Colomiers : les usurpatrices du conseil municipal

Lors du conseil municipal de février, la maire de Colomiers avait traité d' »usurpatrice » une ex-conseillère municipale de la majorité qui, avec deux autres élus, avait créé un nouveau groupe municipal sous l’étiquette « En marche », désormais dans l’opposition. Toutefois, sa diatribe à l’encontre de l’élue concernée aurait été plus crédible si la maire, elle-même, n’avait pas accueilli dans sa majorité, quelques mois plus tôt, une conseillère municipale élue avec le groupe de la droite. Pour l’heure, nous voulons bien reprendre à notre compte cette expression d’ « usurpatrice » pour notre tribune et verserons bien volontiers des droits d’auteur à qui de droit… 

Effectivement, comment peut-on siéger à un conseil municipal avec une autre étiquette que celle avec laquelle on a été élu ? Comment siéger dans l’opposition alors qu’on a été élu avec la majorité et comment se retrouver dans la majorité alors que l’on est issu d’une liste d’opposition ? Il y a comme un détournement du vote des électeurs, une usurpation d’identité politique qui ne peut que favoriser la confusion et les soupçons.

On vient d’avoir un nouvel exemple d’usurpation avec les trois élues d’EELV qui ont fondé, il y a un an, leur propre groupe municipal sous le nom d’ « Alternative Colomiers », après avoir été élues sur la liste « Vivre Mieux à Colomiers ». Lors de leur première prise de parole, elles défendaient le principe d’une « opposition constructive », tellement constructive qu’il semble que le mot « opposition » ait aujourd’hui disparu de leur vocabulaire et de leurs votes…

Ainsi, alors que pendant trois ans, elles ont voté contre le budget avec le groupe « Vivre Mieux à Colomiers », elles décidaient en février dernier de s’abstenir sur ce vote essentiel, sans pour autant fournir la moindre explication de vote lors de ce conseil municipal, ni lors du précédent lors du débat d’orientations budgétaires. Comprenne qui pourra…

De même, on peut souligner que depuis qu’elles ont pris leur envol, ces élues « écologistes » ont réussi l’exploit de voter pour un projet d’antenne-relais sans prendre la peine d’en expliquer les raisons, de voter la subvention pour l’association communale de chasse (jusqu’alors elles votaient contre sans avoir émis la moindre réserve en réunion de groupe municipal), mais aussi de s’abstenir sur l’installation de caméras de vidéo-surveillance (là elles étaient encore avec le groupe Vivre Mieux, preuve que la liberté de vote a toujours été respectée dans notre groupe !)

Lors du conseil municipal du 9 avril, elles ont approuvé le compte administratif en déclarant, pour seule explication de vote, que les services de la mairie avaient bien travaillé… Tout le monde, y compris dans l’opposition de droite ou de gauche, reconnaît que les services travaillent bien et qu’ils s’efforcent de produire des documents lisibles et complets. Est-ce une raison suffisante pour voter le compte administratif ? Quand on prétend être autonome politiquement, on fournit une explication de vote avec des arguments politiques et budgétaires. Mais là, non…

Et comme nous le pressentions avant ce conseil municipal, et c’est pourquoi nous n’avons pas été surpris, ce groupe d’élues EELV a franchi un nouveau pas en direction de la majorité socialo-valsiste. Le conseil municipal a intégré la présidente d’Alternative Colomiers au sein de la commission « Agenda 21 », rebaptisée pour l’occasion « Agenda 21 – Développement Durable »,  en remplacement d’un membre démissionnaire de la majorité. Un membre de la majorité remplacé par un membre de l’opposition, cela ne se produit jamais, surtout à Colomiers. Cette élue ne nous a pourtant jamais stupéfait par ses analyses politiques, ses compétences en matière d’écologie et ses possibilités oratoires en public. Qu’importe ! Sa fille ayant été embauchée comme animatrice dans un ALAE d’une école de la ville il y a deux ans, il faut bien un retour sur investissement, plus exactement sur remerciement… 

Ainsi, trois élues municipales issues d’une liste d’opposition se trouvent aujourd’hui de fait dans la majorité municipale. Lors des derniers conseils municipaux, elles ne se sont opposées à rien, à aucune délibération. Aucune analyse politique, aucun argument de fond, aucune intervention construite, le vide sidéral qui sera bien récompensé par les manoeuvriers de la majorité avec lesquels désormais elle s’entendent si bien. Nous pourrions facilement leur rappeler de quels noms d’oiseaux elles les traitaient il y a encore un an…

Elles s’en défendront, comme d’habitude, en communiquant sur facebook où elles sont beaucoup plus prolixes qu’au Conseil municipal, mais le fait politique est incontestable : dans la perspective des élections de 2020, elles feront évidemment alliance avec le PS. Et l’une d’entre-elles se fera un plaisir d’accepter le poste de maire-adjointe à l’environnement en remplacement d’une ancienne élue « verte » qui avait démissionnée d’EELV lorsque nous l’avions créé en 2011… Que ne ferait-on pas pour améliorer un peu sa petite retraite… Mais EELV est passé maître dans l’art des compromissions au profit de petites ou grandes carrières politiques.

De ce groupe EELV de Colomiers, né en mai 2011, que j’ai créé avec Patrick Jimena après son élection aux élections cantonales, il ne reste d’ailleurs plus rien. Un groupe qui a connu jusqu’à 60 adhérents… Elles l’ont sabordé, d’abord en le vidant de ses adhérents, puis en fusionnant avec le groupe de Tournefeuille (ville voisine), groupe EELV depuis très longtemps déjà socialo-compatible. Leur décision de quitter le groupe « Vivre Mieux à Colomiers » n’a fait d’ailleurs l’objet d’aucun débat au sein d’EELV Colomiers. N’est pas démocrate qui veut…

Qui ne voit que ce comportement n’est motivé que par la rancune en direction de leurs ex-colistiers de « Vivre Mieux à Colomiers », ces tyrans mâles qui les obligeaient à accepter des décisions qu’elles réprouvaient… (sic). Tout cela est profondément triste et écoeurant.

Oui, triste et écoeurant, mais en même temps cela est bien dans la logique d’un parti pseudo-écologiste qui a depuis longtemps vendu son âme au profit du carriérisme politique. Comment imaginer que l’écologie peut se marier avec le libéralisme autoritaire à la sauce Valls, voire à celle macronienne, puisque la majorité municipale n’a certainement pas renoncé, pour 2020, a ratisser très large…

Les usurpatrices d’EELV au conseil municipal de Colomiers mesurent-elles bien les conséquences de leurs comportements et de leurs reniements ? Car il est évident qu’une ligne rouge vient d’être franchie. La suite dans quelques jours…

Une réflexion sur “Colomiers : les usurpatrices du conseil municipal

  1. J’avais bien noté leur scission mais aller jusqu’à se « renier » par certains de leurs votes, cela me déçoit beaucoup. On ne sait plus à qui faire confiance ! On peut se séparer mais en restant digne et en gardant ses convictions : encore faut-il en avoir ou en avoir eu !
    Hélène Dupont

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