Colomiers : la mairie veut vendre Belcaire…

Lors du dernier conseil municipal (lundi 18 juin), je suis intervenu à l’occasion de la délibération sur le devenir du centre de vacances de Belcaire (situé dans l’Aude) qui autorise la maire à prospecter en vue de vendre cet ensemble immobilier qui a vu passer des générations d’enfants columérins durant des séjours d’été mémorables. C’était l’occasion de faire le lien avec le sentiment de perte d’identité que ressentent beaucoup de columérins du fait de l’évolution de leur ville. 

Pour beaucoup de personnes à Colomiers, la seule évocation de  » Belcaire  » rappelle sûrement des souvenirs émerveillés de l’enfance pendant les vacances d’été. « La colonie de Belcaire », comme on disait, reste pour de nombreux columérins, quelque chose de très spécial. Un temps suspendu où l’on oubliait la ville, où l’on s’adonnait aux joies de la randonnée en montagne, aux courses d’orientation dans le village, aux activités manuelles où l’on fabriquait des cerfs-volants et des boomerangs, aux chorales matinales, aux sorties à Camurac, et bien d’autres petits bonheurs des colonies de vacances.

Chacune, chacun a en mémoire ces moments délicieux, et a forcément des dizaines de souvenirs en lien avec Belcaire. Belcaire est dans l’âme de nombreux columérins, elle fait partie, depuis des décennies, de l’ADN de Colomiers.

J’y suis retourné, il y a quelques années, quarante ans après ces temps insouciants de l’enfance. J’y suis retourné deux fois en tant qu’enseignant avec mes élèves, lors de séjour classe-découverte au printemps.

Au-delà de l’émotion que j’ai alors pu ressentir à l’arrivée du bus, lorsque les fameux bâtiments de la colonie furent en vue, ce qui m’a frappé, du point de vue des locaux, c’est que j’ai eu l’impression qu’ils étaient pratiquement dans l’état où ils étaient quarante ans plus tôt. Certes, des travaux ont été réalisés pour les maintenir aux normes réglementaires, mais globalement, on peut remarquer que la commune n’a pas réellement investi dans ces bâtiments pour les rendre plus fonctionnels, moins sonores et plus agréables. Ils sont restés très vieillots. Cela faisait aussi son charme… dans un paysage de montagne tout à fait remarquable.

Aujourd’hui, on nous dit que l’investissement en vue de moderniser cet équipement serait démesuré pour la commune. On peut l’entendre, mais on peut aussi le contester, car il faut regretter, qu’encore une fois, on ait laissé dépérir un outil pour se retrouver dans la situation où nous n’avons pas d’autres choix que de nous en séparer car les coûts de son entretien et de sa rénovation sont exorbitants. Toute proportion gardée, cela a été le même processus pour les bus gratuits de la ville.

Belcaire fait partie de l’identité de la ville de Colomiers. On ne peut pas l’occulter, à l’occasion de cette délibération qui vise à offrir la possibilité à la mairie de vendre Belcaire.

Les habitants de Colomiers ont besoin de s’identifier à leur ville. Les décisions que les élus prennent peuvent contribuer à forger ce sentiment d’identité et encourager chacun à s’intéresser à sa ville. Mais elles peuvent aussi les décevoir, les décourager et les éloigner, soit physiquement, soit psychologiquement, de la ville, parce qu’ils ne s’y reconnaissent plus. Et dans ce cas, nous le savons, peuvent se développer des phénomènes de repli sur soi, d’indifférence, d’individualisme, voire de communautarisme.

Depuis quelques années, des pans entiers de ce qui faisait l’identité historique de la ville, a disparu. On peut citer, sans être exhaustifs, le réseau de bus gratuits, l’école Jean Macé, les trois bibliothèques de quartier, le Centre d’Animation Jeunes (le CAJ), demain le restaurant de la solidarité, aujourd’hui la colonie de Belcaire. Comme marqueur indélébile de Colomiers, il ne restera bientôt que les ronds-points, bien qu’on ne regrettera pas la priorité à droite sur les giratoires qui ont fait partie longtemps de l’identité de Colomiers… Cela ne suffira pas à développer une identité positive…

Beaucoup de Columérins le disent aujourd’hui : on ne reconnaît plus notre ville. Le moindre espace vert est grignoté, dévolu à la construction d’immeubles. Ainsi, les dernières constructions sont clairement les constructions de trop, celles qui font dire à beaucoup d’habitants : « c’est trop ! »

La décision de vendre Belcaire, à la suite de bien d’autres, va dans le sens de la perte d’identité qui est ressentie par beaucoup de Columérins. Elle est l’occasion de pointer un souci que nous allons rencontrer dans les prochaines années, à propos des conséquences de cette perte d’identité de la part de beaucoup d’habitants.

Non, la politique, ce n’est pas : « du passé, faisons table rase » ! Sans tenir compte de ce que les habitants ressentent dans leur quotidien.

La modernité, puisque c’est souvent au nom de la « modernité » que des bouleversements sont justifiés, ce n’est pas seulement bâtir, urbaniser, c’est aussi  prendre en compte les ressentis des habitants pour, avec eux, construire une ville plus humaine dans laquelle ils se reconnaissent.

Vendre Belcaire, c’est quelque part, vendre une part de l’âme de cette ville.

Plus que jamais, nous avons besoin d’un projet ambitieux qui définisse un futur désirable et authentique pour notre ville, loin des renoncements et des impasses dans lesquelles nous enferment cette municipalité.

Une réflexion sur “Colomiers : la mairie veut vendre Belcaire…

  1. Je n’ai pas connu Belcaire et aucun de mes enfants non plus, cependant je rejoins ce que tu peux ressentir et ce que peuvent ressentir de nombreux anciens Columérins.
    Il y aurait bien d’autres sujets sur les choix de la municipalités à évoquer: l’accès aux handicapés par exemple. J’y suis attentive depuis que j’ai un genou hors d’usage qui m’handicape sérieusement . N’est-il pas écrit que les lieux où l’on reçoit du public doivent être ACCESSIBLES aux handicapés? J’ai adhéré au club d’ espagnol « la Pena Columérine » qui s’est vu attribuer les locaux de Jean Macé au premier étage. J’ai d’abord calé devant l’escalier ; on m’a alors dit « passez par derrière , l’escalier est plus court ». C’est ce que j’ai pratiqué depuis deux ans et… finalement cette année, j’ai renoncé à ce petit escalier bien raide à la descente.
    J’ai rencontré en décembre 2017 Mme Moisan et Karine Traval (au Noël d’ « Émeraude ») et je leur ai livré le problème. Un « monte -charge » individuel pourrait se placer dans le hall au pied de l’escalier de Jean Macé…. Elles m’ont dit « pour si peu de temps et si peu de personnes »…. Un monsieur a déjà renoncé pour ce motif à se réinscrire en 2017/18, pour l’an prochain, je ne serai pas seule à abandonner car une des plus fidèles et nettement plus jeune que moi s’est fracturé le bassin… Elle voudrait bien revenir . On proclame partout qu’il faut aider les séniors à maintenir une vie sociale et une activité intellectuelle… les discours sont beaux mais les actes ne suivent pas.
    Cette salle n° 4 est occupée le mercredi et l’après midi du jeudi jusque vers 19 ou 20h. Tous les usagers sont « retraités » et le temps n’est pas loin où certains vont rencontrer les mêmes difficultés que moi et les deux autres personnes que je t’ai citées.
    Je te livre ce problème: on a bien mis un monte-charge individuel dans l’ ancienne gare à côté de la piscine. Et de toute façon il y a un règlement !
    Voilà le dernier souci d’une honnête Columérine que je te livre pour le faire connaître haut et fort. – J’ajoute que Daniel Haritchellar le très actif président de l’ association a alerté la Mairie : on l’a promené de l’un à l’autre , sans plus .
    BONNES VACANCES ! Hélène Dupont

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