2020 à Colomiers : pour un rassemblement de toute la gauche

En coulisse, le sérail politique columérin s’agite déjà pour les municipales de 2020. « Ca grenouille fort en ce moment », comme le dit un ami qui observe de près la situation. Ca grenouille, ça s’agite, ça complote… Cette modeste contribution n’a pas d’autre vocation qu’à exprimer une analyse et une conviction. En toute liberté.

Car je précise, avant toute chose, que je ne suis candidat à rien et que je ne suis candidat à aucun poste, ni aujourd’hui, ni demain. En l’état, pour être plus clair, pour diverses raisons, je n’envisage pas de m’impliquer fortement dans l’élection municipale de 2020 à Colomiers. Je ne suis membre d’aucun parti. Je reste un homme libre, enseignant du primaire pleinement investi dans sa mission, militant de la non-violence et un peu écrivain à mes heures perdues. Le pouvoir ne m’intéresse pas. Je suis d’ailleurs davantage à l’aise dans le contre-pouvoir, plus que jamais indispensable à la vie démocratique de la cité. Je m’exprime ici en mon seul nom propre.

Examinons le contexte politique local. Il est assez évident qu’il est très mouvant. Il a déjà pas mal bougé depuis les élections municipales de 2014 et il bougera encore. C’est sûr, 2020 (dans deux ans) ne ressemblera pas à 2014…

La droite est déjà en campagne avec son chef de file Damien Laborde qui participera à sa troisième élection municipale (17,2 % en 2008, 23,24 % en 2014). Il peut espérer encore une fois dépasser les 20% au premier tour de la prochaine élection municipale, mais la sociologie politique de la ville ne peut guère lui laisser espérer de faire mieux, surtout s’il continue à se revendiquer d’un mouvement politique qui se droitise toujours davantage.

Il est fort probable, pour ne pas dire quasi certain, qu’une liste estampillée « En marche » sera sur la ligne de départ de l’élection de 2020. La création, il y a quelques mois, d’un groupe macroniste au conseil municipal avec trois dissidents du groupe majoritaire, tout comme l’élection de la députée Monique Iborra (ex-socialiste) laisse présager que les amis de Macron à Colomiers voudront en découdre avec la majorité socialiste. Eric Kazmarec, chef du groupe municipal En marche, est également suppléant de la députée Monique Iborra (sera-t-il député en 2020, si celle-ci laisse la place ?). Rappelons que Monique Iborra a réalisé le score de 35,15 % à Colomiers au 1er tour de l’élection législative contre 14,46 % à la candidate socialiste, Camille Pouponneau. Bien difficile pourtant de savoir l’audience d’une telle liste Macron à une élection municipale. Mais je formule l’hypothèse qu’elle pourrait bien faire entre 15 et 20%, si une partie de l’électorat socialiste se comporte comme aux élections nationales.

A gauche, la majorité municipale, dominée par le parti socialiste, peut espérer réaliser un score qui pourrait encore la placer en tête au premier tour, mais certainement en baisse par rapport en 2014. Les échecs électoraux du parti socialiste sur le plan national, les scores très moyens réalisés à Colomiers aux présidentielles et aux législatives auront forcément un impact sur une majorité toujours identifiée au PS. Toutefois, cette majorité, qui elle aussi est déjà en campagne, peut raisonnablement envisager un score autour de 30%, mais il n’est pas impossible aussi qu’il soit proche des 25 %…

L’autre gauche, citoyenne, insoumise et écologiste, incarnée aujourd’hui sur le plan municipal par le groupe Vivre Mieux à Colomiers, mais aussi par le mouvement La France insoumise, ne peut pas ne pas être présente lors de cette échéance essentielle pour l’avenir de la deuxième ville de la Haute-Garonne. La qualification de Patrick Jimena (tête de liste Vivre Mieux à Colomiers en 2014) pour le second tour de l’élection législative en juin 2017, après l’excellent score de Jean-Luc Mélenchon à Colomiers (25,17 % soit 4 847 voix contre 8,83% à Benoît Hamon) montrent que cette gauche là est aujourd’hui incontournable dans le paysage politique columérin.

Cette autre gauche, à laquelle je suis associé depuis 2011 d’abord en tant qu’écologiste (membre d’EELV jusqu’en 2015) et en tant que sympathisant de La France insoumise, s’est construite, sur le plan local, contre le système municipal dominée par le PS. Dans la foulée de l’élection de Patrick Jimena aux élections cantonales de 2011 (contre un candidat socialiste), l’élection municipale de 2014 s’est jouée à moins de 200 voix au second tour. Pour la première fois, dans l’histoire de Colomiers, une liste de gauche, alternative au PS, a failli remporter l’élection !

Malgré la défection de trois élues d’EELV (qui ont créé leur propre groupe municipal), notre groupe Vivre Mieux à Colomiers assure au conseil municipal une opposition ferme et constructive à la majorité en place. Une opposition de gauche, sincère, déterminée et positive. C’est le mandat que nous ont donnés les électeurs et, malgré nos faibles moyens et nos disponibilités restreintes, nous poursuivons notre travail avec un seul objectif : défendre nos valeurs, apporter un regard critique aux projets de la municipalité, mais aussi soutenir quand cela va dans le bon sens et proposer des réponses innovantes pour l’avenir de Colomiers. Pour l’élection municipale de 2020, une liste de gauche citoyenne, insoumise et écologiste a certainement un potentiel autour de 25 à 30% (selon la tête de liste).

Dans ce paysage, il subsiste une inconnue de taille. Le Front national sera-t-il présent, plus précisément sera-t-il en capacité de monter une liste de 39 à 43 personnes (selon les évolutions démographiques) ? Rien n’est moins sûr, car s’afficher sur une liste FN, dans une commune comme Colomiers, ne va pas forcément de soi. D’autant que les derniers scores de l’extrême droite à Colomiers ne plaident pas en sa faveur : malgré un score important de 16,75 % (soit 3 226 électeurs) pour Marine Le Pen aux élections présidentielles, la candidate frontiste aux législatives a réalisé un petit 9,44 % (1 214 voix), en recul très net par rapport à 2012 (13,15 % pour 1 831 voix). Cependant, attention ! Les élections européennes de 2019 pourraient apporter une nouvelle dynamique au FN dans la perspective des municipales l’année suivante.

La recomposition du paysage politique m’amène aujourd’hui à exposer une conviction très précise : la droite alliée avec En Marche au second tour peut faire basculer la ville en 2020. Je suis convaincu que si la gauche reste divisée au second tour, elle contribuera à donner les clés de la ville à la droite. Les hypothèses que j’ai formulées concernant les scores possibles des quatre listes parlent d’elles-mêmes. Au second tour, une fusion de la liste de droite et de la liste En marche peut atteindre 35 voire 40 %. Si au second tour, subsistent deux listes de gauche qui auront fait chacune entre 25 et 30%, la ville passe à droite, alors que l’électorat est majoritairement de gauche. Aucune liste de gauche ne pourra gagner seule. C’est arithmétique.

Pour ma part, je ne veux pas que Colomiers tombe dans l’escarcelle de ceux qui porteront de rudes coups aux services publics, qui remettront en question les solidarités indispensables envers les populations défavorisées, qui accentueront les retards quant à l’inévitable transition écologique, qui mettront à mal les politiques qui favorisent le vivre ensemble, qui feront reculer encore la démocratie locale qui a pourtant bien besoin d’être revigorée.

Pour éviter cette fatalité arithmétique aux conséquences politiques désastreuses, il est vital de faire montre d’intelligence politique à gauche. Si la gauche à laquelle j’appartiens s’est construite localement en opposition au système municipal dominé par le PS (et nous n’avons rien à regretter de cette histoire-là et de ce combat-là), la nouvelle donne politique oblige, me semble-t-il, à revoir la hiérarchie des priorités. Ce qui était impensable il y a quelques mois doit pouvoir devenir une réalité dans deux ans : le rassemblement de toutes les forces de gauche sur un projet ambitieux pour la ville, dans le respect des convictions et des différences des uns et des autres.

Deux ans, ce ne sera pas de trop pour apprendre à se rencontrer, se parler, solder les dossiers qui fâchent et se mettre d’accord sur quelques principes et projets essentiels. Le premier tour de l’élection municipale doit fonctionner comme une primaire qui déterminera la tête de liste qui conduira la liste de la gauche rassemblée au second tour. Cette règle doit être annoncée et acceptée par chacune des listes de gauche afin que les électeurs connaissent bien les enjeux de leur vote.

J’invite les différents protagonistes de gauche à bien réfléchir et à mettre de côté les vieilles rancunes et rancoeurs, pour se concentrer sur l’essentiel, l’intérêt général des Columérins. Chacun doit pouvoir faire un pas vers l’autre. Sans se renier, sans renier les différences, mais en les acceptant comme un moteur démocratique indispensable à la vie de la commune. Je ne sais si c’est un voeu pieux. Il semble peut-être aujourd’hui hors de portée. Mais le réalisme politique commande des initiatives audacieuses.

Si certains travaillent sur d’autres hypothèses, libres à eux. Mais les apprentis sorciers de tous bord risquent bien d’avoir la gueule de bois au lendemain du second tour des élections municipales !

En toute liberté, j’ai exprimé ce que je pense. Ma conviction est que seul le rassemblement de la gauche au second tour peut permettre à Colomiers d’éviter la catastrophe d’une droite aux commandes de la ville, et surtout d’aller plus loin afin que toutes les générations se retrouvent au coeur d’un projet qui leur permettra de réellement mieux vivre ensemble dans la ville de la colombe.

Une réflexion sur “2020 à Colomiers : pour un rassemblement de toute la gauche

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s