Charte de la participation citoyenne à Colomiers : après le scandale, le revirement de la municipalité !

Charte ColomiersMercredi 13 janvier, lors du tirage au sort des membres des futurs « pseudo comités de quartier » de la ville de Colomiers, le maire-adjoint délégué à la démocratie locale et la citoyenneté a informé l’assistance que la charte de « la participation citoyenne » serait réécrite. Un nouvel épisode qui ne manque pas de sel dans cette affaire peu glorieuse de plagiat que nous avions révélée au mois de septembre et qui avait été traitée par le mépris et le déni par l’actuelle majorité municipale.

Selon La Dépêche du Midi qui rapporte ses propos, le maire adjoint aurait déclaré : « Je demanderai à quelques volontaires qu’un travail se mette en place pour une réécriture de la charte de la participation citoyenne, elle nécessite d’être partagée, nous sommes des élus responsables, nous n’acceptons pas les invectives personnelles, mais nous attendons des remarques de fond. » Passons sur la formule qui consiste à demander quelque chose à des volontaires (sic)…, mais après tout, nous avons l’habitude à Colomiers de ces paroles spontanées qui en disent beaucoup sur l’état d’esprit de certains élus de la municipalité… Passons sur la victimisation permanente de l’élu qui se sent visé personnellement lorsque ses projets sont contestés… Ce qui est intéressant, c’est que le maire-adjoint reprend quasiment mot pour mot à son compte les arguments que nous lui opposions au mois de septembre pour justifier nos critiques en conseil municipal sur cette charte.

En effet, le 24 septembre 2015, je révélai en Conseil municipal que la Charte dite de la participation citoyenne qui était soumise au vote des élus n’était qu’un vulgaire plagiat, un copié-collé d’une autre charte, la charte de la concertation du département du Gard, élaborée pendant des mois par des citoyens réellement volontaires et actifs. Mon intervention (ici) soulignait qu’au-delà de ce minable plagiat, c’était toute une conception de la démocratie participative qui était en cause. Ce n’était évidemment pas une intervention sur la forme, mais bien sur le fond, puisqu’en la matière les deux sont intimement liés. Il est éthiquement impossible de prétendre revitaliser la démocratie locale en n’associant pas les citoyens dans la réflexion et l’écriture d’une Charte qui a vocation à inscrire dans le marbre les principes qui fondent les futurs comités de quartiers. La méthode en la matière est tout aussi importante que l’objectif. Et l’objectif ne peut être atteint que si la méthode est en cohérence avec celui-ci. La municipalité imposait aux citoyens une charte écrite par d’autres dans l’objectif de mobiliser les citoyens dans des instances créées de façon verticale. La contradiction sautait aux yeux, mais il n’est de pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.

Lors du conseil municipal du 24 septembre, j’avais conclu en disant qu’il était moralement impossible de voter en l’état cette charte. Et Patrick Jimena, pour le groupe « Vivre Mieux à Colomiers », avait demandé son retrait « de façon à pouvoir décider de mettre en place un processus réel de participation citoyenne qui travaillerait à l’élaboration d’une charte réellement columérine ».

A nos remarques, à nos critiques et à nos propositions, la maire et son adjoint avaient répondu de façon véhémente, en refusant l’évidence, c’est à dire en ne voulant pas reconnaître l’erreur commise et la méprise à l’encontre des citoyens : « Tout ce qui est exagéré est insignifiant », avait lancé la maire à notre encontre, ajoutant qu’elle n’était « pas particulièrement choquée » de qu’elle avait entendu sur le plagiat. Refusant d’admettre la gravité des faits, elle avait martelé que nos condidérations justifiant le retrait étaient « inacceptables » et que nous n’avions pas travaillé sur le fond. Elle avait conclu par ces mots : « j’ai grande confiance dans cette charte »… La langue de bois a de beaux jours devant elle à Colomiers….

Durant la même séance, le maire-adjoint, qui avait pourtant assuré en commission que cette charte avait été « faite maison », tournait alors autour du pot :  » Elle a pu être écrite ailleurs, elle a pu être retouchée, il n’y a pas de soucis. »… Et puis, il eut cette phrase étonnante : « Je ne me suis jamais engagé et nous ne nous sommes jamais engagés à ce que la charte de la participation citoyenne soit écrite par les citoyens ». Soit. Pas d’engagement, mais de là à en faire un argument pour cautionner un plagiat, et refuser de donner crédit à l’opposition, il fallait oser !

Aujourd’hui, après la révélation du scandale qui a fait le buzz sur internet (en témoigne le nombre de connexions sur ce blog et sur la vidéo officielle du conseil municipal du 24 septembre), la municipalité change totalement de braquet et considère finalement que cette charte doit être réécrite ! Que de temps perdu et quel mépris de l’opposition démocratique de gauche au conseil municipal à qui l’on n’a pas laissé d’autres choix que de voter contre la délibération ! Et de demander une suspension de séance qui nous a été refusée.

Et il est bien légitime de se demander ce que valent les affirmations assurées de la maire en conseil municipal si trois mois plus tard le premier adjoint peut défendre, à la cantonade, des positions qui les contredisent ?

Il est évident que si la majorité municipale avait été à l’écoute et avait su immédiatement prendre la seule décision qui s’imposait, à savoir le retrait sur le champ de la délibération, un travail collectif et coopératif aurait pû s’enclencher, y compris avec les élus de Vivre Mieux à Colomiers qui avaient déjà voté le principe de la création des comités de quartier.

Aujourd’hui, la municipalité souhaite se refaire une virginité démocratique en remettant en chantier une nouvelle Charte de la participation citoyenne. Sauf que les « pseudos comités de quartier » sont déjà sur les rails et la locomotive municipale n’a pas vocation à dérailler… Elle mènera les voyageurs « citoyens » columérins là où elle veut bien qu’ils aillent, comme toujours. Les comités de quartier sont des instances imposées d’en haut, sans réelle proximité avec le terrain compte tenu de leur taille démesurée. Ils laisseront peu de place à la participation spontanée et à la créativité. Peu de citoyens d’ailleurs se sont portés candidats pour ces premiers conseils de quartiers, signe que l’enthousiasme n’est pas au rendez-vous.

Nous ne le répèterons jamais assez : le processus est aussi important que l’objectif. En l’absence d’un processus véritablement participatif, la montagne bureaucratique accouche d’une souris bien peu démocratique. Les comités de quartier ne seront qu’une vitrine bien commode de la municipalité pour ravaler sa façade si peu citoyenne. En réalité, nous sommes encore loin d’une démocratie réellement horizontale où les citoyens sont les véritables acteurs du changement et du progrès dans cette ville. Il leur appartient désormais de se réapproprier, volontairement, les espaces de débats démocratiques que le pouvoir lui a confisqué depuis si longtemps.

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Le crépuscule de la démocratie à Colomiers

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