

  1. Merci Alain pour ce bel article. J’ignorais complètement l’écrit de Tolstoï « La portée de la révolution russe » que tu cites avec pertinence. Tes recherches et articles continuent à être fort précieux pour que nous comprenions toujours mieux la portée de la non-violence.

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