Colomiers : au conseil municipal, le temps des naufrages politiques…

C’est un conseil municipal placé sous le signe de « l’eau » qui s’est tenu lundi soir à Colomiers. Il avait d’ailleurs commencé de façon très éclaboussée pour ce qui me concerne. A quelques secondes du début du conseil, alors que je venais de m’installer et de sortir mes dossiers, j’eus la merveilleuse idée de vouloir ouvrir la bouteille d’eau en plastique afin de remplir mon gobelet. Maladroit que je fus…, elle m’explosa dans les mains sous la pression arrosant copieusement le bureau, mes dossiers (tout particulièrement le voeu sur l’eau qui venait de nous être distribué…), mes vêtements et… mon voisin du groupe Vivre Mieux à Colomiers. Moi qui ne voulais pas pas me faire remarquer à ce Conseil, c’était raté !

Bon, à force d’écoper, l’eau fut épongée, la chaleur ambiante fit le reste et je fus séché en moins d’une demi-heure. Ce petit accident d’eau bien sympathique fut-il annonciateur de tempêtes maritimes à venir ? Vous jugerez…

Le gros morceau du conseil était consacré au vote du budget. Les passes d’armes avaient eu lieu lors du Débat d’Orientations Budgétaires en décembre. Mais les groupes politiques avaient encore à s’exprimer pour expliquer leur vote. Enfin, c’est ce que je pensais… L’unique représentante du groupe « En marche » (ce groupe a-t-il d’ailleurs déjà implosé en plein vol, a-t-il déjà coulé en se sabordant discrètement, car l’assiduité en conseil municipal n’est pas leurs qualités premières…), l’unique conseillère « En marche » donc monta à l’abordage du navire municipal, sabre au clair, pour rappeler son opposition à la politique de la majorité à laquelle elle appartenait encore il y a six mois (manque de volonté politique pour moderniser les services publics, manque d’ambition sur le plan social, culturel…).

La très longue réplique politique du 1er adjoint à la maire, dans un discours qui se voulait très à gauche et auquel il ne nous avait pas habitués (en tant que soutien affiché du premier ministre Manuel Valls il n’y a pas si longtemps…), ne lui laissa aucune possibilité de fuite dans un improbable canot de sauvetage. Le bateau « En marche » prenait l’eau de toutes parts… L’ultime tentative de la conseillère municipale, maladroite, confuse, incohérente, pour se remettre à flot, ne fit que l’enfoncer dans les profondeurs de l’abîme macronien. Saint Macron invoqué ne pouvait vraiment plus rien pour la sauver ! Ce fut le premier naufrage politique de la soirée.

La maire lui porta le coup de grâce en la gratifiant d' »usurpatrice », considérant qu’elle devrait avoir l’honnêteté de démissionner car n’ayant pas été élue avec l’étiquette « En marche ». Soulignons au passage que la critique de la maire aurait été plus crédible si elle n’oubliait d’autres élues qui ont quitté leur liste d’origine, en particulier celle qui est passée de la liste de droite à sa propre majorité.

Le représentant de la droite municipale prit la parole de façon très brève pour signifier à l’assemblée que malgré les efforts consentis sur la diminution de la masse salariale, son groupe voterait logiquement contre le budget. Juste avant de s’éclipser au bout d’une heure de conseil pour cause de réunion publique à Colomiers ce même soir, il s’indigna de n’avoir eu connaissance de la date du conseil municipal que début janvier, alors que sa réunion publique était prévue, elle, depuis le mois de novembre… Il n’a pas été jusqu’à dire que la date du conseil n’avait pas été choisie au hasard…, mais toujours est-il qu’il s’attira en retour une verte réplique de la maire sur le choix de ses propres priorités politiques ce soir-là et sur l’incongruité de ses remarques quant à l’organisation du conseil. Il quitta donc la séance, laissant à la dérive le bateau de la droite municipale qui, quelques instants plus tard, devait perdre un deuxième matelot… Matelot dont la première syllabe du prénom et du nom (que nous tairons par charité laïque), cela ne s’invente pas, est un homonyme de « l’eau »… Seul le nouveau conseiller municipal du groupe de la droite restait à bord, mais sans passion, sans volonté, sans gouvernail, sans arguments, comme le confirmera la suite des débats, notamment dans le cadre du voeu sur l’eau adopté en fin de conseil. Ce fut le deuxième naufrage politique de la soirée.

Allo ? Il y a quelqu’un ? Dans ce débat budgétaire, était particulièrement attendue la position des trois élues qui ont quitté notre groupe il y a plusieurs mois pour fonder leur propre groupe dit « écologiste » (« Alternative Colomiers »). A trois reprises, et en accord avec le groupe Vivre Mieux à Colomiers, elles avaient jusque-là voté contre le budget, tout comme nous devions le faire encore une fois ce soir-là. Allaient-elles enfin se lancer dans le grand bain de l’explication politique, elles si silencieuses depuis qu’elles ont voulu mettre les voiles et prendre le grand large ? A notre grand étonnement, nous dûmes constater l’absence de prise de parole de la responsable du groupe qui, comme souvent, resta à quai. Pourtant, s’il y a bien un moment où un groupe politique devrait avoir quelque chose à dire, c’est sur le budget… Surprise d’autant plus grande, qu’au final, elles s’abstinrent… Personne ne saura pourquoi, peut-être elles-mêmes ne le savent-elles pas ? Dans le doute, abstiens-toi… Ne se jette pas à l’eau qui veut…

Il en fut de même sur le dossier de l’implantation d’une antenne de relais téléphonique par deux opérateurs. Nous étions persuadés que sur ce sujet à forte valeur écologique et environnementale en lien avec les risques sanitaires des ondes électro-magnétiques, les élues « écologistes » se feraient un devoir de nous apporter leurs lumières et leurs réflexions critiques et constructives. Dans tous les conseils municipaux de France, les élu-e-s écologistes s’opposent à ces nouvelles implantations ou a minima rappellent que le risque non nul n’existe pas et que le principe de précaution devrait prévaloir. C’est ce que j’ai dit au nom de mon groupe. Mais à Colomiers non. Pour nos « écologistes », le silence est visiblement toujours préférable, même quand le bateau s’apprête à couler. Les trois élues ont d’ailleurs voté pour cette délibération sans justifier leur vote… un comble ! Ce fut le troisième naufrage politique de la soirée. A la fin du conseil, l’une d’entre-elles prit enfin la parole, dans le cadre du voeu sur l’eau…, pour demander à la maire, aussi vice présidente de Toulouse Métropole, de transmettre le voeu aux autres communes qui ne sont pas en régie…

Le naufrage politique de ces trois groupes d’opposition a eu au moins le mérite de montrer au grand jour que le seul groupe politique d’opposition digne de ce nom dans ce conseil municipal est bien le groupe « Vivre Mieux à Colomiers », présent au complet. Durant tout le conseil, nous avons multiplié les interventions, sans excès, à la fois critiques et propositionnelles, sur les marchés publics, sur le budget, sur la démocratie locale, sur les antennes-relais, et enfin sur le voeu final pour une gestion publique de l’eau et de l’assainissement que notre groupe avait initié, qui a été présenté conjointement avec le groupe « Générations Colomiers » et le groupe « Alternative Colomiers » et qui fut adopté à la majorité (absentions de la droite et d’En Marche). Ce voeu réaffirme que « l’eau est un bien commun indispensable à la vie qui ne peut être confiée à des intérêts privés ». Hier soir, pour certains, l’eau n’était pas une source de vie, mais avait le goût amer de l’abîme des profondeurs d’où aucun son ne remonte et d’où on ne revient pas…

2 réflexions sur “Colomiers : au conseil municipal, le temps des naufrages politiques…

  1. Monsieur Refalo, je vous remercie pour vos positions et vos combats.
    Habitant Colomiers depuis des années, je suis un futur voisin de l’école Simone Veil.
    Je voulais rebondir sur vos propos car la « nouvelle façon » de faire de la politique par En Marche, c’est toujours les même manières. J’ai lu dans un article de la Dépèche que nous aurions été concertés pour l’école et que plusieurs réunions avaient eu lieu. Il y a eu 2 réunions, et de concertation, il n’y a pas eu jusqu’à présent. Nous sommes contre la suppression du Parc. Il nous faut le matin près de 10 minutes pour faire le kilomètre qui nous sépare de la N124. Parfois plus ! Ca empire d’années en années. Non seulement rien n’est fait pour améliorer la situation, mais c’est tout le contraire: de nouveaux immeubles sont construits, et maintenant un école. Il va y avoir le métro dans quelques années, avec toute une zone à réaménager. Ce serait idéal pour situer une école, à côté du centre névralgique de transports en commun. Au lieu de ça, on nous enlève des espaces verts pour tout bétonner.
    Madame le maire voudrait en plus faire croire que l’on est d’accord avec ça ? Je trouve que ces procédés sont irrespectueux des concitoyens.
    Merci pour défendre vos positions qui sont souvent les notre.

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